vendredi 30 janvier 2026

Et donc, je colorie...

J’ai clamé haut et fort que je n’aimais pas colorier.

Et cet été, j’ai commencé.

Depuis, je ne me suis plus arrêtée.

Je colorie pour oublier. Pour faire silence dans ma tête.

Je colorie pour mettre de la couleur dans ma vie. Pour tourner des pages, parce que c’est joli.

Je colorie pour rester en mouvement, prendre possession de mon temps. Me dire que je suis actrice de quelque chose. Souveraine de ma pratique. Là, quand je colorie, je maîtrise, je choisis, je décide.

Je ne colorie pas pour être exposée. On n’expose pas des coloriages (à part sur la porte du frigo de la cuisine). Je ne colorie pas pour être une artiste et en faire mon business.

Parfois, je colorie pour performer. Parce que je veux montrer que je sais. Pour apprendre une nouvelle technique et la maîtriser.

Et puis je me rappelle que toutes les techniques ne sont pas faites pour moi. Je ne colorie pas beaucoup au crayon parce que ça me fait mal aux doigts, au poignet, au biceps, et parce que, dans le fond, ça m’ennuie profondément.

Je colorie pour utiliser mon matériel. Et en acheter encore. Sortir mes aquarelles, tremper le pinceau dans l’eau, appliquer la couleur en couche épaisse.

Je colorie comme une drogue. Sans pouvoir m’arrêter. Je veux finir. Parfois vite. Très vite. Parce que j’aime finir. Cela me donne la sensation de réussir quelque chose dans ma vie. Je dis souvent que finir un livre n’est pas la priorité, l’ultime but, mais dans le fond, quel plaisir de voir les pages se remplir et avancer.

Je colorie pour collectionner plus de livres encore. Mais que ceux-là soient utiles. Des outils pratiques et créatifs.

Avant, je faisais de l’art journal, mais j’avais en tête d’en faire mon métier. Et à bientôt 42 ans, faute de « peux », j’ai rangé ce rêve dans une poche de jean. Parce que je ne suis pas faite pour ça, parce que la réalité (la vie, la famille, la maison) a repris le dessus sur une situation possiblement précaire.

Je colorie pour me faire du bien. Comme un hobby. Parce que « c’est que du colo ». Qu’il n’y a rien qui se joue. On peut recopier, juste comme ça, pour le plaisir des yeux.

Et puis, je colorie pour vivre. Pour survivre au chaos dans ma tête. Parce que mon cerveau fonctionne trop. Parce qu’il a besoin d’être nourri, mais aussi parce qu’il a besoin de ralentir. Je colorie pour méditer, pour faire sortir ma petite langue et oublier le temps.

Je colorie parce que c’est bon.

Et que c’est facile.

Et parce que parfois, je veux que ma vie soit facile.

Oui, colorier, c’est facile.

Bref, je colorie.







Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire

Envie de réagir ? Laisse traîner ta plume !

Et donc, je colorie...

J’ai clamé haut et fort que je n’aimais pas colorier. Et cet été, j’ai commencé. Depuis, je ne me suis plus arrêtée. Je colorie pour oublier...