J'ai beaucoup réfléchis. Parce que je réfléchis toujours beaucoup trop. Parce que quand quelque chose me tracasse, je le retourne dans tous les sens pour essayer de trouver la solution. Mais aussi parce que mon amoureux me dit toujours "s'il n'y a pas de solution, c'est qu'il n'y a pas de problème". Et peut être que parfois, oui, on se crée des problèmes. On fait ses nœuds tout seul. Alors comme à chaque fois que je suis dans le doute et que je ne sais plus où me situer par rapport à moi et à moi même, je lis un bon livre, puis j'appelle mes amis. Tous. Non pas par renfort, mais parce qu'à mon sens, les amis sont le miroir de l'âme. D'ailleurs on dit souvent qu'on connait réellement quelque'un quand on connait ses amis.
Donc j'ai profité de mes journées de congés et de mes week ends un peu tranquille pour organiser des rendez vous, renouer les liens, faire des retrouvailles. Tu sais, des amis, je n'en ai pas beaucoup, mais ceux que j'ai sont formidables. C'est ceux là que tu ne vois pas souvent, mais que le temps épargne. Tu sais que le jour où tu les reverras, c'est comme si les 6 mois que tu avais laissé derrière toi étaient effacés en un Coca. Alors on a bu du Coca. On a mangé des makis. Avec les amis, on mange souvent beaucoup. Puis on parle, on parle, on parle. De tout et puis de rien aussi.
En général, quand je suis dans ces moments de doutes, je ne leur dit pas. Il m'arrive souvent d'attendre la minute ultime pour dire "au fait, il s'est passé ça, et je sais plus trop où j'en suis". Histoire de ne pas s'attarder sur le sujet, parce que je n'aime pas ça, larmoyer sur mon sort. Je leur cache des choses, sans leur mentir, pour leur montrer que je suis une fille forte. Que ce qui compte pour moi dans nos rencontres ce sont les histoires du quotidien qu'on se raconte. Nos petits bouts de vie. On se remémore nos souvenirs, bons ou mauvais. On parle de la famille, des amours. On croit bon de raconter les histoires de nos sœurs respectives, ou de nos anciennes collègues. Et à travers toutes ces histoires, ces images, ce passé, je me reconnais. Je me retrouve. Je me ressource. Je me rappelle comment j'en suis arrivée là. Je me rappelle ma nature profonde, et j'efface les reproches qui m'ont été fait. Je me rappelle qu'au bout du compte je suis une fille bien. Peut être qu'à leurs yeux, je suis même la meilleure.
Mais ce n'est pas moi la meilleure. Je devrais leurs dire plus souvent. Non, c'est eux. Mes amis.... Je devrais carrément dire mes amies, elles sont incroyables. Chacune est différente, chacune est magnifique. Il y a la récente, avec qui on passe des heures à s'envoyer des SMS, à décompter les jours où on se retrouvera. Il y a l'amie d'enfance, partie vivre à l'autre bout du monde. Il y a l'entrepreneuse, qui de ses petits bras crée son avenir. Il y a la mère de famille, qui me raconte les histoires de sa fille. Il y a l 'amisoeur, parce qu'avec toutes les galères qu'on a vécues ensemble, je peux désormais dire qu'elle fait partie de mon sang, de mes tripes, pour toute la vie. Et chacune remplit ces parties de moi que je semble parfois oublier. Pour chacune je voue de l'admiration: elles sont fortes, elles sont belles, elles sont posées. Chacune à leur façon, trouve toujours les mots pour me rappeler qui je suis, d'où je viens. M'insuffler l'air dont dont j'avais besoin. Me rappeler sans me le dire qu'elles m'aiment, telle que je suis, que ces moments en ma compagnie comptent, qu'elles ont besoin de moi autant que j'ai besoin d'elles.
Mes amies ne sont pas nombreuses. Je les compte sur les 10 doigts de mes petites mains. Mais plus je vieillis, plus je comprends cette phrase que mon père m'a toujours répétée : "Ce n'est pas la quantité qui compte, c'est la qualité".
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