mardi 28 juillet 2026

La honte !

Dans mon dernier blogpost qui remonte à bien loin…

Oui, parce qu'entre-temps, je me suis souvenue que j'avais un blog et que ça me ferait du bien de venir y écrire de temps en temps…

DONC !

Dans mon dernier blogpost, qui remonte à bien longtemps, je vous parlais de mon amour pour le coloriage. Une activité que je pratique depuis plus d'un an maintenant.

Et tout récemment, j'ai été prise d'une culpabilité immense. Non pas de colorier (j'ai passé outre cette culpabilité-là, faisant le deuil de mes années art journal) mais de ce que je colorie.

Je vous l'avais dit : j'ai toujours clamé haut et fort que je n'aimais pas colorier. D'abord parce que j'avais testé et que ça ne m'avait pas plu (la vérité, c'est que j'avais testé ça au pire moment de ma vie). Mais aussi parce que, dans ma tête, le coloriage était un hobby de ringarde. De nunuche. De gamine. Comprenez : « pas digne de moi ».

Moi, la grande Artiste Melody Miroir.

Une fois que j'ai accepté l'idée que 1) je ne suis pas une grande Artiste, redescends sur terre ma cocotte, et 2) c'est quoi ces jugements débiles sur les hobbies ?, je suis devenue coloriste. Et fière de l'être.

SAUF QUE.

Là encore, mes petits préjugés sont revenus frapper à ma porte. Parce que, selon eux, il y aurait les beaux coloriages, ceux qui font de nous de grands artistes du coloriage. Et puis il y aurait les coloriages Mystères. Et les coloriages Disney.

Aïe, aïe, aïe.

De tout temps, je n'ai jamais été une fan de Disney. Enfin… c'est ce que je me racontais. De nouveau : trop ringard.

Alors que, soyons honnêtes, j'ai précisément grandi avec Disney. J'avais 6 ans quand La Petite Sirène est sortie. Je l'ai regardée en boucle jusqu'à en rayer la VHS. Je suis allée voir Pocahontas au cinéma avec mon papa : un des plus beaux souvenirs de mon enfance.

Mais je ne sais pas… À un moment de ma vie, j'ai enfoui tout ça dans une petite malle, bien profonde, étiquetée : NE PAS TOUCHER.

Sous peine de grand danger ?

Oui. Le danger d'être jugée très sévèrement.

Voyez-vous, toute ma vie, j'ai essayé de me conformer aux autres. J'ai essayé d'être the cool kid. D'être comme eux. De copier leurs attitudes, de m'habiller comme tout le monde, d'être acceptée.

Alors avouer qu'à 12 ans je jouais encore aux Barbies et que j'aimais les licornes ? Plutôt mourir.

J'ai décidé, en entrant dans la grande école, que je n'étais plus un bébé.

Maaaaais, chassez le naturel, il revient au galop.

Je suis une grande enfant dans l'âme. J'aime les paillettes, les stickers et les Polly Pocket. Honnêtement, j'adore aller dans les magasins de jouets pour voir les nouveautés. Et… en allant à Disneyland Paris pour la troisième fois de ma vie, à 41 ans, et en vivant ce moment comme une enfant de 6 ans, j'ai fini par admettre ce qui était pourtant évident :

J'aime Disney.

M'autoriser à colorier du Mystère et du Disney, c'était une révolution pour moi.

J'avais passé ces six dernières années à jouer les grandes artistes sérieuses et inspirées. D'une inspiration divine, évidemment. Je fais de l'Art, moi.

M'autoriser à colorier du Disney, c'était relâcher toute la pression que je m'étais moi-même imposée pendant mes années art journal. À vouloir prouver au monde entier que j'étais une grande artiste révolutionnaire qui allait vivre de son art et se faire une tonne de fric.

SPOILER ALERT : je ne le suis pas.

Je ne l'ai jamais été.

Alors je ne vous raconte pas comme colorier mon premier Disney a été grisant. J'avais l'impression de braver un interdit. D'enfreindre toutes les lois du bon goût.

J'étais une enfant.

Et, en plus, j'y prenais un plaisir immense.

Depuis, plus le temps passe, plus j'aime colorier du Disney.

Comme si plus rien ne pouvait m'arrêter.

La honte, non ? Colorier du Disney à 42 ans.

Est-ce que je suis devenue une mère de famille nunuche ?

Peut-être.

Mais est-ce que c'est grave ?

Peut-être pas.

Autre chose à préciser : l'année dernière, j'ai appris que j'étais autiste.

Cette découverte m'a fait comprendre que toutes les idées que je m'étais construites sur les autres et sur ma place parmi eux étaient complètement fausses. Que j'avais passé tant d'années à masquer qui j'étais et ce que j'aimais vraiment.

Découvrir mon TSA, ça a été comme trouver un trésor caché.

Cela m'a permis de relâcher toute la pression.

Je ne suis pas comme les autres.

Et je ne le serai jamais. Je n'ai plus besoin de jouer la comédie.

Ce qui explique sans doute :

  • mon besoin de m'immerger dans un monde acidulé ;

  • mon amour des dessins animés et des paillettes ;

  • ma passion pour les Barbies ;

  • mon envie de colorier du Disney en regardant Once Upon a Time.

Vous savez pourquoi je n'ai plus écrit ici ?

Parce que colorier me fait du bien.

Ça me fait tellement de bien que je n'éprouve plus le besoin de venir déposer ici mes états d'âme. Je ne ressens plus le besoin de journaler toutes les questions existentielles que je me posais à l'époque de l'art journal en mode grande philosophe. Dieu que j'ai pu me casser la tête sur le mythe de Sisyphe !

Colorier, c'est presque magique.

Quand je colorie, mon cerveau se tait.

Et bon sang…

Après 42 ans de jacasseries, quel bien fou ça me fait.

Alors oui, j'aime Disney et j'aime colorier du Disney.

Et oui, c'est peut-être la honte.

Mais est-ce que ça l'est vraiment ?

Est-ce que tous ces gamers qui ont des chaînes YouTube consacrées aux trolls, aux chevaliers ou à je ne sais quoi se posent autant de questions ?

Non.

Eux, ils sont cool.

Pourquoi colorier (du Disney ou non) ne serait-ce pas cool aussi ?

Qui a établi les règles du cool ?

À partir du moment où quelque chose te fait du bien, que tu ne vois pas le temps passer et que tu ressens une immense joie à le faire, ça devient par définition le truc le plus COOL du monde, non ?

Cessons donc nos jugements sur les femmes, sur ce qu'elles devraient aimer comme loisirs, et sur les loisirs créatifs tout court ! Colorier c'est presque un acte de rebellion contre cette société de capitalisme et de machisme ! 

Et puis d'ailleurs, pour clôturer ce texte sans queue ni tête, cet espèce de Manifeste du coloriage, je pense que le monde se porterait bien mieux si tout le monde décidait d'y mettre un peu plus de couleur.



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