Aussi loin que je me souvienne, j'ai toujours écrit. Je veux dire oui bien sûre, à partir de 6 ans comme tous les enfants, j'apprenais les premières lettres, les premiers mots. Mais si tôt que j'ai pu me débrouiller seule, j'ai écrit. Petite, ça a commencé avec des petits poèmes que je tenais dans un petit cahier vert. Je me rappelle une fois l'avoir montré à mon institutrice qui m'a congratulé à ce moment là d'un "mais ce n'est pas toi qui écrit cela, ce n'est pas possible !"... Et pourtant. Enfin, je ne voulais pas revenir sur cet événement frustrant, mais plutôt sur le fait, que oui, j'ai toujours écrit. Plus tard, j'ai commencé la prose. Avec un ami d'adolescence, on s'envoyait des petits textes : à celui qui deviendrait célèbre. J'ai voulu devenir écrivain. Parfois je le veux encore. Et comme ça, sans crier gare, j'ai découvert le journal intime.
Je ne sais plus exactement quand j'ai commencé. Je me rappelle par contre que jamais je n'y ai écris mes journées. Jamais je n'ai commencé par un "cher journal". Je parlais plutôt de mes peurs, de mes doutes, de mes souffrances. De mes rêves aussi. Mon tout premier journal était un petit calepin avec des feuilles de toutes les couleurs. J'y écrivais au stylo vert. J'y collais des petites choses: des chansons, des tickets de cinéma. Je me rappelle d'un des derniers collages que j'y avais fait, il s'agissait d'une coupure de journal du 11 septembre. D'une certaine façon, à ce moment là, j'ai eu peur.
S'est ajouté mes premiers amours. Ceux qui m'ont vraiment marquée, qui m'ont surtout vraiment fait souffrir. Et mon journal est devenu une sorte de lettre à ceux qui m'avaient oubliée. Je suis arrivé à la fin du premier cahier coloré, j'en ai commencé un autre. Un poilu doudou couverture peau de vache. Je sais que celui là je l'ai entièrement dédié à Lui. Lui dont je ne parle jamais. Ni à mon entourage, ni à personne. Il est comme mon plus grand secret. Quand ça a été fini, cela a été la plus grande douleur jamais connue jusqu'à aujourd'hui. J'avais 19 ans, et comme toute gamine de 19 ans innocente, naïve et futile (pardon toi qui me lis si tu as 19 ans), je lui ai donné mon journal. Comme si ça pouvait changer quelque chose à part le traumatiser. Au final, je lui donnais juste une partie de ma vie.
Ensuite il y a eu ce gros grimoire, reçu à mon anniversaire par un membre de ma famille. Une énorme couverture en cuir bordeaux et des feuilles épaisses recyclées. Un vrai gros journal, bien à moi. Toujours personnalisé de chansons, de coupures, de tickets, de souvenirs. S'en est suivi un plus petit, ligné rose, que je me suis achetée moi même avec écrit "Miss Understood" dessus. A partir de ce jour, il m'est arrivé quelque chose d'assez étrange, je me suis rendue compte que mes journaux n'avaient d'âme que s'ils m'avaient été offert pour une raison particulière, et s'ils représentaient quelque chose de positif. Ce cahier rose à ligne était triste. Les histoires qui s'y déroulaient étaient tristes. Mais je termine toujours un cahier. Par principe. Comme pour finir un chapitre. Depuis ce petit rose, ceux qui ont suivis ont été des cadeaux: de mes meilleures amies surtout. J'entasse un tas de carnet vide pour plus tard. Comme pour conjurer le sort, du cahier rose à ligne.
Sauf que. Oui. Sauf que. Depuis le blog, je n'écris plus. Enfin si car j'ai découvert le journal 2.0, mais il n'y a plus ce contact stylo/papier. Désormais mes pensées ont un échos, des réponses, des commentaires. Un moment il avait été question de me servir de mon journal pour y écrire ce que je n'écrivais pas ici : mes frustrations. Mais tu sais comment ça va, si tu écris négatifs, c'est comme si le négatif s'emparait de toi. Alors j'ai arrêté. J'ai même jeté un journal en cours. Toujours pour conjurer le sort. Repartir sur de bonnes bases. C'était en septembre, après avoir reçu un magnifique calepin tout droit venu de New York : ville où je rêve d'aller. Tu vois, il n'y a que des signes.
Mais l'année passée, quand j'ai vu toutes les blogueuses s'arracher le Simple Diary de Keel's, tu pense, je l'ai voulu aussi. J'ai attendu de voir. Je l'ai gardé dans un coin de ma tête. Et cette année, je me le suis offert : un cadeau de moi à moi, pour ma Noël. Car il est important de se gâter, aux moments important de notre vie. Et Noël, pour moi, est toujours une période très heureuse. Une période que j'aime célébrer, pleine de rituels entre moi et moi même.
Toujours est-il qu'ici, il n'y a pas de sort à conjurer. Pas de texte, pas de frustration. Juste quelques lignes à remplir. Des anecdotes drôles, ou des citations à méditer. Il n'est pas question de temps, il n'y a plus qu'à. Le parfait petit complément à ce qu'est devenu "Tartines et moi" : juste un peu de légèreté.
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