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dimanche 12 mai 2019

M. alias Odile Sacoche


J'ai regardé quelques minutes la barre verticale clignoter au début de cet article. Je ne savais pas vraiment si je devais l'écrire. C'est drôle, je ne me sens plus légitime d'écrire sur mon propre blog. Comme si, ce n'était plus vraiment moi. Comme si, ce n'était plus vraiment juste. Il s'en est passé des choses depuis mon dernier article en mars 2019. Et encore plus ces 8 derniers mois.


Tout d'abord je suis devenue maman. Et cela a chamboulé toutes mes priorités et mon quotidien aussi. Ma façon de m'organiser. De dormir. Tout. Je pensais que je t'en parlerai plus ici, et puis finalement pas. Venir ici, je ne le fais plus de manière instinctive.


J'avais repris la newsletter pendant tout un moment. Chaque semaine je vous envoyais des petites nouvelles. Et je dois t'avouer que j'adore ce format. Et puis pareil, j'ai décidé de mettre la newsletter en pause, elle aussi. Parce que cela ne me semblait plus juste. Parce que ce qui m'occupe en ce moment, c'est cette dualité entre M. et Odile Sacoche.


M. c'est moi, derrière mon écran. M. c'est Melody. Bon sang. C'est dit, c'est écrit. Je m'appelle Melody. Et je sens que je suis arrivée à un moment où j'ai envie d'être entièrement moi. Ne plus me cacher. Je veux dire, plus du tout.


Il y a un an, j'ai commencé à écrire un livre. Et là où je pensais ne plus tenir, il s'avère que c'est le projet qui me motive le plus depuis longtemps. Une amie m'a poussée à suivre un programme de coaching d'auteur, et je me suis prise au jeu. Mais surtout, c'est en allant faire un tour au rayon "Jeunesse" de la Fnac que je me suis rendue que c'est là que je voulais être. Tout ça, je l'ai partagé ces derniers mois dans la newsletter.


Voilà. Ca aussi c'est dit. Depuis un an, je suis en train d'écrire un roman jeunesse. Et il occupe (presque) tout mon esprit. Quand je me suis posée la question de la publication (car oui, je veux aller au bout des choses), j'ai su que c'était avec mon vrai nom que je voulais le publier. Parce que cela ne faisait aucun sens de le publier en tant qu'Odile Sacoche. Et d'ailleurs, qui est cette Odile finalement ?


Alors petit à petit, j'ai décidé de me réapproprier mon espace web. Moi, Melody. De mon vrai nom, Melody Miroir, auteure du blog Odile Sacoche. Il est encore trop tôt pour dire que je vais complètement tourner la page de ce blog. Trop tôt pour ouvrir un nouveau site à mon nom. Après tout, j'écris ici depuis plus de 8 ans. Ce blog m'a apportée tellement de chose.


Mais j'avais besoin que vous sachiez enfin qui je suis. Que vous puissiez suivre l'évolution de mes écrits aussi. En tant que Melody, et non pas en tant qu'Odile. Que mon nom apparaisse quelque part. Pour vrai.


... et puis, je voulais que ma fille soit fière de moi. Je voulais aussi que mes parents soient fiers de moi. Honorer le prénom et le nom qu'ils m'avaient un jour donné. Et dire à mon père : "Papa, je suis fière de porter ton nom".


Bonjour, je m'appelle Melody Miroir. Je suis une graine d'écrivain, et enfin, enfin, j'ai décidé de me révéler.

mardi 15 août 2017

Je veux grandir. Et ne pas être grande.

Cela fait un moment que je pense à cet article. Et chaque fois que je commence à l'écrire, comme tous ces articles si importants pour moi, je l'efface. J'écris une phrase, deux phrases, et puis je me dis "à quoi bon ?". Parce que c'est un peu ce que je ressens, en tant que blogueuse, et influenceuse (bien que je déteste ce mot). Parce que sincèrement. A quoi bon ?

Si tu es fidèle à ce blog, tu le sais que cette réflexion ne cesse de revenir et revenir encore. J'ai beau essayer de prendre de la hauteur, lâcher prise, je n'y arrive tout simplement pas. J'ai beau savoir que dans la vie tout n'est pas tout blanc, ou tout noir, je n'arrive plus à voir toutes les nuances de couleurs entre les deux.

J'ai des petits regains de motivation, qui ne durent jamais bien longtemps. Tout est décousu. J'avais acheté un micro pour faire des vidéos. Je l'ai déballé, heureuse, sur Instastory, et je n'y ai jamais touché. J'ai parlé sur Instastory (toujours) de cette difficulté que j'éprouvais à trouver ma place sur le net, et on m'a dit : "Fais ce qui te semble juste".

Alors je fais ce qu'il me semble juste. C'est à dire que je préfère ne plus rien faire. Plus rien. Plus l'envie.

J'ai comme l'impression qu'Odile Sacoche était un magnifique projet, et que, comme l'a dit mon père, j'en ai tiré tous les bénéfices, je suis arrivée au bout. Je ne ressens juste plus le besoin d'en rajouter. Oui j'ai encore des messages à partager, mais je ne sens plus juste de le faire. Je vois d'autres blogueuses qui le font tellement mieux que moi. Et quand je dis ça, ce n'est pas de la jalousie, ce n'est pas du regret, ou de la comparaison, je me dis juste que ça y est, la relève est prise, et que vous êtes entre de bonnes-mains.

Comme je ne cesse de te le répéter, j'ai vu des choses moches sur les réseaux sociaux. Des gens méchants, qui trichent. Beaucoup trop. Qui te font croire que leur vie est merveilleuse mais qui sont atteints de jalousie et qui sont profondément mal dans leur peau. Ce matin, j'ai vu le reportage Icare sur Netflix, et j'ai pu pousser encore plus loin ma réflexion de ces derniers mois. Je me dis que nous vivons dans ce monde où la quantité importe tellement plus que la qualité. Un monde où la tricherie paye encore et toujours. Un monde où on en veut toujours plus, et où rien n'est jamais assez.

Le mieux est l'ennemi du bien. Less must be more.

Alors tu me diras : "Mais tu t'en fous des autres, fais ce que tu as envie de faire, au moins tu peux te regarder dans le miroir". Et c'est vrai. Je m'en fous des autres. D'une certaine façon. Mais j'ai ce truc qui coince. Tu sais, j'ai toujours voulu être grande. Dans tous les sens du terme. Ah, la Grandeur. Je voulais être grande physiquement, grande mentalement, grande, grande, grande. Je voulais être une de ces personnes qui font l'Histoire. Tu vois, des Steve Jobs, des Stromae et des Oprah Winfrey. Le Géni m'a toujours impressionnée. Le Talent. Des gens m'ont un jour dit "tu iras loin" et je pense que c'est ce que je voulais. Je me disais : "Un jour, je serai grande". Ils auraient dû ne rien me dire. Ne pas me mettre cette idée en tête. Parce que ne pas être connu, c'est bien aussi. Vivre paisiblement en faisant des tartes le dimanche, c'est bien aussi. C'est quoi être grand ? C'est être connu ? C'est ça la réussite ? Le pouvoir ?

Parce que... Qu'est-ce qui me rend heureuse ? Mes amis, ceux qui sont là pour m'écouter. Mon amoureux, chaque jour pour me supporter. Mon adorable chien et sa bouille de crapule, toujours heureux de me voir. Mon boulot, où j'apprends chaque jour un peu plus. L'Histoire, les livres, la TV, les reportages, Netflix. L'Apprentissage. Apprendre, c'est être Grand. Bien manger, bien m'habiller, prendre soin de moi. Tu vois, la vie est simple. Ma vie est simple. Et je tends de plus en plus vers cette simplicité. C'est bien, la simplicité. C'est comme, le minimalisme. C'est bien, le minimalisme.

Moins consommer. Moins acheter. Moins ranger, moins nettoyer. Moins bloguer. Moins être présente. Et vivre plus ! Apprendre plus !

Pendant un moment j'ai pensé qu'Instagram pourrait remplacer le blog. Le fameux microblogging. A vrai dire, Instagram est encore pire. Cette omniprésence. Ce voyeurisme. Cette adoration de la perfection. Instagram est le nouveau Facebook. "Regardez ma vie comme elle est merveilleuse, regardez comme j'ai plein d'amis, regardez ma vie parfaite". Aujourd'hui, on apprend les grandes nouvelles sur Facebook. On sait comment va notre voisin, grâce à Facebook, et Instagram tend à devenir pareil. A-t-on vraiment besoin de cette approbation 2.0 ? Doit-on attendre qu'une photo soit postée, filtrée, prémachée, pefectionnée pour se demander si le monde va bien ?

J'ai cette prise de conscience, de plus en plus grandissante, et tandis que je ne veux plus être grande, que j'ai compris que du haut de mon 1m63, je ne le serai jamais, je tends à redevenir petite. Toute petite. Minuscule. Ma conscience n'est plus en accord avec ce que je vois. Ma collègue m'a un jour dit : "Oui mais toi tu es un ovni dans ce monde 2.0". Et c'est vrai. Je me sens comme une outsider. Parce que je réfléchis trop. Et on me demande sans cesse si cela me fait du bien d'autant réfléchir. Et tu sais quoi ? OUI ! Je réfléchis, j'apprends, je grandis. J'ai longtemps détesté ce cerveau que l'on m'avait donné, aujourd'hui je l'apprivoise. Je le chéris. Je le remercie d'autant fonctionner.

Avec lui, j'ai envie de créer à nouveau, et différement. De m'émerveiller des choses du quotidien. De coller les images les unes à côté des autres. Pas parce qu'elle représente "la réussite personnelle" (ou le personal branding), mais parce qu'elles représentent la beauté de chaque jour. La gratitude illustrée.

Finalement, ce que je voulais te dire, avec cet article, c'est que je vais bien. Rassures toi, je vais bien. Alors certes, cet article sonne comme un article de dépressif, et les gourous du SEO me diront que personne n'aura jamais envie de lire ce genre de choses, mais peu importe. En fait, j'ai simplement compris l'importance de la vie en dehors de cet ordinateur. La VRAIE vie. Et vivre la vraie vie, ce n'est pas Instagrammer et reporter chacun de ses pas.

Je veux pouvoir utiliser cet ordi et tous les outils digitaux comme je l'ai appris à l'école. Pour créer. Comme un outil artistique. Je veux redevenir une artiste qui crée. Et pas une star de la télé réalité qui commente le moindre de ces mouvements et gestes. Je ne veux pas tricher et me laisser emporter par la quantité. Je suis une adepte de la qualité. Je veux du beau, de l'esthétisme, de l'art. Et pas parce que cela représente une vie réussie, une vie parfaite, mais parce que cela honore la vie.

C'est ça. Je veux honorer la vie. Je veux apprendre. Je veux grandir. Mais ne pas être grande.

Je pense que ça fait toute la différence.

Sois toi même. Ne sois pas malheureux. Ne te laisse pas impressionner par ce que tu vois. Tout cela ne sont que des paillettes. De la poudre aux yeux. Des flacons qu'on a échangé pour te faire croire qu'on a gagné (référence à Icare). Ta vie est parfaite. Tu es parfait. Tu es beau et belle. Tu n'as pas besoin de partager chaque moment de ton existence pour te sentir vivant. Depuis 6 mois, je me sens plus vivante que jamais, et pourtant, ici, j'existe de moins en moins. Sois sûre, que tu as toutes les ressources nécessaires pour être heureux. Et tu n'as pas besoin d'une blogueuse pour te le dire.

Va. Vis. Deviens.

lundi 8 août 2016

Je suis une fille comme les autres

Quand j'étais styliste, j'avais horreur qu'on me demande ce que je faisais dans la vie et je n'aimais pas dire que j'étais styliste. Non pas que je n'en étais pas fière, mais parce que tout le monde se faisait une idée de ce métier. Une idée complètement fausse. En vérité, je n'ai jamais aimé les clichés et les raccourcis tout fait, comme si dans la vie il y avait des boulots passionnants, et des boulots barbants. Je pense qu'on peut tout avoir à la fois et qu'en ce qui concerne le boulot, il ne tient qu'à nous de mettre un peu de passion et d'aventure dedans. Aujourd'hui, je travaille dans un service clientèle pour une société semi-publique, et quand je le dis, je me retrouve de l'autre côté du cliché : "Et ça va ? Tu aimes ? Ça va ? C'est pas trop dure ? Tu ne regrettes pas ?" Aussi étonnant que cela puisse paraitre, non rien de rien, je ne regrette rien. Je suis bien plus épanouie et je sens que ce que je fais a de la valeur : à mes yeux, et à ceux des autres.


Si je te raconte tout ça, c'est parce qu'en épluchant les réponses du questionnaire pour les concours des 5 ans du blog, j'ai lu quelques suggestions d'articles qui m'ont surprise. Beaucoup d'entre vous m'ont demandée que je filme, ou que je raconte une journée dans ma peau. Et bien que je trouve cette idée amusante, et que je regarde moi-même des "get ready with me", je me suis dit qu'il fallait que je rétablisse la vérité sur celle que je suis. Pas sur les blogueuses, parce que je ne peux parler que sur moi, mais sur ma vie en tant que freelance d'une part, blogueuse de l'autre et employée à temps plein. Et tu veux que je te dise ? Je suis une fille comme les autres !


Quand avant, les gens me regardaient avec des paillettes dans les yeux lorsque je leur disais que j'étais styliste, je leur répondais que je faisais des culottes Hello Kitty pour Aldi (ce qui était vrai). Cela avait le don de les refroidir direct, et moi de beaucoup m'amuser. Quand on me demandait les études que je faisais, j'aimais dire "artistique" parce que les gens pensaient que j'étais forcément une demeurée. Guess what ? On peut être créatif et ne pas être analphabète pour autant. Ces clichés m'agacent. Ceux des blogueuses aussi. Alors aujourd'hui, rétablissons la vérité sur ma vie passionnante... Et vraie !



Le matin, je me lève et la première chose que je fais, comme n'importe quel être humain : je vais faire pipi. Oui madame. J'aurais voulu te dire que j'allume mon téléphone pour consulter mon fil Instagram, ou que je fais des papouilles à Jules (l'homme et/ou le chien), mais mes instincts primaires priment (coucou le mini pléonasme). Ensuite, je ne déjeune pas. Cela me pose d'ailleurs bien des soucis car clairement, mon quotidien n'est pas instagrammable. Pas de bol aux fruits, pas de smoothie, pas de Starbucks (allez si, parfois). Un grand verre d'eau, un Yakult. Point. Ensuite je sors le chien et ça qu'il pleuve, qu'il neige où qu'il vente. Et chaque matin je le sors... En pyjama ! J'enfile juste une vieille paire de baskets dégueulasses (que j'ai appelés "les baskets du chien") et un vieux legging qui traine, pas maquillée, pas coiffée en prenant soin d'éviter âme qui vive. Je remonte, je m'habille, me maquille, fais ma toilette (tout ça dans le désordre) et je pars travaille en transport en commun. Durant ce trajet je lis, un livre, un vrai, ou bien sur ma Kobo, et c'est seulement quand j'arrive au boulot que je regarde mes mails ou mes actus sur mon téléphone. Et puis je travaille, toute la journée. Je mange un sandwich à midi. Rien de passionnant. Je rentre, je sors le chien, on prépare à manger et je blogue (ou je me tape devant la télévision). Une douche et au lit vers 22h30. Parfois il m'arrive de faire le ménage et de recevoir des amis (oui j'ai une vie sociale). Mais VOILA ! C'est tout.


Alors certes, tenir un blog cela demande du temps. Beaucoup de temps, tellement de temps que cela explique que je ne sois pas aussi régulière que d'autres et qu'actuellement je n'arrive pas à bloguer plus que 2 fois par semaine. Bien sûr, je passe mes samedis à la poste pour aller chercher des colis de partenaires et bien sûr, je reçois beaucoup de choses (quoi que, pas encore tant que ça). Mais je ne "mange pas blog" et ce qu'il faut savoir, c'est que je ne suis pas arrivée là par hasard. Cela fait 5 ans que je blogue  de manière organisée et mon avancée est très très lente comparée à celle des autres. Seulement tu sais quoi ? Comme j'aime le dire, ne te compare pas. Tu es la personne la plus parfaite pour être toi, et personne ne peut l'être à ta place.


Si je voulais t'écrire cet article aujourd'hui, c'est parce que je voudrais qu'on arrête avec ce complexe des réseaux sociaux, de la vie de rêve (et c'est valable pour moi aussi, car comme toutes les filles, j'ai plein de complexes). Ou de la jolie vie instagrammable. J'ai grandi avec internet mais quand j'avais 15 ans, tout cela n'existait pas. Je rêvais à travers les magazines et je me rendais bien compte que tout cela était "de la pub". Aujourd'hui ça a changé et on parle désormais de "personnal branding". Tu te rends compte ? On a inventé un terme pour dire qu'on se vend soi-même, comme une marque. D'ailleurs comme le dit si bien Paul Arden* : "Tout le monde est un vendeur". Quand on veut vendre (son image, son CV, un produit qu'on a aimé, un conseil, une destination de voyage) on utilise bien forcément les meilleurs mots et les meilleurs images.


Tout le monde est un vendeur


Je ne critiquerai jamais les blogueuses, instagrammeuses ou youtubeuses qui font tout cela pour vendre : c'est leur métier. Il n'y a rien de mal (et soyons honnêtes, je rêverais de pouvoir le faire) mais gardons la tête sur les épaules : c'est un choix qu'elles ont fait à un moment M de leur vie. Ce que tu vois c'est ce qu'elles veulent bien te montrer. Quand tu passes un entretien d'embauche, tu y vas sous ton meilleur jour, avec des jolis vêtements, une belle allure. Instagram, les blogs, Youtube, c'est la même chose. Je ne jette pas la pierre car chacun a le droit de choisir son chemin de vie, de carrière, selon ce qui lui parait juste.


Soyons clairs, je ne suis pas en train de dénigrer ma vie via cet article. A mes yeux, ma vie est formidable et j'ai la chance à 32 ans d'avoir accomplis absolument tout ce que je voulais accomplir. A 14 ans j'avais le rêve de devenir styliste : je l'ai fait. Je suis venue, j'ai vu, j'ai vaincu. Aujourd'hui, je rêve de monter mon projet, de travailler de chez moi, de dessiner, d'être une "influenceuse" et je me donnerai les moyens de le faire. Mais ma vie n'est pas parfaite, et surtout, j'ai la vie que je me construis. A mon rythme. Si d'autres y sont arrivés pourquoi pas moi ? Et surtout, pourquoi pas toi ?


Ne jalouse pas la vie d'autrui, motive-toi en te disant que si c'est possible pour cette personne, c'est possible pour toi aussi. Et vraiment, ne te complexe pas avec ce que l'on veut bien te montrer. Une dernière petite anecdote : j'avais vu un reportage il y a bien longtemps, sur une tribu d'Amazonie, qui avaient été colonisée à l'époque par nous les occidentaux du temps des colombs. Nous sommes arrivés là les caisses plein d'objets, de bijoux, de nourriture et de vie invraisemblable nous faisant passer pour des rois. Et pourtant voici ce que le chef de la tribu raconta au journaliste : "Un jour, un chef blanc est parti dans la forêt et nous l'avons suivi en cachette. Quel ne fut pas notre surprise de voir qu'il allait faire ses besoins et que ce qui en ressortait avait la même couleur et la même odeur que nous..."


C'est une métaphore peu glamour je te l'avoue, mais garde en tête que nous sommes tous des êtres humains, avec les mêmes besoins : manger, dormir, boire, éliminer. Et que la vie, la vraie, ce n'est pas du personal branding sur Instagram.


♥ ♥ ♥


* Référence au livre Vous pouvez être ce que vous voulez être


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mercredi 13 avril 2016

Entrer dans la lumière.

Je ne peux pas t'expliquer ce que je ressens à l'heure où je t'écris ces mots. Une forme d'excitation, de joie, de peur aussi. Alors oui bien sûr, pour certains ce n'est pas nouveau, ce que je m'apprête à faire ne relève pas de la grandiosité. Et pourtant, pour moi c'est un cap énorme. Après 5 ans passés cachée derrière mon ordinateur, aujourd'hui j'ai décidé de tout avouer. D'ouvrir grand mes ailes comme je te le disais l'autre jour et de sortir de l'ombre... D'entrer dans la lumière.

Pixie cut profil Odile Sacoche

Je me rappelle encore la première fois où j'ai écrit sur ce blog. On me pose souvent la question du "pourquoi avoir commencé". Dans le fond, qu'est-ce qui pousse à vouloir ouvrir un blog ? Et qu'est-ce qui pousse à vouloir encore le tenir 5 ans plus tard ? Je réponds souvent que c'est le trop plein : trop plein de frustration, de sentiment, d'émotion. J'avais besoin de parler. Je me sentais enfermée. Je ne savais pas à ce moment là que ce sentiment d'emprisonnement était le résultat d'employeur et de manager en mal d'égo. Pour compenser je me suis dit que je bloguerais. Au moins, sur le net je pourrai dire ce que je veux. Comme je le veux. Sans qu'on ne sache jamais qui je suis. Telle une vengeresse masquée. La Zorro 2.0.

Et puis, le blog a commencé à être lu. Beaucoup lu. Trop lu à un moment. Et j'ai pris peur. Tellement peur. Et si je ne te plaisais pas ? Et si tu te moquais de moi ? Et si tu me trouvais moche, et bête, et tout un tas de choses que cette petite voix m'a répétée pendant des années. Il y a eu un clash aussi, un énorme clash, qui m'a fait encore plus rentrer dans ma coquille. Non ces gens derrière leurs écrans ne méritent pas de savoir qui je suis. Je veux me protéger, encore plus. Je suis un petit animal faible et fragile.

En vérité, je ne le suis pas. Et le blog a repris du poil de la bête, moi y compris. Jusqu'à l'année dernière. Cette proposition incroyable de partir en week-end Thalasso. Ça a été un déclic de dingue. Parce qu'au-delà du fait que j'étais aux petits oignons pendant 2 jours, j'étais là-bas grâce à toi, mais surtout avec toi. Sur ma tablette, sur Instagram, sur mon iPhone. Tu étais là oui. C'est à toi que je pensais. Comme un amoureux virtuel. J'ai repris confiance en moi, mais en toi aussi.

Et puis l'évidence. Ce blog, mon précieux, qui me prend tout mon temps, toute mon âme. J'ai commencé à devenir fière de ce que j'accomplissais ici. Tellement fière. Je voulais crier sur tous les toits : "Hey ! Odile Sacoche c'est moi !". Mais j'avais si peur. Et si mon employeur gâchait tout ? Et s'il voulait une part du gâteau ? Et si maintenant que mes lecteurs m'acceptaient entièrement, c'est un manager qui me rejetait ? Sombre idiote. Tu n'es rien. Ni dehors, ni dedans. J'ai attendu. À me laisser manger. Petit à petit. Et j'ai commencé à construire mon rêve, dans l'ombre, comme si j'avais honte. Je t'en parlais ici, et je gardais le secret là-bas. Il faut que jamais personne ne sache rien. Dans le fond, je pense que je ne me sentais pas légitime de ce succès.

Qui est Odile Sacoche

Heureusement ça n'a pas duré, et le sentiment de fierté a repris le dessus. Un matin, j'ai commencé à me révéler. À mes proches d'abord. À mes collègues ensuite. Un peu à gauche, et puis à droite. Une photo en DM sur Twitter. Un "tu garderas bien mon secret, hein ?". Et puis ce livre. LE LIVRE. Wake Up de Christine Lewicki. Qui pour le coup m'a complètement réveillée. Et si mon problème c'était que je n'osais pas briller ? Ne pas briller, c'est ne pas réussir. Et si on n'essaie pas de réussir, on ne risque pas de chuter non plus. Pas de risque, pas de résultat. Ni bon, ni mauvais. C'est facile comme ça. Personne n'est déçu, et les moutons sont bien gardés.

Grâce à ma coach de vie, à mes lectures, à mes associées et à Admin Solutions, ces derniers mois, j'ai pas mal réfléchis à tout ça. Les choses se sont bousculées. Il est devenu vital de quitter mon boulot, d'en trouver un autre, et de sortir de ma prison dorée. Des clichés, des qu'en dira-t-on, de la peur. Jusqu'à aujourd'hui, où je t'écris de manière confuse tout ce que je ressens, et tout ce qui se bouscule dans ma tête. Mes doigts tapent à une vitesse folle sur le clavier de mon nouvel ordinateur. Celui que je me suis offert comme pour me dire : "Tu le mérites. Tu mérites ta chance. Tu as travaillé dur. Tu as donné tout ce que tu avais. Il est maintenant tant d'oser briller. Et de te réveler."

Je suis Odile Sacoche

Tout ça pour te dire, de manière très décousue... : "Bonjour, je m'appelle Odile Sacoche. Je suis blogueuse anonyme depuis 5 ans, et aujourd'hui, j'ai décidé d'être fière de moi. De me montrer et d'oser briller. Aujourd'hui, j'ai décidé d'entrer dans la lumière".

Odile Sacoche Pixie cut blog beauté

Ne laisse jamais personne t'enfermer : ni toi-même, ni les mots, ni les gens. Et brille, bon sang, brille !


photo odile sacoche

odile sacoche blogueuse beauté lifestyle belge

♥ ♥ ♥

jeudi 28 mai 2015

Au delà de nos rêves.

Il y a pas mal de choses qui se bousculent dans ma tête en ce moment. De façon très brouillon. Des pensées, de ci, de là. Positives pour la plupart, qui me laisse perplexe pour d'autres. Comme si je commençais à comprendre certaines choses, mais que je n'arrivais pas à y croire. Et comme si te parler ici, ou lire encore et toujours, finissait par me donner les réponses que je cherchais. J'ai réfléchis longuement à cet article que je t'avais écris il y a quelques temps, emprunt de tout mon désespoir : celui de vouloir tout arrêter. Et d'une certaine façon, ça m'a permis de débloquer pas mal de choses dans ma tête. De remettre les pendules à l'heure, sur ce que je voulais et ce que je ne voulais pas. Et puis, il y a eu cette article des listes. Celui de toutes ces choses que je ferais, si je le pouvais. Seulement, je ne t'ai pas tout dit dans cet article, je voulais d'abord lire ta réaction. Parce qu'à vrai dire, derrière cette liste, se cachait un grand secret : on peut tout. Oui. Tu me lis bien. On peut tout réaliser. Faire ce qu'on veut. Parce qu'on vit à une époque et dans un continent où nous sommes libres de penser. Il y a des projets pour tous les goûts, toutes les mentalités. Et ce que j'essayais de nous prouver à travers cet article de liste, c'est que je n'avais qu'à choisir un seul rêve et tenter de le réaliser.


Tu vas me dire que c'est impossible, qu'on a des obligations, des factures à payer, des responsabilités et bien sûr c'est ce que je crois. Je le crois même bien plus que n'importe qui, ayant à mon actif 3 emprunts dont un hypothécaire. Mais ce que je pense aussi, c'est que le monde ne s'est pas fait en un jour. Que personne ne nous a demandé de réaliser notre rêve demain, comme ça en se levant et de tout laisser tomber du jour au lendemain. Qu'on pouvait y aller un pied devant l'autre. Step by step. Parfois, juste prendre un renseignement, envoyer un mail, écrire une liste, répondre à un article, c'est déjà avancer en construisant notre rêve.

Il y a quelques temps, alors que je rangeais mes livres de cuisine, je suis tombée sur un vieux carnet que j'avais commencé il y a 4-5 ans. Avec toute une série de rêves et de choses que j'avais envie de réaliser. Tu ne seras pas surpris(e) si je te dis que dans ma dernière liste, figuraient certains de ces rêves. Dont un en particulier. J'ai alors remonté le fil de mon journal intime, je suis revenue en arrière, non pas pour me comparer, mais pour tenter de comprendre ce qui était tout au fond de moi. Et ce rêve était encore là. Depuis presque 6 ans il est ancré dans ma tête et je tente de l'étouffer. Le constat fut assez éloquent : qu'ai-je fais pour tenter de réaliser ce rêve ?

A vrai dire pas grand chose. J'ai essayé un peu, j'ai trempé mon orteil dans l'eau, et en voyant qu'elle était si froide, je l'ai vite retiré. J'aurai pu m'acclimater, mais je n'ai pas essayé. Je n'ai pas attendu que l'eau monte et dégourdisse mes membres petit à petit. Comme on nous apprend quand on est enfant. Non j'ai levé les bras au ciel, et je n'ai pas chercher à progresser.

Ce que j'ai compris, c'est que ce ne sont pas "les autres" mes ennemis, et par "les autres" j'entends tous les éléments extérieurs (la blogo, les factures, les responsabilités, le temps, ...), non mon pire ennemi c'est malheureusement moi même. Mes doutes, mon égo, mon manque d'estime. Bien sûr j'ai peur. Bien sûr je ne sais pas comment je vais réaliser ce que je veux réaliser. Mais ce que je lis dans tous mes livres de développement personnel c'est que le "comment" importe très peu. Si on y croit, si on a la volonté, les choses se débloqueront bien souvent d'elle même. Comme par "magie".

J'aurai voulu t'en dire plus, j'aurai voulu te dévoiler des choses plus concrètes, mais pour la première fois de ma vie, j'ai surtout envie de construire ce jardin secret à mon rythme. Ne pas m'emballer trop vite, mettre un pied devant l'autre en envoyant des mails, en prenant des informations, en parlant avec mon entourage. Ce que je peux te dire et ce qui me semble sûr, c'est que je suis en train de revenir. Je retrouve le goût. L'envie. J'ai conscience que cette soif de créativité que je ressens dans mon boulot, c'est à moi de l'assouvir. Que toi, ici, c'est de l'or à l'état brut, et qu'il ne tient qu'à moi de le polir. J'ai créé Odile Sacoche il y a 4 ans maintenant, et je me rends compte que j'ai fait d'elle la personne que je voudrais être. Sage, dynamique, pétillante, rêveuse et ambitieuse. Cette Odile Sacoche que j'enferme parfois bien trop loin dans mon être, il est grand temps de la laisser s'épanouir. Grand temps de suivre tous ses préceptes : le bonheur c'est devant, et qui n'essaye rien, n'a rien !

Comme le dit ce bon vieil adage : il faut vivre ses rêves, plutôt que de rêver sa vie.

♥ ♥ ♥

jeudi 27 novembre 2014

Ma vie de styliste #2

(suite de "Ma vie de styliste #1")

... Alors quand je suis arrivée en 3ème année de mon école de stylisme, les choses sont devenues un peu plus compliquées pour moi. Car bien sûre on nous forme à devenir des créateurs. Bien qu'avec notre formation technique, cela nous ouvre des portes pour d'autres métiers, j'ai compris en faisant mon stage et mon défilé, que je n'étais pas prête pour ça. Je n'étais d'ailleurs pas faite pour cet univers de strass, de paillettes, de défilé, de mannequins ou de coiffeurs. Une de mes copines de classe m'a alors parlé de son stage pour une marque française très connue et elle m'a vraiment fait rêver. Ce qu'elle avait fait durant son stage était exactement ce que j'attendais de ce métier : dessiner pour monsieur et madame tout le monde. Analyser les tendances, travailler les couleurs, les matières, dessiner sur ordinateur (car j'ai toujours été une geek dans l'âme).

Quand j'ai eu fini mes études, je suis revenue vivre chez mes parents qui entre temps étaient partis vivre dans le Nord de la France. Ce ne fut pas facile de revenir vivre chez eux après avoir passé 2 années en complète autonomie. Mais je savais pourquoi je le faisais : dans le Nord de la France il y avait (et il y a toujours) pas mal d'industries textiles. Là bas, c'est sûre, je trouverais du travail. Parce que, qu'on se le dise, des offres d'emplois dans le monde de la mode, et je te parle de la source, ça ne courent pas les rues. Surtout pas en Belgique. J'ai donc joué le jeu, et je suis arrivée en France pleine d'espoir, et la première chose que j'ai faites c'est postuler pour cette fameuse marque française. A l'époque c'était genre le rêve de ma vie de travailler là bas.

Avec le recul, je me dis qu'à ce moment là je devais avoir une sorte de bonne étoile car un boulot d’assistante s'est libéré là où je voulais. Il s'agissait d'un contrat en CDD de 2 mois payé au lance pierre (c'est souvent le cas pour un premier contrat). Mais je me suis dit tanpis, j'y vais, je vais montrer ce que je vaux. Ça a été super dure car je ne vivais pas dans mon pays, je n'avais pas d'amies sur place et je me tapais 4h de trajet par jour pour aller bosser. Comme j'étais dépendante des transports, je faisais peu d'heures sup' alors que dans ce métier là c'est un peu la "tendance". Malgré ça après 2 mois, ils m'ont réengagés à 2 reprises. Durant cette année en France j'ai connu pas mal de grèves de train, et la joie du travail à la française avec des CDD à répétition, des périodes de carences, et un salaire si petit qu'il ne me permettait pas de prendre un appart. Je me rappelle être rentrée un soir à 21h et m'être mise à pleurer tellement je n'en pouvais plus des trajets. Mais j'ai tenu bon 1 an et après ça j'ai décidé de tenter ma chance ailleurs.

Je suis donc revenue vivre à Bruxelles, où j'ai commencé ma carrière belge. J'ai repris des cours de néerlandais et j'ai rapidement trouvé du travail dans une société d'import export. C'était drôle car à ce moment là quand je disais que j'étais styliste les gens avaient des étoiles pleins les yeux. Et quand je disais que je dessinais des culottes pour Aldi, ça les faisait moins rêver. Autant les artistes souffrent du cliché de l'analphabète, autant les stylistes souffrent de celui de la pimbèche. J'ai toujours aimé jouer à ce petit jeux là. Donc voilà c'était ça mon métier. Dessiner pour la grande distribution : les Carrefour, les Kiabi, les Aldi,... Et franchement je m'éclatais là dedans. Dans cette société là, j'ai appris le métier d'acheteuse à mi temps, j'ai fait un peu de modélisme vite fait. J'ai parcouru les salons textiles, proposé mes idées, dessiné pour plein de clients différents. Après 4 ans, le travail s'est un peu essoufflé, je voulais de nouvelles expériences et je suis partie à la conquête du monde.

En réalité, la conquête du monde s'est arrêté un an après ça puisque la nouvelle société où je bossais alors a fait faillite. J'en ai pas mal parlé à l'époque sur le blog parce que je suis restée à la maison pendant 6 mois et je n'ai jamais eu aussi peur de ne plus retrouver du travail dans ma branche. De ne plus trouver du travail tout court !

Car c'est ça la réalité du travail de styliste en Belgique : la pénurie. La Belgique est un tout petit pays, il y a très peu d'industrie textile. Tout se fait à l'export en Inde, en Asie ou dans les pays de l'Est. Les géants comme Primark, H&M ou Zara bouffent petit à petit toutes les marques locales qui essaient de survivre et qui ont difficile face à cette concurrence.

Et oui, c'est ça le métier de styliste dans la grande distribution : faire face au prix. Faire face aux clients. Face aux demandes. On créée oui, mais pas tout ce qu'on veut, pas comme on veut. On doit répondre aux prix des acheteurs, parfois les tissus qu'on veut utiliser coûte trop cher, ou le fournisseur ne sait pas concevoir notre modèle. Je dessine tout par ordinateurs sur Illustrator. A la base je n'ai pas du tout de formation pour ça, mais j'ai appris beaucoup sur le tas. Je pense d'ailleurs que c'est un métier qui s'apprend avec l'expérience et le travail, et peu à l'école.

Concrètement, aujourd'hui je travaille sur une partie de la collection de la marque pour laquelle je bosse depuis 2 ans : je dessine, je fais les fiches techniques des vêtements, je bosse sur les tendances, je fais des panneaux, je découpe, je colle, je contrôle les couleurs. Je pars en shopping parfois aussi pour voir ce qui se passe ailleurs. Je ne voyage pas beaucoup mais assez à mon goût. Ce sont mes créations qui se vendent en magasin et ça me rend fière. J'ai des collègues géniales avec qui je rigole beaucoup et qui ont un cœur énorme. Je ne trouve pas beaucoup de points négatifs à mon travail si ce n'est que je travaille dans le privé et que je n'ai pas forcément les mêmes avantages que si je travaillais dans le publique. Et que je suis dépendante de ce qui se vend, de la marque, de l'acheteur pas de mes envies de grand créateur. Mais comme d'une certaine façon, je suis le genre de personne qui a besoin de "cadre", ça me va.

Ce que j'avais envie de dire à travers mes 2 articles c'est que, pour moi, ce métier c'est avant tout une passion, une vocation. Certains me disent que j'ai de la chance, et même si sur certains points je pense avoir eu une bonne étoile, pour d'autres je sais que j'ai vraiment du me battre. Je ne me suis pas arrêtée à mes études de 3 ans en me disant que c'était suffisant. Par exemple, après 5 ans, j'ai repris des cours du soir d'infographie pour me perfectionner. A plusieurs reprises j'ai fais des cours de néerlandais. J'ai appris l'anglais sur le tas grâce aux fournisseurs avec lesquels je travaillais ou en me forçant à lire des magazines. Je pense d'ailleurs que le fait de maîtriser un ordinateur et les langues ont été mes atouts. A chaque fois quand je suis arrivée dans une nouvelle société, j'ai dis de suite que j'y étais, c'était pour y rester. Et je pense avoir fait ce qu'il fallait pour ça.

Aujourd'hui je me sens vraiment bien dans ma fonction, et chaque fois que j'ai douté de moi, j'ai eu un petit coup de pichenette de l'Univers pour me dire que ce métier était fait pour moi. J'ai essayé d'en changer mais chaque fois je revenais là où j'appartenais. Je pense qu'il faut avant tout se battre quand on veut vraiment quelque chose. Je ne vais pas dire que ma vie a été difficile, mais j'ai eu des cailloux dans mes chaussures et j'ai su continuer mon chemin. Montrer que j'en voulais. M'affirmer. C'est le conseil que je voudrais donner à toutes celles qui rêvent de faire ce métier (ou un autre) : ce n'est pas un métier facile, car il y a très très peu d'offres d'emploi, mais quand une occasion s'offre à vous, sauter dessus. Tenez là de vos deux mains. Parfois il faut accepter des choses dont on a pas forcément envie mais qui vont permettre d'ouvrir d'autres portes. Il faut parfois accepter de vivre loin de sa famille et ses amies un moment, ou faire des longs trajets, reprendre des cours le soir, mais je pense que quand on est passionné, quand on veut vraiment quelque chose, et ça, c'est comme pour tout dans la vie, on le fait. Car finalement, tout ça ne sont pas des épreuves, ce sont juste, des petits cailloux...

non libre de droit dessin odile sacoche


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Illustration créé pour le concours anniversaire de Shabondy 
illustration propre non libre de droit !

vendredi 21 novembre 2014

Ma vie de styliste #1

Cela fait plusieurs fois déjà que l'on me demande de faire un article sur mes études et sur mon métier. J'ai longtemps hésité à le faire car il y a 2 sujets que je n'aborde jamais ici : ma vie privée (amoureuse ou familiale) et ma vie professionnelle. Et ce, pour la même raison pour laquelle je ne montre pas ma tête : je ne cherche pas à être reconnue (ni même connue). L'internet belge et la mode belge sont des milieux tous petits, et cela me gêne encore toujours, après 3 ans de blogging, de dévoiler entièrement qui je suis. Le boulot ne sait donc pas que j'ai un blog, et le blog ne savait pas jusqu'ici en quoi consistait mon boulot. D'une certaine façon, je me protège. Mais j'ai repensé à la question et ce qui m'a fait changer d'avis c'est que je me suis dit que peut être, cela pourrait encourager certaines, donner des idées, et même, éclairer des lanternes. Parce que oui, je suis styliste, et c'est un métier qui en laisse pas mal curieux, voir parfois rêveur.

dessin odile sacoche copyright


Tout a commencé quand j'étais en primaire. A cet époque, il y avait 2 choses que j'étais sûre de savoir faire et pour lesquels j'éprouvais une certaine confiance en moi : le dessin et l'écriture. Quelques années plus tard, pour mes 13 ans, lorsqu'il a fallut choisir une option à l'école j'ai su directement celle que je voulais : art. Puis, est arrivée dans ma classe une espagnole. Si je me rappelle si bien d'elle c'est parce que c'est elle qui m'a appris à dessiner les figurines de mode. A ce moment là je ne savais pas du tout ce que c'était et c'est en montrant mes dessins que, mon frère je crois, m'a dit que ce que je faisais c'était du stylisme. J'avais alors 14 ans, et à ce moment là, je savais ce que je voudrais faire plus tard : styliste.

Je me rappelle encore que quand je l'ai dit à ma maman, au début elle n'était pas très chaude pour cette idée. Moi qui avait certaines facilités à l'école, je pense qu'elle me voyait plutôt avec une carrière d'universitaire. Mais je n'en démordais pas, je voulais être styliste. Je passais mes soirées à dessiner, à copier des modèles vus dans des BD de science fiction que j'adorais. Mes figurines de mode était tout ce que je n'étais pas : grandes, minces, avec des jambes interminables. Elles incarnaient tantôt la femme de soirée, tantôt la petite fille en pyjama. La littéraire ou bien l'aventurière. Quand je dessinais, je m'évadais. Je pouvais être qui je voulais.

Mais impossible de faire changer ma maman d'avis. Elle avait peur qu'en choisissant une carrière artistique je finisse mal. Il y a encore toujours cet espèce du cliché de l'artiste raté, tatoué, percé, drogué avec des cheveux de toutes les couleurs. Mais je me suis battue pour mes idées et nous avons passé un pacte elle et moi. Si je faisais l'option Math (6h) Science (5h) Langues (8h) , autrement dit l'option la plus forte de l'école où j'étudiais, j'aurais le droit de faire mes études de stylisme plus tard. Pour me familiariser à certaines techniques artistiques, moi qui ne connaissais que l'aquarelle depuis mes 7 ans, elle m'a alors inscrite dans une école d'art en extra scolaire.

J'étais une quiche en math, mais j'ai tenu bon. Tout ce qui comptais, c'était de rentrer le soir, finir mes examens, et dessiner. Comme je terminais mes interros toujours avant tout le monde (l'Univers m'a doté d'un don de rapidité assez puissant), mes profs pensaient que j'étais un cancre ou que je trichais. Mais non, je savais pourquoi j'étais motivée. Par la suite c'est devenu un petit jeu entre eux et moi, ils disaient qu'ils garderaient mes dessins pour le jour où je deviendrais célèbre.

Et puis est arrivé ce dernier jour dans ma classe de math. 17 ans. La fin des humanités. Le titulaire qui n'était autre que mon prof de math a alors décidé de faire un tour de classe pour savoir qui choisirait quoi comme étude l'année d'après. J'étais entourée d'ingénieurs et d'informaticiens. Quand est arrivé mon tour et que j'ai dit fièrement que je serais styliste, ça a jeté un froid. Un silence. Toujours ce fameux cliché. Mais autant dans la vie tout me tient à coeur et je souffre encore beaucoup du regard d'autrui, autant ça, je m'en foutais. Être styliste c'était vraiment (ça l'est toujours) ma vocation. Peu importe ce qu'on me dirait, je ne changerais pas d'avis !

Le pacte était rempli, j'avais réussi mes études et ma mère m'a alors inscrit comme promis dans une école de stylisme. A l'époque cela s’appelait encore Bischoffsheim. Aujourd'hui l'école a changé en Hautes Ecoles Francisco Ferrer. Je suis arrivée dans une classe de vrais artistes dont beaucoup venaient des humanités professionnelles. La théorie était assez facile pour moi de part mon option forte à l'époque, et la pratique l'était aussi car je savais que j'étais faite pour ça. J'étais comme un poisson dans l'eau. Beaucoup de mes copines de l'époque ont fait des nuits blanches pour rendre des travaux en temps et en heure, mais j'étais tellement heureuse d'être là, que tout a toujours été expédié pour moi. Et puis n'oublions pas mon super pouvoir : la rapidité.

Concrètement dans cet école on apprend plusieurs métiers. Celui de modéliste, de styliste et de patronnière. Pour faire simple, la styliste dessine le modèle, le crée. La modéliste fera une toile du modèle pour faire de cette création un modèle 3D. Et la patronnière fera les patrons papiers de ce modèle ainsi que la gradation (la gradation c'est ce qui permet d'avoir un même modèle en 36-38-40-42-44-46 etc....). J'ai donc appris les 3 métiers, mais de base, ma préférence s'est portée pour le stylisme et le dessin. Je ne suis pas assez manuelle pour le modélisme, et pas assez matheuse pour le patronnage. Si je le précise c'est que dès le début il est important de choisir où on veut aller. Par la suite, il est rare d'être engagée comme modéliste si on a fait que du stylisme et vice versa.

Pendant 3 ans donc, j'ai eu des cours de création papier, toile et tissu. Mais aucun cours de couture (oui je sais c'est une aberration). Je n'ai pas eu non plus de cours de dessin sur ordinateur (ce qui maintenant est au programme de cet école). J'ai du rendre des dossiers, dessiner des accessoires, construire des costumes pour le festival du film fantastique, faire un défilé complet de 5 modèles accessoirisés pour ma dernière année,.... Bien sûr il y a aussi eu les stages en entreprises, les cours de dessins, de croquis,.... Je pourrais t'en parler pendant des heures. Je dirais que l'école que j'ai faites est une école assez correcte bien que sa renommée ne soit pas aussi internationale que l'école d'Anvers ou de la Cambre.

A vrai dire, il ne m'est jamais venu à l'idée de faire la Cambre ou Anvers. Jamais venu à l'idée non plus de devenir célèbre, de créer ma marque. Cela n'a jamais été mon intention de vivre de gloire et de paillettes. Moi tout ce que je voulais finalement, c'était dessiner. Et c'était pour ça que j'étais douée : dessiner... Des vêtements...

(à suivre)

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Illustration : création propre non libre de droit !

mercredi 5 novembre 2014

Dis moi qui tu es...et je te dirai qui je suis !

Quand j'étais petite, je veux dire, vraiment petite genre quand j'étais enfant, je n'avais pas beaucoup d'amis. J'étais considéré comme la râleuse. La boulette aussi. Vu comme ça, c'est drôle une boulette râleuse, mais ça ne l'était pas vraiment. Vers 11 ans, j'ai eu la chance de voir Madame Puberté frapper à ma porte avec des cadeaux dont je me serais bien passée à l'époque: de nouvelles formes et un paquet d'Always assorti. De mon souvenir, j'ai mal vécut la transition. J'étais mal dans ce nouveau corps et je voulais rester une enfant. Puis l'été de mes 12 ans est arrivé, plein de copains, de petits copains et une nouvelle école. J'ai vu ça comme un nouveau départ. D'ailleurs, pendant un moment je suis devenue "la nouvelle", comme un vent de fraîcheur. La bête curieuse, celle qu'on ne connait pas. Mes nouvelles formes et moi on était plutôt du genre avant gardiste. Ca plaisait au garçon, ça jalousait les filles. Enfin... Jusqu'au jour où mes copines de classe sont devenues comme moi, et que je n'ai bientôt plus eu de grand intérêt. Toutes les bonnes choses ont une fin qu'ils disaient... Et je suis alors redevenue la râleuse, dans mon coin.

Quelques années plus tard, alors que je sortais avec ma grande sœur (je l'admire aujourd'hui d'avoir pu à cette époque ramener sa petite sœur de 5 ans sa cadette sans en avoir honte) j'ai remarqué un truc dingue. Ma sœur, celle là même qui me cassait les pieds à la maison, était adorée de tous. Elle avait un nombre incalculable d'amis. Quand elle arrivait les gens avaient l'air plutôt heureux. Alors j'ai commencé à l'observer. A me demander comment elle arrivait à se faire tant d'amis et moi pas. Après des mois d'observation en mode petite chimiste de laboratoire, j'avais trouvé sa recette magique : le rire. Ma sœur riait, à tout va, de tout, de elle, surtout d'elle. Elle balançait sa jolie tête blonde et riait simplement aux éclats. Fort. Chaleureusement, contagieusement. Je me suis dit que si je voulais me faire des amis moi aussi, je devais apprendre à rire.

Parallèlement à ça, je me suis vite rendue compte que les gens aimaient qu'on s'intéresse à eux et j'ai commencé à mettre au point une technique de 3 questions de base pour engager une conversation : comment t'appelles-tu, quel âge as-tu, que fais tu dans la vie. A tous les coups ça marchaient et on partait pour des heures de discussions. Le rire, les questions et moi on s'est mis à cartonner. Je me suis prise à mon propre jeux parce que ce que les gens me disaient me fascinait réellement. Je voulais tout savoir d'eux. S'ils avaient des frères et sœurs, quels étaient leurs hobbies, ce qu'ils adoraient manger. Ce n'était pas de la curiosité malsaine mais une réelle envie de tout savoir sur eux. J'ai commencé à adorer avoir de nouveaux amis. J'en voulais toujours plus. Ça me donnait un sentiment d'euphorie, celui d'être comme ma sœur : d'entrer dans une pièce et de voir les gens le sourire aux lèvres.

Seulement je ne sais pas comment mais la machine a commencé à rouiller. Ça a commencé un jour comme ça, mine de rien. Une fois. Deux fois. Et depuis quelques années, j'ai plus de difficulté à mettre le costume du clown-journaliste. Non pas qu'il ne me plaisait pas, mais parce que je me suis rendue compte qu'une fois que toutes mes questions étaient posées, aucune ne venait en retour. Que finalement, j'animais la galerie avec mes blagues lourdes et mes calembours mais qu'une fois finie, on ne désirait pas savoir ce qui se cachait sous ma perruque. Alors que je connaissais absolument tout de la vie des gens, eux, ne connaissaient absolument rien de la mienne. Et j'ai commencé à me dire que moi aussi je voulais mon interview.

Aussi, un soir, de retour d'une de ces soirées où je n'avais pas su jouer mon rôle de clown-journaliste comme il le fallait, et que j'avais failli mourir d'ennui, je me suis mise à me poser tout un tas de questions. Pourquoi ma technique ne fonctionnait plus ? Et surtout, pourquoi elle ne me plaisait plus ? Pourquoi j'avais besoin moi aussi, comme mes spectateurs d'être au centre de l'attention ? Et qu'est ce que je cherchais à combler ?

Ce dont je me suis rendue compte c'est que pas mal de personnes attendaient de moi ce qu'ils connaissaient de moi. Comme une sorte de confort. Et que d'une certaine façon je me suis enfermée dans ce rôle de petite comique qui questionne la galerie. Pire même, lorsque j'ai simplement décidé d'observer, sans me manifester, on me percevait comme plus froide, plus distante. Lorsque je me mettais à attendre qu'on viennent m'aborder, on ne m'abordait jamais. Autre problème, à tant vouloir faire marrer les copains, ils se sont mis à se marrer de moi. Je passais tellement de temps à pratiquer l'auto-dérision et la flagellation humoristique pour me faire remarquer, qu'à un moment les gens se sont dit qu'ils pouvaient y aller gaiement eux aussi. Et là où tu pensais ne pas avoir de limite, tu te rends compte que tu en as... 

Même si aujourd'hui je reste encore un peu perplexe face à mes interrogations je pense avant tout, que dans la vie on a tous envie d'avoir son moment de gloire. Qu'il est humain de faire la parade pour avoir sa minute d'attention. Mais comme pour tout, il faut savoir arrêter, laisser sa place à l'autre. L'écouter réellement, sans chercher à faire le pitre, sans chercher à tout connaitre de lui. Il n'y a pas de tactique et un jour, il suffit juste d'être en paix avec soi même. Car au final, nous n'avons rien à prouver à personne. Pas même à nous même. 


♥ ♥ ♥

samedi 10 mai 2014

Je suis un pokémon.

Il y a environ un an, alors que je me rendais au mariage de ma collègue, habillée de ma plus belle robe jaune et pouponnée au sommet, je recevais indirectement une remarque qui allait me déstabiliser. Celles qui me suivent vont vite s'en souvenir, quand aux autres, un petit rafraîchissement s'impose. Cela disait : "Elle est trop mignonne ta collègue, on dirait un petit pokémon !". Je ne vais pas te dire que j'ai mal pris cette remarque, mais je t'avoue que j'ai tiqué. Même si elle était pleine de bonnes attentions, et avec le recul, je trouve même que c'était plutôt gentil, moi ce que je me suis dit à ce moment là, c'est que je ne voulais pas être un pokémon.

Toute ma vie j'ai été la petite rigolote, celle à qui on pince les joues. Ado, les garçons me trouvaient mignonne, tandis que moi je faisais tout pour être belle. Je n'attendais que d'être adulte pour être prise au sérieux, pour être enfin une femme et oublier mon côté petite canaille. Suite à cette remarque, j'ai pas mal remis en question ma façon d'être, de m'habiller, parce qu'à presque 30 ans, moi, je voulais être féminine. Objet de désir. Glamour. J'ai changé ma garde robe, troqué mes culottes Hello Kitty pour des boxy en dentelle, acheté des chemises en voile, des chaussures à talons. Je voulais être nouvelle. Belle. Femme.

Et puis l'autre jour, je vais chez le coiffeur, je demande une coupe "sortie de plage", parce que pour le moment j'ai ce besoin vitale de partir sur une île déserte. Comme une envie de me couper de tout ce que je suis et de tout ce que j'ai appris. Je ressors de chez le coiffeur avec un petit carré foufou, bouclé, rafraîchissant. Oui. J'aime. Je rentre à la maison et mon copain me dit "oh c'est chouette, tu as l'air plus jeune comme ça".

Ce commentaire m'a laissée perplexe. Sachant que lorsque j'avais ma pixie cut, tout le monde me disait que j'avais l'air tellement jeune. Maintenant que j'ai un petit carré, là aussi j'ai encore l'air jeune. C'est ce que je lui ai répondu, que de toute façon, et avec mon acné, quoi que je fasse, j'ai l'air plus jeune. Cette pensée m'a accompagnée jusqu'au lendemain. Quoi que je fasse, j'ai l'air plus jeune. C'est moi ça. J'ai l'air plus jeune.

Et en attendant le tram, avec ma petite robe rayée et mes cheveux au vent, je me suis dit "c'est vrai, je suis un pokémon". J'ai pensé à Pikachu, à Rondoudou et toutes ces filles que personnellement je trouve "belle comme un coeur". Je me suis dit, que peut être moi aussi j'étais un petit cœur. Qu'il était temps d'accepter ma pokémon-attitude. Que je suis, ce que je suis. Même avec des talons, une chemise et un jeans moulant, je suis encore et toujours un petit pokémon. Bien sapé pour le coup.

Je me suis dit tellement de choses en attendant le tram. Je me suis dit que c'était peut être ça la vraie beauté, s'accepter comme on est. Qu'il ne servait parfois à rien de lutter. Qu'il valait mieux être un bisounours à câliner, qu'une pimbêche trop maquillée. 30 ans ou non.

Alors là, en attendant ce tram, un frisson dans le dos et le nez qui coulait, les yeux fatigués tel un petit chat, et mon nail art cherry blossom, je me suis dit qu'il était temps d'arrêter de se battre. Que j'étais, ce que j'étais. Qu'être mignonette c'était bien aussi. Les cheveux ondulés, le teint juvénile c'est moi. Je suis ce que je suis, et c'est ça qui est beau. C'est ce que la nature a choisit pour moi, car elle y trouvait son équilibre. Aujourd'hui j'ai compris, qu'il ne servait à rien de lutter : chasse le naturel, il revient au galop. Et moi, je suis juste, un petit pokémon. Que je le veuille, ou non.



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lundi 10 mars 2014

Les mouchoirs de ma colère.

J'en faisant vaguement mention l'autre jour sur les réseaux sociaux, mais pour le moment j'ai des journées un peu "éprouvantes". Oh, rien de grave, vraiment. Mais du stress, du doute, de la remise en question. Le problème, c'est que j'ai arrêté de prendre l'habitude de te parler quand ça ne va pas. Quand j'ai un semblant de cafard. Parce que j'ai pris le pli de prendre ce blog comme soupape de décompression, de légèreté, de futilité surtout depuis que je sais que je suis lue. C'est un blog bonheur "je vais bien tout va bien", du coup parfois, je me censure. Mais voilà, je reste un être humain, et comme toi, j'ai des moments de faiblesses. Comme maintenant.

Il y a que je me sens un peu comme à un tournant de ma vie. A vraie dire ce n'est pas un tournant, c'est un chapitre que je dois clore doucement. Celui de la vingtaine, pour arriver à la trentaine. Et toutes ces questions qui vont avec : suis-je bien là où je voulais être ? Classique ! Même si la réponse semble assez évidente (oui, j'y suis), elle est quand même intéressante. Est-ce qu'on continue sa route comme ça ? Est-ce que mes rêves de petites filles sont les mêmes aujourd'hui maintenant que je suis adulte ? Additionne à tout cela une dose de stress assez intense pour le moment au boulot, et paf ça fait des chocapics. 

Mon gros problème, c'est que justement, les chocapics je ne maîtrise pas trop la recette. Je ne sais absolument pas exprimer ni gérer ma colère. Bien sûre comme tout le monde je m'énerve, me révolte, peste et râle, mais la colère, elle, j'essaye de ne pas devoir y avoir recours. Souvent, pour l'exprimer je pleure. Mais du coup, je la mélange avec un semblant de tristesse. Sauf que la colère, est un sentiment bien distinct de celui de la tristesse. Quand tu te mets en colère, c'est que tu ne t'es pas sentie respectée. Qu'on a dépassé tes limites. Et en temps normal, tu le dis. D'une façon, où d'une autre. Tu sors, tu expulses. Seulement ce n'est pas ce que je fais. Moi, organisée comme je suis, je la récolte dans un petit mouchoir, que je plie bien proprement, et je la range dans l'armoire. Sans la régler. Me disant que si je repasse mon mouchoir ça suffira. Et qu'on verra bien plus tard ou que ça finira par passer.

Mais tu connais la suite, ça ne suffit pas. Ça passe rarement. Donc je lis des livres, qui me disent de rester positive. Je reste positive. Je fais des pirouettes, j'écris des articles beauté, un tas, pour décompresser et revenir à la futilité facile de la vie. Mais les mouchoirs s'entassent dans l'armoire. Tous aussi bien pliés les uns que les autres. Tous brodé du "C" de la colère.

L'autre jour, après avoir fais une petite séance chez un nouveau coach qui a un don assez cosmique, j'ai pris conscience que cette colère j'allais devoir y faire face. De ce fait, je vais aussi devoir faire face à toutes les croyances qui y sont liées. Non, les gens ne vont pas m'abandonner ou me dés-aimer si je dis ce que je pense. Non, je ne vais pas pour autant être vue comme un être méchant et sanguinaire Oui, j'ai le droit de parler. Non, je ne dois pas toujours me taire. Oui, la colère est un sentiment négatif, mais il doit être traité, à juste titre. Oui, il faut que j'apprenne à me détacher du regard d'autrui. 

J'ai reçu des pistes, et une liste de choses à faire pour m'aider à gérer avec toute cette "énergie". L'idée étant aussi de ne pas exploser pour une broutille comme une lettre de facture à payer. Parce que c'est ça aussi le problème des sentiments non gérés, c'est qu'ils te pètent au visage un peu n'importe comment, n'importe quand. Et la personne qui se trouve près de toi, peut ne pas tout comprendre à ce qu'il peut bien t'arriver, ayant créé une réaction disproportionnée à l’événement "E".

Je sais que je vais y arriver, je sais comment je dois le faire aussi, mais s'occuper des mouchoirs de mon armoire, c'est aussi devoir gérer tous mes vieux démons. Reprendre des histoires au début et dire de façon fictive, à certaines personnes "je t'en veux, tu m'as fait du mal, parfois, je te méprise, mais je te remercie aussi de me faire avancer". On a rarement envie de dire merci à ceux qui nous mettent hors de nous.

Comme le dit ma coach, le but ultime est de toute façon de revenir à la joie. Que cette colère, il faut la guérir. Parce que dans guérir, il y a "gai" et puis surtout, il y a "rire". Et que moi, c'est tout ce que je veux, être gaie, et puis rire. La vie est tellement plus belle comme ça, tu ne crois pas ?


♥ ♥ 

mardi 10 décembre 2013

De l'écrit à la légèreté.


Aussi loin que je me souvienne, j'ai toujours écrit. Je veux dire oui bien sûre, à partir de 6 ans comme tous les enfants, j'apprenais les premières lettres, les premiers mots. Mais si tôt que j'ai pu me débrouiller seule, j'ai écrit. Petite, ça a commencé avec des petits poèmes que je tenais dans un petit cahier vert. Je me rappelle une fois l'avoir montré à mon institutrice qui m'a congratulé à ce moment là d'un "mais ce n'est pas toi qui écrit cela, ce n'est pas possible !"... Et pourtant. Enfin, je ne voulais pas revenir sur cet événement frustrant, mais plutôt sur le fait, que oui, j'ai toujours écrit. Plus tard, j'ai commencé la prose. Avec un ami d'adolescence, on s'envoyait des petits textes : à celui qui deviendrait célèbre. J'ai voulu devenir écrivain. Parfois je le veux encore. Et comme ça, sans crier gare, j'ai découvert le journal intime.

Je ne sais plus exactement quand j'ai commencé. Je me rappelle par contre que jamais je n'y ai écris mes journées. Jamais je n'ai commencé par un "cher journal". Je parlais plutôt de mes peurs, de mes doutes, de mes souffrances. De mes rêves aussi. Mon tout premier journal était un petit calepin avec des feuilles de toutes les couleurs. J'y écrivais au stylo vert. J'y collais des petites choses: des chansons, des tickets de cinéma. Je me rappelle d'un des derniers collages que j'y avais fait, il s'agissait d'une coupure de journal du 11 septembre. D'une certaine façon, à ce moment là, j'ai eu peur.

S'est ajouté mes premiers amours. Ceux qui m'ont vraiment marquée, qui m'ont surtout vraiment fait souffrir. Et mon journal est devenu une sorte de lettre à ceux qui m'avaient oubliée. Je suis arrivé à la fin du premier cahier coloré, j'en ai commencé un autre. Un poilu doudou couverture peau de vache. Je sais que celui là je l'ai entièrement dédié à Lui. Lui dont je ne parle jamais. Ni à mon entourage, ni à personne. Il est comme mon plus grand secret. Quand ça a été fini, cela a été la plus grande douleur jamais connue jusqu'à aujourd'hui. J'avais 19 ans, et comme toute gamine de 19 ans innocente, naïve et futile (pardon toi qui me lis si tu as 19 ans), je lui ai donné mon journal. Comme si ça pouvait changer quelque chose à part le traumatiser. Au final, je lui donnais juste une partie de ma vie.

Ensuite il y a eu ce gros grimoire, reçu à mon anniversaire par un membre de ma famille. Une énorme couverture en cuir bordeaux et des feuilles épaisses recyclées. Un vrai gros journal, bien à moi. Toujours personnalisé de chansons, de coupures, de tickets, de souvenirs. S'en est suivi un plus petit, ligné rose, que je me suis achetée moi même avec écrit "Miss Understood" dessus. A partir de ce jour, il m'est arrivé quelque chose d'assez étrange, je me suis rendue compte que mes journaux n'avaient d'âme que s'ils m'avaient été offert pour une raison particulière, et s'ils représentaient quelque chose de positif. Ce cahier rose à ligne était triste. Les histoires qui s'y déroulaient étaient tristes. Mais je termine toujours un cahier. Par principe. Comme pour finir un chapitre. Depuis ce petit rose, ceux qui ont suivis ont été des cadeaux: de mes meilleures amies surtout. J'entasse un tas de carnet vide pour plus tard. Comme pour conjurer le sort, du cahier rose à ligne.

Sauf que. Oui. Sauf que. Depuis le blog, je n'écris plus. Enfin si car j'ai découvert le journal 2.0, mais il n'y a plus ce contact stylo/papier. Désormais mes pensées ont un échos, des réponses, des commentaires. Un moment il avait été question de me servir de mon journal pour y écrire ce que je n'écrivais pas ici : mes frustrations. Mais tu sais comment ça va, si tu écris négatifs, c'est comme si le négatif s'emparait de toi. Alors j'ai arrêté. J'ai même jeté un journal en cours. Toujours pour conjurer le sort. Repartir sur de bonnes bases. C'était en septembre, après avoir reçu un magnifique calepin tout droit venu de New York : ville où je rêve d'aller. Tu vois, il n'y a que des signes.

Mais l'année passée, quand j'ai vu toutes les blogueuses s'arracher le Simple Diary de Keel's, tu pense, je l'ai voulu aussi. J'ai attendu de voir. Je l'ai gardé dans un coin de ma tête. Et cette année, je me le suis offert : un cadeau de moi à moi, pour ma Noël. Car il est important de se gâter, aux moments important de notre vie. Et Noël, pour moi, est toujours une période très heureuse. Une période que j'aime célébrer, pleine de rituels entre moi et moi même.

Toujours est-il qu'ici, il n'y a pas de sort à conjurer. Pas de texte, pas de frustration. Juste quelques lignes à remplir. Des anecdotes drôles, ou des citations à méditer. Il n'est pas question de temps, il n'y a plus qu'à. Le parfait petit complément à ce qu'est devenu "Tartines et moi" : juste un peu de légèreté.





♥ ♥ ♥

mercredi 5 juin 2013

Si tu es perdu, reviens en arrière.

Je me suis demandée, que se passerait-il si je reprenais tout à zéro ? Si je recommençais ici, comme au début. Tout changer. Redevenir une anonyme dans la foulitude des blogs (bien sûre que ça se dit). Je me suis dit: "Si je pouvais tout recommencer du début, comment le ferais-je ? "  A vrai dire, je n'ai pas trouvé la réponse à cette question. Pour la simple et bonne raison que ce blog est à mon image et que le chemin parcouru jusqu'ici est celui que je voulais parcourir.

Lors de mon week end amical, du retour au source, de qui je suis tout le tralalala, une amie m'a dit "si tu es perdue, reviens en arrière". Et c'est exactement ce que j'ai fait. J'ai parcouru mon blog en long en large. J'ai relu mes articles et je t'avoue que j'ai aimé ce que j'ai lu. Non pas par narcissisme, mais parce que j'ai fait exactement ce que je voulais faire. J'ai d'abord monté des toutes petites marches. Puis, petit à petit, des gens sont venus à mes côtés m'aider à monter ces marches: les lecteurs, les amies de derrière l'écran. Parfois, je trébuchais d'une marche, et j'en sautais deux autres. A un moment précis, ce blog à été pour moi le meilleur des remèdes à l'angoisse qui partageait ma vie. J'ai eu du temps, tellement de temps, et j'ai donné tout ce temps à Odile Sacoche. Grâce à ça, je me suis retrouvée. Moi. M.

J'ai pris des décisions importantes, comme suivre un stage qui allait changer ma vie. J'ai perdu un travail, j'en ai retrouvé un autre. Tout ça grâce à la réflexion que ce blog m'a procuré. En tapotant sans réfléchir. En posant mes pensées telles qu'elles voulaient bien venir. Oui, mon blog a été là dans chaque étape. Je sais qu'il sera là encore dans toutes les autres étapes, même si le temps lui, me fait désormais défaut.

Alors oui, parfois, on tombe de quelques autres marches. Parfois on se trompe d'étage. On ouvre une mauvaise porte. Mais ce n'est que la remise en question qui s'en suit qui est importante. Car on apprend chaque jour des victoires comme des défaites. Ce que j'en apprend aujourd'hui c'est que je suis fière de ce que j'ai accomplis. Non pas par prétention, mais parce qu'aussi, à travers mes lignes ou mes futilités, je t'ai découvert toi. Je me suis rendue compte que tes commentaires et tes mails importaient. Qu'ils illuminaient mes journées parfois sombres. Qu'ils m’apprenaient à me surpasser: mieux écrire, prendre des photos, faire confiance, se dévoiler. D'une certaine façon, sans toi, je ne serai pas celle que je suis. Ni moi, ni Odile Sacoche.

Et donc non. Rien de rien. Et bien non. Je ne regrette rien.

Si je devais recommencer ? Si je devais tout effacer ? Je pense que je referais tout pareil. Il est fort à parier que je tomberais dans le même genre de layout (coucou le rose, coucou le gris), fort à parier aussi que je repartirais sur les mêmes réflexions qui font de moi celle que je suis (le bonheur, l'amitié, le poids, la société, le travail,...),... Fort à parier aussi que je me lierais au même personne ou que j'aurais des coups de cœur pour le même type de blog. 

Car on peut changer oui, on peut s'améliorer, on peut devenir meilleur, mais on reste toujours fidèle à sa nature profonde. Odile Sacoche est née d'un besoin. Celui de ne plus garder en moi ce qui me minais, et de me forcer à appliquer les théories de la joyeuseté. Celui de me découvrir, avant tout. Il serait encore plus prétentieux de dire qu'a presque 29 ans j'ai tout vu, tout lu, tout entendu.

Aujourd'hui, je reviens enfin à l'essentiel. Je me débarrasse du superflu. J'essaye de m'accepter, et d'être chaque jour un peu plus fière de moi. Lâcher prise avant tout. Mais surtout, de ne plus douter ni de toi, ni de moi, ni de toutes ces choses que l'on a construit ces deux dernières années. Le doute, c'est le mal. Sacré projet hein ? 

♥ ♥ ♥ 

Crédit photo : Pinterest

mercredi 22 mai 2013

La petite liste de mes rêves les plus fous...

... parce que plus on est de fous, plus on rit. Et parce qu'il faut savoir rêver grand, puis rêver futile aussi. 

♥ Gagner 20.000 € au lotto.

♥ Partir deux semaines à New York et me faire une séance shopping de dingue (autrement dit, dépenser, en tout et n'importe quoi, et ce, sans compter) 


♥ Partir aussi deux semaines à Montréal voir ma petite Olisushi. Bien que j'ai prévu de faire ça en août 2015... Me demandes pas pourquoi. 

♥ Avoir des cheveux longs (oui je sais dans 3 mois je te ferai un article cheval de bataille sur les femmes aux cheveux courts. Ça s'appelle l'auto-persuasion ça Madame. Oui-Oui, l'insatisfaction chronique plutôt ) 

♥ ... si j'ai les cheveux longs, investir dans un super lisseur de compet' à vapeur diffuseur de soin de truc de ouf. L'année passée, mon coiffeur à essayer de me vendre sa marque pro. Impossible de revenir sur la référence. T'as une idée du lisseur de mes rêves ?

♥ Acheter une grande maison.

♥ ... avec un jardin



♥ M'offrir des vrais produits de beauté de luxe comme du Guerlain, du Yves Saint Laurent ou du... Clinique ... Oui on repassera sur le côté luxe de Clinique

♥ Fêter mes 30 ans avec tous mes amis. Tous. Sans exception. Prévoir un barbec géant et des lampions en papier.

♥ Avoir un deuxième bouli

♥ Puis avoir un chat aussi. De préférence un Birman (ce qui nous ferait donc une jolie ménagerie de 2 bouledogues et un chat )


♥ Vivre une semaine entière de beau temps en Belgique, avec une température avoisinant les 25°c, et ce du lundi matin au dimanche soir non-stop.

♥ Ecrire un livre. 

♥ Me faire des extensions capillaires. Je sais c'est très mauvais, mais juste une fois. Avoir le plaisir de passer du long au court et ce du jour au lendemain.

♥ Repartir en City Trip à Barcelone et passer l'après midi au Parc Guëll.


♥ M'offrir un Furby : ce nouveau truc à la mode complètement régressif et inutile. Mais qui fait se réveiller la petite fille aux Barbies qui est en moi.

♥ Redevenir une enfant le temps d'une journée, m'offrir une Barbie, et jouer avec.

♥ Manger sans culpabiliser. Pour de vrai. Genre plus longtemps que pendant 2 mois.

♥ Apprécier faire du sport.

♥ Aller voir une comédie musicale Bollywood.

♥ M'aimer telle que je suis. 

Et toi ? Tu as des rêves complètement fous ? Ou même, comme moi, complètement futiles ? 



 ♥ ♥ ♥

Crédit photo: clic clic sur l'image

La honte !

Dans mon dernier blogpost qui remonte à bien loin… Oui, parce qu'entre-temps, je me suis souvenue que j'avais un blog et que ça me f...