Quand on s'intéresse de très près à son bonheur, ou qu'on lit beaucoup de livres de développement personnel, on se rend vite compte qu'il y a une notion qui revient très souvent, c'est celle de la responsabilité. Car oui, on choisit ou non d'être heureux. Cette notion de responsabilité est assez difficile à comprendre, et encore plus difficile à accepter. Simplement parce que cela voudrait dire que nous ne sommes pas des victimes, ou que d'une certaine façon "tout est de notre faute". Or il ne s'agit pas ici de coupable, ou de faute, mais de décider de la façon dont on veut mener les choses. De décider de se comporter de telle ou telle manière. De décider de penser, de croire, de vivre sa propre vie finalement. Comme je le disais, c'est un concept assez dure à accepter, parce qu'on nous a toujours appris à remettre notre bonheur dans les mains de quelque chose d'externe. Et que si justement, ce bonheur n'y était pas, c'est que c'était la faute à autre chose.
Par exemple, une célibataire pourrait se dire qu'elle est malheureuse, qu'elle ne sera heureuse que le jour où elle trouvera l'homme de sa vie. Que tant qu'elle ne le trouveras pas, rien de bon ne pourra lui arriver. Non seulement elle se met à croire à ce concept, donc de l'entretenir, mais en plus, en aucun cas elle ne prendra sa responsabilité dans sa vie de tous les jours. D'une certaine façon elle subira son malheur quotidien. Se disant que c'est la faute des hommes, que ce sont tous des pourris. Enviant ses amies en couple, et tout ce qui a attrait à l'amour. Faisant d'elle une victime parmi tant d'autres.
Un dur travailleur pourrait aussi se dire qu'il sera heureux le jour où il arrêtera de bosser. Le jour où enfin sa retraite arrivera et qu'il pourra se dorer la pilule au soleil. Le jour où sa maison sera remboursée et que les dettes ne seront plus. Le jour où il ne subira plus son boss, ses collègues, cette morosité ambiante. Chaque jour sera un calvaire, un décompte du jour où enfin, il n'aura plus qu'à s'occuper des rosiers de son jardin. Imaginons que ce travailleur ait 30 ans, il passera donc les 35 autres années de sa vie à subir une situation. Détestant son travail, son environnement. Faisant de lui, une victime parmi tant d'autres.
Des exemples de ce genre j'en ai des douzaines. Chaque fois que nous nous retrouvons dans une situation où nous nous disons "je serai heureux le jour où", on peut être sûre que ce que nous faisons c'est de ne pas prendre notre responsabilité d'aujourd'hui. Moi même j'ai encore énormément de mal avec cette notion, surtout maintenant. Parce qu'il y a des jours où je me dis que j'en ai marre de devoir changer, pour les autres qui ne font pas d'effort. Et pourtant, c'est bien comme ça que ça marche. Les autres ne changeront pas, les situations ne changeront pas, les événements ne changeront pas (ou peut être pas tout de suite) et la façon que j'ai de réagir face aux difficultés du quotidien ne tiennent qu'à moi. Je peux chaque jour pester, me détester un peu plus, hurler, pleurer, râler, déprimer, chaque sentiment que j'engendre ne dépend jamais que de moi. Personne ne m'oblige à endurer ça de cette façon. "Sois le changement que tu veux voir dans le monde" disait Gandhi. Ce grand homme avait déjà tout compris.
La solution est ce fameux et légendaire lâcher prise. Mais surtout, c'est de comprendre que tout part de nous. Bien sûre on peut se retrouver dans des situations très difficiles, que nous n'avons pas choisit (comme un décès ou un accident par exemple) mais la façon de nous comporter face à ça, ne vient que de nous même, aussi dure soit cette difficulté. Nous choisissons de nous comporter en victime. Nous choisissons d'ouvrir un mail désagréable, et de le lire. Comme nous choisissons de le laisser pourrir toute notre journée. Nous choisissons de regarder un film triste et de nous morfondre après l'avoir regardé. Nous choisissons plein de choses, surtout dans notre société actuel, ici, en occident, où nous avons plus de droit que dans d'autres pays.
Je comprends. C'est difficile de décider de grand matin de se lever du pied droit. C'est difficile de ne pas en vouloir à la société dans laquelle on vit. C'est difficile de ne pas chercher un coupable à tous nos malheurs. Je suis moi même tentée de le faire chaque jour, surtout en ce moment. Et pourtant, obtenir ce que l'on veut, ne nous rendra pas plus heureux. Cela vous surement nous apaiser un temps, mais tant qu'on aura cette dépendance envers des éléments extérieurs, rien ne pourra réellement changer à l'intérieur.
Dans cette idée, je ne serai pas plus heureuse d'obtenir plus d'argent, plus de vêtements, plus de maquillage. Ces objets me permettront de camoufler une coup de cafard momentané, mais pas plus. Je ne serai pas plus heureuse d'habiter dans une maison plus grande, avec un plus grand jardin. Une fois que j'y serai, je ne serai pas à l'abri d'autres désagréments. Je ne serai pas plus heureuse d'être plus mince ou d'avoir une peau plus belle, cela ne changera pas certains moments douloureux de ma vie.
Il ne s'agit pas de baisser les bras face aux choses que l'on voudrait obtenir, mais juste de ne pas remettre notre vie dans leur main. Ne pas leur donner notre bonheur, notre bien être. Le bonheur, il est en nous. Il ne se manifeste pas forcément tous les jours, mais c'est à nous de venir le réveiller. De le choisir. De lui faire honneur. De l'aimer. Et surtout, de l'accepter.
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