L'autre soir, je demandais à Mona de me rassurer en DM sur Twitter sur un sujet sur lequel, après 28 ans, je n'arrive toujours pas à me rassurer. Et sur un sujet, sur lequel, je suis devenue tellement pathétique, que même mon copain ne veut plus me rassurer. Je te le donne en mille, mon poids. Cependant, alors que je demandais du réconfort auprès d'une proie facile, celle-ci m'a renvoyée une question au quelle je n'avais jusqu'ici jamais pensé. Elle me tint à peu près ce langage :
" (...) Maintenant il faut voir si tu veux qu'on t'aime pour ce que tu es ou pour ce que tu aimerais être mais qui ne serais pas toi. "
Fin de citation.
Je me suis sentie un peu con.
Oui parce que la question de "plaire ou ne pas plaire aux autres" je me la suis déjà posée un million de fois. Mais certainement pas sous cet angle là. Ai-je envie qu'on m'aime pour ce que je suis ? Autrement dit, lourde, pas forcément mince, pétillante, attachante, bonne vivante. Ou pour ce que j'aimerais être ? Fine, mince, plus calme... Je dis bien, pour ce que j'aimerais être. Parce que au delà de cette question, je me suis dit qu'entre ce que je suis, ce que je voudrais être, et ce que les autres voudraient que je sois, il y a une sacré marge.
Cette question me trotte en tête depuis 2 jours.
Ce que je suis.
Ce que j'aimerais être.
Ce que les autres voudraient que je sois.
Pas sûre en plus de cela, de bien comprendre ce qu'ils voudraient réellement que je sois. Parce que dans les actes et les paroles, il y a toujours une pointe d'interprétation, pas toujours correct. Donc, pour essayer de me dépatouiller avec toute cette histoire, j'ai commencé à lister la liste des personnes de mon entourage direct ou indirect. Il y a ceux que j'aime, ceux que je côtoie et que je n'apprécie pas forcément. Ceux qui sont à mes côtés non pas par choix, mais par sang. Ceux que j'ai choisi pour des amitiés durables. Celui que je chéris. Parmi toutes ces personnes, ils y en a qui me veulent du bien. D'autres qui me veulent du mal. Et ceux là encore qui croient qu'ils agissent pour mon bien, mais qui en fait, sans le vouloir, me font du tort. Et là, je me suis dit, la relation aux autre et à soi même, c'est quand même un sacré foutoir. Je me suis dit aussi, que cela faisait 28 ans, que je ne me suis pas posé cette question primordiale, et qu'un petit bout de Mona débarque un soir de désespoir et en une phrase me remet les idées en place.
Je suis celle que je suis. Si j'étais celle que j'aimerais être, les gens qui me veulent du mal ne m'en voudront plus ? Pas forcément. Parmis ces gens qui veulent du mal aux autres, il y en a des profondément malheureux, incapable de discerner le bien du mal. Et si j'étais ce qu'ils voudraient que je sois, ma relation serait-elle plus facile ? Pas forcément. Parmis ceux qui agissent pour mon bien, se trouvent des réels éternels insatisfaits.
Certes, je résonne un peu comme un philosophe maladroit. Me perdant moi même dans mes interrogations. Tout ça pour répondre à une question bien stupide que plus de la moitié des filles sur cette planète se pose: suis-je grosse ?
Si je suis grosse ? Non. Si j'aimerais être mince ? Oui. Si les autres m'aimeront plus pour cela ? Pas sûre, du moins, pas ceux qui m'importe vraiment.
Ce que je comprends juste au final, c'est que chacun à son modèle de perfection. Ou son modèle de couple. Ou son modèle de corps parfait. Voir son modèle de famille, de façon d'élever ses enfants. Son modèle professionnel, dicté ou non par un mentor qui lui même avait le sien. Et on se retrouve tous là, non pas avec un modèle unique à suivre, mais 7 milliards. Alors entre ce que je suis, ce que je voudrais être et les autres, je pense que le travail le plus important à faire, c'est de construire mon propre modèle.
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