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samedi 7 octobre 2017

Consommer consciemment sans craquer son portefeuille

Il y a un débat qui revient assez souvent, lorsqu'il s'agit de consommer consciemment voire de manière éthique. Et ce débat, c'est le débat du porte-feuille. Quand notre bourse n'est pas bien fournie, il est difficile de s'offrir un t-shirt éthique à 50€ lorsque l'on peut, pour le même prix, s'en acheter 5. Consommer éthique, ça coûte plus cher, oui. La matière coûte plus cher, la production coûte plus cher, la main d'œuvre coûte plus cher, et au final, le produit lui aussi coûte plus cher. On a rien, sans rien. Comme je peux comprendre qu'il n'est pas donné à tous de faire cette démarche, je vais te donner quelques petites astuces qui te permettront de consommer consciemment, sans craquer ton portefeuille.

Limiter sa consommation.


C'est le premier geste à faire quand on pense éthique. Et ce geste, ne coûte rien. Si l'on prend l'exemple de la mode (mon petit combat personnel), on se rend compte que nos ancêtres n'avaient pas autant de vêtements que nous. Je regarde Poldark par exemple, et en 1780, une femme ne disposait qu'une toilette pour sortir. C'est un cas extrême, certes, mais au début des défilés de mode, il y avait 2 collections par an : une en été, une en hiver. Aujourd'hui, les grandes enseignes sortent une collection par semaine, soit 52 ! A-t-on besoin de renouveler sa garde robe à chaque occasion ? Réfléchissons. A-t-on vraiment "besoin" de changer de t-shirt tous les jours ? Pouvons-nous alterner et porter nos vêtements plus souvent ? Limiter sa consommation, c'est déjà agir. Évitons de se dire : "Si je ne l'aime pas je n'aurai qu'à le donner ou le jeter".

Apprendre à lire les étiquettes.


On nous conseille souvent de lire les étiquettes de nos aliments, ou de nos produits de beauté. Il en va de même pour les vêtements. Agir consciemment c'est savoir reconnaître une matière naturelle d'une matière synthétique par exemple. Savoir que des matières polluent plus que d'autres, que certaines sont biodégradables et que d'autres ne le sont pas. En Europe, la réglementation dit que sur chaque vêtement, le pays de fabrication doit être inscrit. Prenons le temps de lire où notre vêtement à été fabriqué. On le sait, certains pays ne sont pas du tout éthique (en terme de pollution et de conditions de travail). Renseigne-toi sur ces pays, et bannis-les. Ou bannis-en un. Quand j'ai commencé à réfléchir à mes achats, je me suis dit que je n'achèterai plus de vêtements produits au Bangladesh par exemple. On sait sciemment que la main d'œuvre au Bangladesh est la moins chère du marché et que les conditions de travail y sont déplorables... Et ne me sors pas "au moins ils travaillent, si on arrêtait d'acheter ils ne travailleraient plus". C'est la fausse excuse pour se donner bonne conscience : les enfants devraient être à l'école plutôt que dans une usine, et les parents devraient avoir un salaire décent, ainsi qu'un lieu de travail sécurisé ! L'un ne devrait pas empêcher l'autre ! Rappelons-nous l'horreur du Rana Plaza en 2013, cela ne devrait tout simplement pas arriver ! (Je pourrais écrire un article entier sur ce que j'en pense.)

mode ethique et responsable

Éviter certains magasins.


Comme je le disais, tout le monde ne peut pas se permettre de s'offrir une robe à 150€ faite en laine de Mérinos, tricotée en Italie. Pourquoi ne pas bannir certains magasins dès lors ? Même dans le fast fashion certaines enseignes tentent de faire des efforts. Ils sont peut-être tout petits, mais c'est mieux que rien (cela me fait penser à l'histoire du pêcheur et de l'étoile de mer). On connaît les enseignes qui ne respectent rien : elles volent les idées de leurs voisins, suppriment des emplois, font des vêtements bon marché et de mauvaise qualité en sous payant leurs employés. Comme pour le Bangladesh que j'ai décidé de bannir dans un premier temps, j'ai arrêté d'aller chez Primark. Je n'achète plus non plus les vêtements du marché (venu du Triangle à Bruxelles, ou du Sentier à Paris). Certes, c'est tentant, ils ont énormément de vêtements à prix dérisoires, mais tu penses sincèrement que ton t-shirt à 5€ aura une valeur sentimental ? Reviens au point 1 en cas de doute.

Se créer un budget.


Si ta garde robe nourris déjà tes besoins de base (pantalon, top, t shirt, pull,...), pense à te créer un budget personnalisé pour ton shopping. De cette manière tu seras limitée et tu ne déborderas pas avec des choses dont tu n'as pas besoin. Si tu veux te faire une orgie shopping, demandes-toi pourquoi. Si tu n'as pas le moral, y-a-t-il autre chose que tu peux faire avant de filer au centre commercial ? Et si vraiment c'est la seule solution, ne penses-tu pas que t'offrir une belle chose à 50€ te procurera plus de "satisfaction" que 10 trucs sans valeur ? Se créer un budget, ça peut aussi vouloir dire d'économiser pour s'offrir cette belle pièce qui nous fait tant rêver, plutôt que d'acheter sa pâle copie bon marché. Et surtout n’oublie pas, consommer et entasser ne fais pas ton bonheur. C'est un plaisir éphémère qu'on a vite oublié.

Penser au seconde main


Je ne pensais sincèrement pas donner ce conseil un jour. Toute mon enfance et mon adolescence je n'ai été habillée qu'en 2eme main faute de moyen. Ma mère nous achetait nos vêtements sur la brocante ou lors des ventes 2eme main du quartier (et on s'est beaucoup moqué de moi à l'école). Je m'étais promis que plus jamais cela arriverait. Et pourtant, aujourd'hui, je reconsidère sérieusement la chose. Chaque année, avec mes amies nous prenons un stand sur une brocante et nous vendons nos vêtements. Cela permet de se faire plaisir à petits prix et personnellement, je vais toujours piocher sur leur tringle (je me dis que je porte les vêtements de mes amies proches et ça me donne une valeur sentimentale : quand je porte ces vêtements, je pense à elle). Les vêtements profitent d'une seconde vie, rien n'est jeté, et la conscience est tranquille. Le seconde main c'est aussi prêter ou échanger. Pourquoi ne pas échanger ton sac à main avec celui de ta meilleure amie pour une semaine ? Cela permet d'avoir un peu de renouveau sans dépenser un centime.

Conclusion


Tu vois, il y a plein d'astuces qui ne coûtent rien qui te permettront de consommer plus consciemment et de manière éthique. Pas besoin de vendre ta voiture ou ta maison si tu ne peux pas te permettre d'encourager les marques européennes. Je sais que ça coûte cher de consommer mieux, je le sais, mais j'ai cependant remarqué que ma satisfaction est bien plus grande quand je mets le prix. Quand j'achète quelque chose de plus cher, qui a beaucoup de valeur, j'y fais plus attention : je fais gaffe à ne pas l'abîmer, bien le laver, le ranger, l'entretenir. Bref, j'en prends soin ! Généralement les vêtements qui ont plus de valeur sont mieux coupés, et je me sens bien dedans. Et surtout, je ne me dis pas "oh je ne l'aime plus, je vais le jeter, de toute façon cela ne m'a rien coûté". Quand on met beaucoup de sous dans un produit, généralement, on y réfléchit à deux fois, pour être sûr qu'on va bel et bien l'utiliser. Une autre façon de consommer c'est de se demander : "Si ce t shirt coutait 3 fois son prix, est-ce que je me l'achèterais aussi ?" Souvent on est tenté par le prix, et non par l'objet.

Quoiqu'il en soit, je ne demande à personne de devenir un militant. Selon moi, faire un petit pas en avant, c'est déjà avancer. Si tu es rebutée par l'idée d'acheter du 2eme main par exemple (je l'ai été pendant longtemps), alors pense à un budget. S'il n'est pas possible de tenir un budget, limite tes samedis dans les magasins de mode, etc. Chaque petit geste compte. C'est ça qu'il faut retenir.

Et toi ? Quelles sont tes astuces pour consommer consciemment ?

mercredi 8 mars 2017

Comment mieux dépenser ?

J'ai déjà eu plusieurs fois cette conversation avec ma maman, ou avec mon homme. Comment mieux dépenser ? Cette conversation où l'on se lance à refaire le monde. Se dire qu'on devrait consommer mieux, acheter local, privilégier le petit boucher du coin plutôt que la viande grise des grandes surfaces. Quand on se dit qu'on devrait aller plus souvent au marché, acheter les fruits et les légumes pour la semaine. Manger mieux, manger bio. Qu'on devrait arrêter d'aller chez H&M, arrêter d'acheter Bengali. Quitte à payer la qualité, plutôt que la quantité. Le problème avec ce discours, c'est que je l'ai souvent trouvé bien hypocrite. Car qu'on se le dise, qui aujourd'hui peut mettre plus d'argent dans ses vêtements ? On nous habitue tellement aux promotions, aux soldes et aux codes promo qu'on ne sait plus dépenser prix plein. Moi la première. C'est vrai quand on y réfléchit : 3€ le tshirt chez Forever21. Moins cher que ton lunch à midi. Ça fait rêver, non ? Alors mieux dépenser, c'est bien joli, mais ça veut dire quoi au juste ?

Doit-on se remettre à faire nos vêtements nous-même ? Cultiver notre potager ? Se remettre au troc ou à la seconde main ? Ce sont des solutions, oui. Et pourtant aujourd'hui ce n'est pas toujours facile d'acheter local. D'où vient le cuir du petit artisan du fond de la rue ? Peut-on lui faire confiance ? Et puis, ne plus acheter Pakistanais ça voudrait dire supprimer des emplois là-bas, alors bon, on fait comment hein ?

Ce sont des questions auxquelles je réfléchis beaucoup en ce moment. On vit dans la société dans laquelle on vit et il est difficile de tout fuir, tout renier. Certains pour s'en sortir prônent le pro-véganisme, d'autre le pro-bio. Pourtant des catégories de tomates dites "bio" sont importées chez nous et viennent d'Espagne. Que fait-on de l'avion, du vieux camion et de l'essence qui les ont transportées ? Ils sont bio eux aussi ? Tu vois, ce qui me dérange avec tous ces discours, c'est qu'on doit tout remettre en question. Et quand je dis "tout" je pense à la chaîne de production. D'où vient le coton ? Comment a -t-il été cultivé ? Tu savais que lui aussi, c'était un OGM ? Doit-on parler de la problématique du cuir en Inde qui pollue les eaux du Gange ? Et le raisin là-bas dans le Lubéron, qui est bio, alors que le champ en face de lui ne l'est pas... Quand on sait que les voitures des habitants sont parfois recouvertes des sables du Sahara tellement le vent peut se montrer puissant, on fait quoi des particules de pesticides présentes dans l'air ?

Il est difficile de revenir en arrière, car une bonne partie de la production mondiale est à revoir. Tant au niveau de la chaîne d'alimentation, qu'au niveau des produits textiles... Et ne parlons même pas de l'affaire Foxcom...

minimalisme consommer mieux

Au-delà des scandales liés à la production, je pense que c'est avant tout à nous de changer notre manière d'acheter. Et par là, je ne veux pas forcément dire "apprendre à lire les étiquettes" ou "acheter plus cher". Mais plutôt se poser la question : "Est-ce que j'en ai vraiment besoin ?". Ce vernis-là, à 2,49€, est-ce que je vais vraiment l'utiliser ? Est-ce qu'acheter plein de vêtements pas chers va me rendre plus riche ? Mes armoires doivent-elles être pleines à craquer de nourriture ? Mais surtout prendre le temps de se demander, c'est quoi, finalement, "être riche" ?

On nous a habitués à vouloir du choix, du neuf, du changement. Vite. Maintenant. Tout de suite. Nos iPhones sont démodés après 1 an. 1 an ! Quand on pense que quand j'avais 15 ans (et ce n'était pas il y a si longtemps) cela n'existait même pas et qu'on faisait sans ! Est-ce que je vais réellement relire ce livre ? Oui ? Combien de fois ? Est-ce que j'ai besoin d'avoir les 4 palettes Naked ? Est-ce que je ne saurai pas réparer cette machine cassée ? Ou revendre ce sac avant de le jeter ?

Penser à l'économie, aux conditions de travail, à l'éthique, c'est une chose. Et entendons-nous bien, c'est une chose merveilleuse. Mais ne faudrait-il pas déjà réduire notre taux de consommation avant ? Le samedi, plutôt que d'aller lécher les vitrines, où attendre les soldes pour vite dépenser notre salaire, on pourrait, je ne sais pas moi, passer du temps avec nos proches ? Regarder un bon film ? Aller bruncher avec des copines ? Au lieu de dépenser tout notre argent pour vivre dans une "abondance matérielle"...

Mieux dépenser, c'est aussi investir dans des formations : ce cours d'aquarelle qui nous fait envie depuis si longtemps. Cet atelier maquillage qu'on rêve de faire. Apprendre une langue, participer à un cours de photo, s'inscrire à un cours de danse. De quoi va-t-on se souvenir dans 50 ans quand on sera vieux ? De cette jolie petite robe qui nous faisait de l'oeil depuis la vitrine ? Où de cette belle après-midi en famille à manger du gâteau fait-maison ? A-t-on vraiment besoin de toutes ces choses ? De ces collections ? De plus, toujours plus ?

Mieux dépenser, c'est conscientiser l'argent que nous allons dépenser. Profiter des choses que nous avons déjà. Faire preuve de créativité en leur trouvant une nouvelle utilité. Ou simplement se demander : "Est-ce qu'avoir plus, va m'amener plus de joie dans ma vie, et à long terme ? Est-ce qu'avoir cet objet, précisément, va me procurer tant de bonheur ? "

Simplifier sa vie

Depuis un moment déjà, je n'achète que les vêtements qui me donnent envie de faire un petit pas de danse. J'avais lu ça dans un livre. Livre que j'ai savouré et que pourtant, j'ai donné il y a bien longtemps déjà. Je veux que chaque chose ait une histoire, mais surtout, je ne veux pas que les choses me possèdent. Être définie par un achat, un objet. Ce qui fait que je suis, celle que je suis, ce n'est pas cette paire de chaussures que j'ai achetée juste parce qu'elle était à moitié prix, mais les expériences que j'ai vécues. Les gens que j'ai rencontrés. Les liens que j'ai tissés. Les souvenirs que j'ai créés. Et ceux-là, bio ou pas, ils sont bien à moi !
♥ ♥ ♥

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