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jeudi 22 août 2019

Mon rêve d’immortalité

J’ai découvert le développement personnel en 2008. Je m’en rappelle comme si c’était hier. Deux semaines avant mon 24 eme anniversaire, je venais de me faire larguer. Mon cœur s’était une fois de plus brisé en mille morceaux et je tentais de le ramasser péniblement à même le sol. Envolées toutes les belles promesses et projets de vie. Les jours qui ont suivi, j’ai perdu l’appétit. On me félicitait de perdre du poids et on me demandait comment j'avais fait. Personne ne voyait mon malaise. Pour tous, je n’avais « que » 24 ans, des hommes je pouvais encore en rencontrer des tas. Et puis une collègue s’est détachée du lot. Elle me parla alors du livre « le Secret », best seller outre atlantique. 2 mois plus tard je le prenais dans ma valise pour partir en vacances. De but en blanc, je te le dis, ce livre a changé ma vie. Un nouveau monde s’ouvrait à moi, celui du développement personnel.

Pendant les 8 années qui ont suivi j’ai dévoré tous les livres de « self help » qui me passaient sous la main. Je revenais de la bibliothèque avec des piles de livres de psychologies à lire. 8 années : un nombre incalculable d'affirmations positives, de tableaux de visualisation, de listes et de carnets gribouillés. Le développement personnel m’a aidée à grandir, à comprendre, à apaiser. Mais comme pour tout, il a ses limites et il y avait un petit vide qu’il ne comblait pas. Cette envie de vouloir être exceptionnelle sans jamais y arriver. Je cherchais un tas de réponses, sans les trouver.

Cette limite je l’ai vraiment comprise il y a 3 ans. Je n’en ai encore jamais parlé ici. Sans doute que c’était trop difficile à avouer. Et puis dans le fond je n’ai jamais voulu ressortir victime de mes épreuves. Tu vois, l’être humain essaye de concevoir la vie pour pouvoir tenir son enfant dans ses bras un jour, le chérir, le cajoler. Mais parfois, il y a comme je dis maintenant « des ratés ». Un seul pour ma part, un de trop sans doute. Celui qui m’a fait vendre toutes mes affaires, arrêter tous les partenariats, plonger dans le minimalisme. Puisqu'il n’y avait plus que cela de vrai à mes yeux : l’essentiel. Tout balayer, tout vider, tout jeter. Apaiser la douleur. Avancer. Nue d’un être que je n’avais pas pu connaître...

Jusqu’en septembre 2018. Le merveilleux miracle de la vie. Ma fille. Être maman. L’expérience la plus belle, la plus complète et la plus enrichissante de ma vie. Celle qui m’en apprend chaque jour bien plus sur moi que n’importe quel livre de développement personnel.

Et parallèlement à ça, ces dernières années, l'émergence du développement personnel sur les réseaux sociaux. Plus de coachs autoproclamés, plus de positions de méditation (même pour ceux qui ne la pratique pas), plus de photos léchées, biaisées, à l’opposé même de bon nombre de principe que je lisais. Plus, plus, plus de marketing et beaucoup moins d'authenticité.

Été 2019, j’ai 35 ans. Nous y voici. Je réalise. J’ai 35 ans, je suis maman, ma fille va avoir un an. Au retour de mes vacances je tombe sur une vidéo de Mind Parachutes qui parle du livre de Mark Manson. Je dévore le livre en 3 jours. Tournant les pages comme aspirée par toutes ses vérités. L’art subtil de s’en foutre. Si on m'avait dit... me voilà remettre en cause absolument tout ce que j’ai pu lire jusqu’à présent. Absolument tout. Je n’avais plus eu de livre révélation depuis « le Secret ». Et ce livre de Mark Manson est l’antonyme même du Secret. Je comprends alors que tout ce que j’avais toujours construit et fait dans ma vie était motivé par un seul rêve. Un rêve qu’un milliard d’êtres humains partage. Celui d’être immortel.

C’est en voulant être immortel qu’on construit des choses espérant qu'elles nous survivent par delà notre mort. Pourtant rien n'y fera, tôt ou tard, notre corps physique mourra. C’est inévitable et inconcevable à la fois.

Mon franc tombe. Ce n'était pas une histoire de reconnaissance, ou de réussite. Non. Je ne voulais juste pas être oubliée. Jamais. Et chaque choix, chaque décision, chaque projet, chaque rencontre a été motivé par cette seule et unique peur. La peur de l'oubli.

Aujourd’hui, j’ai un trop plein de ces vanités vendues sur les réseaux sociaux. Un trop plein des vies trop parfaites, des démonstrations de positivisme qui ne tentent qu'à étouffer nos souffrances. J'ai compris que nos souffrances sont spécifiquement ce qui nous fait grandir. Il y a 10 ans, si cet homme ne m’avait pas larguée, si je n’étais pas tombée dans un puit sans fond, jamais je n’aurais avancé. Jamais je ne me serai battue. Jamais. La souffrance m’a aidée, même si je ne le vois que maintenant. Choisis tes batailles, que Mark dit dans son livre.

Je ne suis pas fataliste, triste ou déçue en écrivant ces lignes. Je me sens juste éclairée. Comme touchée par la grâce. Maintenant, tout me semble possible, puisque rien n’était vrai avant. Si je choisi mes batailles, je n’ai pas peur de souffrir pour elles. Mon rêve d'immortalité est désormais tout autre. Et que fait-on quand on n’attend plus de reconnaissance, de réussite, quand on arrête de se convaincre que tout va bien même quand ça va mal ? Quand on comprend que s’en foutre ce n’est pas répondre à la fatalité, mais au contraire, c'est se répondre à soi même qu’il n’y a rien à prouver à personne ? On se laisse vivre tout simplement. Chaque situation, chaque choix, chaque discussion apparaît sous un autre angle. Finalement, on s’en fout, et c’est très bien comme ça. La voilà, la félicité.

Je terminerai avec ce paragraphe du livre de Mark Manson, qui m’a tirée un bon gros paquet de larmes : « Tu es génial. Déjà. Que toi-même ou les autres en ayez conscience ou pas. Et pas parce que tu as lancé une appli pour iPhone, que tu es sorti diplômé un an à l’avance ou que tu as acheté un bateau à la con. Tu l’es parce qu’en pleine confusion, tu continues de privilégier ce qui compte à tes yeux. (...) Comme nous tous, tu es amené à disparaître. Pourquoi ? Parce que tu auras eu la chance de naître, recevant toi aussi le cadeau de la vie. »

Et j'ajouterais, qu’il n’y a vraiment plus que ça qui compte maintenant. La Vie.

dimanche 4 août 2019

J’ai 35 ans

Cette année, nous sommes partis deux semaines en vacances en Vendée avec la petite. Nos premières vacances en famille (coeur coeur). Une connexion 4G digne de ”Outsiplou-les-Bains-de-Pieds”, pas de WiFi, et une bonne résolution : DÉCONNECTER (j’ai d’ailleurs (encore) supprimé Instagram et Twitter de mon téléphone).

Je ne connaissais pas la Vendée. Par contre, j’ai bien connu la Charente Maritime où j’y ai passé toute mon adolescence. La Vendée y ressemble beaucoup, avec ses routes sinueuses et ses larges forêts de pins. L’odeur des arbres, les lézards qui filent devant toi, les petits oiseaux qui n’ont pas peur de venir gratter une miette de pain sur ta terrasse. Tout ça, m’a fait remonter un tas de souvenirs et plein de nostalgie de cette adolescence heureuse (mais parfois malheureuse aussi, comme tous les ados). J’ai ressassé tous les souvenirs, les bruits, les odeurs, les amis (et les amours) rencontrés. Chaque jour je m’y replongeais comme dans un bon vieux roman empreinte parfois de tristesse de ces moments révolus.

Et puis, un matin, le constat : je ne suis plus cette ado. J’en suis très loin. Je suis même plutôt une adulte. Une vraie de vraie : j’ai 35 ans, je suis maman, ma fille va avoir un an. Je n’ai jamais complexé sur mon âge, mais là, je me suis comme ”réveillée”. Mince ! J’ai 35 ans ! Fini de jouer les adolescentes. Une petite voix dans ma tête m’a répétée : ”Ça y est ? Tu percutes ? Tu vas arrêter de chercher sans cesse la reconnaissance ? Arrêter de sombrer dans tes complexes ? Et mon corps ceci, et mon poids cela, et mes abonnés gna gna gna... Tu n’as plus 15 ans !”.

C’est vrai... Je n’ai plus 15 ans.

Puis cette envie aussi. Celle de créer. Et toutes celles que je refoule sans cesse à la porte de ma raison (ou de ma bêtise) : peindre, couper, coller, dessiner, écrire, cuisiner... FAIRE ! Alors qu’est ce que j’attends ? Malgré toutes les bonnes résolutions faites à maintes reprises ?

Ce dont je me suis rendue compte, c’est que je passais bien trop de temps sur les écrans. Loupant les meilleurs moments de la vie. Trop de temps à me préoccuper de ma ”communauté”, des réseaux sociaux, de ma notoriété, de ce que je représente. Et je le sais. Bon sang je le sais. D’ailleurs, combien de fois je ne te l’ai pas déjà rabâché ? Mais cette fois je sens que c’est différent. C’est vraiment différent.

Je suis rentrée bronzée, reposée, requinquée, sans aucune idée, mais avec cette forte intuition : tout couper (non, pas ”supprimer”). J’ai en tête l’exemple de JK Rowling, qui s’impose à moi comme un modèle. Elle n’avait pas internet. Pas d’Instagram, de Facebook, de toutes ces choses. Elle ne s’est jamais laissée déconcentrée par tout ça. Et bon nombre sont les grands écrivains qui ne s’en préoccupent pas non plus...

Depuis le temps que je le sais... Et aujourd’hui j’ai 35 ans. Ma sœur, qui a 5 ans de plus que moi, vit complètement déconnectée de tout ça. Elle n’a ni Facebook, ni Instagram, et encore moins Twitter. L’autre jour, tellement déconnectée, elle nous a demandé : ”Mais c’est quoi en fait ”Balance ton quoi?” d'Angèle ?”. Même si d’instinct nous avons ris de son innocence (à 40 ans), par la suite j’ai ressenti beaucoup d’admiration. Elle était vierge de tout un tas de trucs. Elle mène une existence heureuse, créative, entourée de son mari et de ses enfants. Loin de tout ce qui se passe dans le monde 2.0.

Je te l’ai déjà tellement dit. J’aspire à ça. Alors fini Instagram, fini Twitter. Revenir à l’essentiel : écrire (sur le blog et la newsletter, puis peut-être sur Facebook que j’ai si bien filtré). M’éloigner des sirènes trop tentantes de l’apparence. De la vie parfaite. Du faux. Du paraître.

Oui. C’est ça. Je ne suis pas une influenceuse et je ne veux pas l’être. Je suis une maman. Je suis une artiste (j’ose le dire). Je suis une auteure, une écrivain. Je raconte des histoires. Et je ne veux plus que me concentrer là dessus : rechercher la joie dans la créativité. Rechercher la joie tout court !

J’ai 35 ans et ma fille va déjà avoir un an. Il est temps de tourner des pages. Et vraiment commencer ce nouveau chapitre.

jeudi 23 mai 2019

Je t'aime, moi non plus

Je l'ai encore fait. J'ai laissé mon égo prendre le dessus. A relire tout le contenu que j'ai écrit sur mon blog ces dernières années, il est évident que la source du problème est là. Je laisse mon égo prendre le dessus. Tout le temps.

Mon égo, je l'ai appelé Martha Stewart. Et j'en avais déjà fait un (très bon) article à l'époque. Mon égo, c'est lui qui veut briller en société, qui veut faire du chiffre. Qui veut des explications. Il pense qu'il y a une manière de réussir sa vie, et une manière de la rater.


Oh mais je te rassure, mon égo ne me veut pas que du mal. Il veut me protéger aussi. Il tente par tous les moyens de me faire rester dans ma petite zone de confort. De cette manière on ne tombe pas, on n'est pas déçu, on ne se fait pas mal. L'égo c'est la peur, c'est cette petite voix qui te dit que c'est mieux de ne pas essayer, car il faudra faire des efforts, avoir du courage. Et l'égo, il n'est pas très courageux.


Avec le blog, avec Instagram, c'est souvent mon égo que je laisse parler. On a des discussions très organisationnelles lui et moi : "Alors si tu postes cette photo, et que tu utilises tel hashtag, c'est certain ça fera un carton. Pour le blog, si tu écrits tel article, on te lira. Bon si j'étais toi, je ne dirais pas qui tu es, et je n'essaierai pas autre chose. Déjà que tu m'as fait accepter l'idée de ton livre… Avoue c'était quand même gros… Alors ta nouvelle lubie de collage photo, faudrait pas trop poussé Martha hein."

Et il prend le dessus.

Je suis sûre que tu vois exactement où je veux en venir. Que toi aussi tu as cette petite discussion interne constante avec ton égo. Qu'il t'empêche de réaliser des grands choses parce que lui et toi, vous n'êtes pas tout à fait d'accord avec la définition de "grandes choses". Ton égo il pense que ta vie devrait être comme un reportage de TF1 : se lever tous les matins à 5h et tout plaqué pour aller vivre sur une plage du Brésil. Alors que toi, dans le fond, tout ce que tu veux c'est réussir cette tarte aux pommes qui te rappelle aux bons souvenirs de ton enfance.


Mon égo à moi, il me dit toujours que je dois accomplir des grandes choses sur le web. Que je dois monétiser mon blog, faire du chiffre, devenir une influenceuse, avoir plein d'abonnés. Alors que moi je ne me sens pas à l'aise avec tout ça. Pas à l'aise avec mon image, avec le fait de montrer ma vie en mode TV réalité. Je trouve ça trop facile et pas honnête d'abuser des techniques de digital marketing. Moi j'ai envie d'être une artiste, et pour être une artiste, il faut faire parler son coeur, ses émotions. Se demander : "Qu'est ce que je ressens là maintenant et comment le retranscrire ?"


Ce n'est pas évident de sortir de ce schéma, de faire taire cette petite voix. Pas évident d'arrêter de se comparer. Pourtant, c'est scientifique, ton cerveau se dirigera toujours vers le moindre effort, pour t'économiser de l'énergie pour les choses vitales de la vie. Ayant perdu son instinct primitif de combattre contre des vrais prédateurs (un lion, un mammouth, ou un homme des cavernes enragé), il considère les petits efforts de la vie comme des vrais dangers.


Pourtant tout va bien. Je te l'assure, tout va bien. On peut ouvrir un blog sans devenir une star du web. On peut avoir un compte Instagram sans jouer le jeu de l'algorithme. On peut réellement choisir ce qui nous fait vibrer, sans se complexer de la vie du voisin à qui semble tout réussir.


Du coup, j'ai repris mon clavier et j'ai demandé à mon égo de la fermer cordialement.


Pas mal, non ?





Pour aller plus loin :



dimanche 12 mai 2019

M. alias Odile Sacoche


J'ai regardé quelques minutes la barre verticale clignoter au début de cet article. Je ne savais pas vraiment si je devais l'écrire. C'est drôle, je ne me sens plus légitime d'écrire sur mon propre blog. Comme si, ce n'était plus vraiment moi. Comme si, ce n'était plus vraiment juste. Il s'en est passé des choses depuis mon dernier article en mars 2019. Et encore plus ces 8 derniers mois.


Tout d'abord je suis devenue maman. Et cela a chamboulé toutes mes priorités et mon quotidien aussi. Ma façon de m'organiser. De dormir. Tout. Je pensais que je t'en parlerai plus ici, et puis finalement pas. Venir ici, je ne le fais plus de manière instinctive.


J'avais repris la newsletter pendant tout un moment. Chaque semaine je vous envoyais des petites nouvelles. Et je dois t'avouer que j'adore ce format. Et puis pareil, j'ai décidé de mettre la newsletter en pause, elle aussi. Parce que cela ne me semblait plus juste. Parce que ce qui m'occupe en ce moment, c'est cette dualité entre M. et Odile Sacoche.


M. c'est moi, derrière mon écran. M. c'est Melody. Bon sang. C'est dit, c'est écrit. Je m'appelle Melody. Et je sens que je suis arrivée à un moment où j'ai envie d'être entièrement moi. Ne plus me cacher. Je veux dire, plus du tout.


Il y a un an, j'ai commencé à écrire un livre. Et là où je pensais ne plus tenir, il s'avère que c'est le projet qui me motive le plus depuis longtemps. Une amie m'a poussée à suivre un programme de coaching d'auteur, et je me suis prise au jeu. Mais surtout, c'est en allant faire un tour au rayon "Jeunesse" de la Fnac que je me suis rendue que c'est là que je voulais être. Tout ça, je l'ai partagé ces derniers mois dans la newsletter.


Voilà. Ca aussi c'est dit. Depuis un an, je suis en train d'écrire un roman jeunesse. Et il occupe (presque) tout mon esprit. Quand je me suis posée la question de la publication (car oui, je veux aller au bout des choses), j'ai su que c'était avec mon vrai nom que je voulais le publier. Parce que cela ne faisait aucun sens de le publier en tant qu'Odile Sacoche. Et d'ailleurs, qui est cette Odile finalement ?


Alors petit à petit, j'ai décidé de me réapproprier mon espace web. Moi, Melody. De mon vrai nom, Melody Miroir, auteure du blog Odile Sacoche. Il est encore trop tôt pour dire que je vais complètement tourner la page de ce blog. Trop tôt pour ouvrir un nouveau site à mon nom. Après tout, j'écris ici depuis plus de 8 ans. Ce blog m'a apportée tellement de chose.


Mais j'avais besoin que vous sachiez enfin qui je suis. Que vous puissiez suivre l'évolution de mes écrits aussi. En tant que Melody, et non pas en tant qu'Odile. Que mon nom apparaisse quelque part. Pour vrai.


... et puis, je voulais que ma fille soit fière de moi. Je voulais aussi que mes parents soient fiers de moi. Honorer le prénom et le nom qu'ils m'avaient un jour donné. Et dire à mon père : "Papa, je suis fière de porter ton nom".


Bonjour, je m'appelle Melody Miroir. Je suis une graine d'écrivain, et enfin, enfin, j'ai décidé de me révéler.

jeudi 21 mars 2019

Sweet 2016

L’autre jour je me suis mise à relire certains articles du blog que j’avais écrits en 2016. Plus j’avançais dans la lecture de mes articles, plus le sourire revenait sur mon visage. Non pas que je l’avais particulièrement perdu ces derniers temps mais plutôt que je ressentais tout ça avec un sourire plein de tendresse pour cette Odile de 2016.


Le premier truc que je me suis dit a été : "M’enfin, je faisais quand même des bons trucs en 2016 !". Je me souviens à quel point je manquais d’assurance à ce moment-là (et j’en manque toujours d’ailleurs). J’ai réécouté mes podcasts avec beaucoup de plaisir, en me disant que je me débrouillais quand même pas si mal. Puis je relisais mes articles en me disant qu’ils étaient quand même plein de bonnes attentions, de bienveillance, de motivation.



Je me suis dit aussi : « Bon sang mais qu’est ce qui a merdé ? À quel moment ai-je à ce point perdu confiance en ce que je faisais, en moi, en mes talents ? Pourquoi ai-je à ce point perdu toute motivation en mon blog, et foi en Odile Sacoche ? ». Aujourd’hui, 3 ans plus tard, avec du recul, et peut-être une vue attendrissante de maman, je me dis : « Mais c’était bien ! ». C'est marrant, en reprenant l'écriture de mon livre, après 6 mois de pause, j'ai ressenti la même chose. "Arrête donc de te torturer, ce que tu fais, c'est pas si mal !".


Ensuite, la deuxième chose qui m’a sautée aux yeux, c’est que je me suis rendue compte que je n’avais jamais eu peur de me lancer et d’essayer de nouvelles choses. Dans mon article « la fille aux mille projets » je te dresse le portrait d’une fille qui ne semble jamais satisfaite. Ce que j’ai vu, avec ces 3 ans de recul, c’est plutôt une fille qui ose, qui essaye. Ok, je n’arrive pas toujours là où je voulais initialement aller. Ok, je ne vais pas toujours au bout des choses. Ok, je n’ai pas toujours les résultats que je veux et souvent, je me plante. Mais j’essaye, et chose la plus importante, j’essaye toute seule. J’ai monté mon podcast toute seule, je me suis essayée à la photo, à la vidéo, j’ai pris un statut de free-lance, j’ai changé de carrière. J’ai fait ! De manière totalement imparfaite, mais je l’ai fait !


On en revient finalement toujours à cette phrase que je chéris tant « done is better than perfect » (le faire est mieux que le parfaire, ou encore, le mieux est l’ennemi du bien). En me relisant, je me suis re-motivée à continuer mes projets sur lesquels je suis occupée en ce moment (j’écris un roman, et j’en parle beaucoup dans ma newsletter : ces 2 projets qui me tiennent à coeur). Je me suis vue comme une lectrice qui découvre un blog et à qui cela fait du bien de lire ces quelques articles. En fait, je me suis... autocoachée !

Où est ce que je veux en venir ? Et en quoi cela pourrait t’être utile ? C’est que, depuis toujours, le blog (ou écrire dans un journal) m’a donné la possibilité de revenir en arrière et voir le chemin parcouru. Et je peux t’assurer que du chemin on en fait tous. Je ne suis pas une exception. Où étais-tu il y a 3 ans ? Tu as très certainement évolué depuis. Tu as essayé de choses qui ont réussies, ou non. Tu as rencontré des personnes qui t’on fait avancer ou non. Etc. Quand on repense à ces 3 dernières années, on ne peut que se demander ce qu’il en sera des 3 prochaines, non ?


J’aimerais pouvoir revenir sur cet article de blog que je suis en train d’écrire maintenant et ce, dès que j’ai un coup de mou. Dire à la future moi : « C’est bien ce que tu fais ! C’est bien aussi ce que tu faisais, et ce que tu feras ! ». Penses tu pouvoir  faire pareil ? Je ne peux que t’y encourager !


jeudi 21 février 2019

Suis ton coeur


J’avais prévu de t’écrire un article sur l’acné. Parce que j’avais vu dans les statistiques du blog que la majorité des lecteurs trouvaient mon blog précisément grâce à ces articles. Grossière erreur de ma part. D’abord de regarder les statistiques du blog, ensuite, d’écrire parce que « ça fait vendre ». Ou, comment se couper de sa créativité en 3 minutes. Heureusement, une amie m’a rappelé à l’ordre avec cette petite phrase toute simple « suis ton cœur ».


Je partageais d'ailleurs ce quote sur Instagram l’autre jour et depuis, je ne cesse d’approfondir cela. Souvent, on fait quelque chose parce qu’on pense qu’on devrait le faire. Parce qu’on a vu que lorsque notre voisin le faisait ça lui faisait du bien. C’est un peu le principe du marketing : « Achètes cette télévision, tu seras plus heureux ». Le développement personnel est devenu une forme de marketing aussi : « Lis ce livre et tu seras plus heureux, lève-toi à 5h30 du matin et ta vie changera ». Mais dans le fond, il n’y a pas de méthode pour « être heureux ». Il suffit juste simplement d’écouter son cœur. De l’écouter vraiment.

Poser ses intentions


Ce mois-ci, j’ai fait quelque chose que je n’avais jamais fait, j’ai posé mes intentions lors de la nouvelle lune. En suivant le petit guide « Mon cahier Lune » d’Aurore Widmer, j’ai ainsi noté les intentions que j’avais pour ce nouveau mois et les 6 prochains mois. Ce qui occupe mon esprit en ce moment, c’est Odile Sacoche. L’envie de retrouver cet entrain que j’avais en 2011 lorsque j'ai ouvert le blog. Aussi, j’ai demandé à la lune de m’aider à trouver un format qui me corresponde. J’étais persuadée que c’était la vidéo, parce qu’en tant que Content Creator, chaque jour, je reçois des mails de tendance web me disant que la vidéo est LE support à travailler en ce moment. Et pour cause, lorsque le prochain milliard d’utilisateurs arrivera sur le marché (l’Inde), nous serons encore plus bombardés de vidéos.


Mais la vidéo, soyons honnête, j’ai déjà tenté (comme la photo en son temps) et je n’arrive pas à me mettre dedans. Je ne me sens pas à l’aise de parler devant la caméra, et je ne me sens pas le talent (ni le temps) de monter des vidéos artistiques. Même si j’en ai les compétences.


J’ai donc posé mes intentions, et comme un bon petit soldat, j’ai attendu. Et puis, sans que je m’en rende compte j’ai recommencé à écrire. Dans mon journal pour commencer, sur Google Note ensuite. Et puis, une envie irrépressible, t’écrire des mails via la newsletter. Comme une idée ne jaillit jamais par hasard, j’ai décidé de la suivre. Et alors que je tapotais sur mon clavier, tout ceci m’est apparu comme une évidence. Et pourtant, je te l’ai déjà dit un milliard de fois. Mon format, c’est l’écriture. Cela m’a fait repenser à Anouk de Talented Girl qui n’écrit plus que sur sa newsletter et qui suit sa propre voix / voie.


J’ai beau tout retourner dans tous les sens, encore et toujours, j’en reviens toujours à ce point si facile : l’écriture. J’écris partout, j’ai un milliard de cahiers, un journal intime, j’adore faire du journaling, j’ai un tas de notes sur Evernote, et un début de livre sur Google Note. Ecrire. C’est là que je me sens à l’aise. Là pour moi que c’est facile, fluide, agréable. Là que je peux me perdre, mettre mes idées au clair, peu importe le support. Là, où je me sens moi.


On en revient donc au début de mon histoire : suis ton cœur. Parfois la réponse est juste devant ton nez. Suivre son cœur, te permettra d’être aligné(e). Ne fais pas les choses pour les autres, pour les vues, pour les partenariats, ou pour d'autres raisons extérieures. Fais-le pour toi, à l’intérieur, au plus profond, pour nourrir ton âme.


Alors, dis-moi ? Qu’est-ce qui te fait vraiment vibrer ? Si tu ne devais QUE suivre ton cœur, que ferais-tu ? Quelle est la première idée qui te vient en te posant ces questions ? C'est très certainement LA réponse !




Pour poser tes intentions, je te recommande le livre "Mon cahier Lune" de Aurore Widmer















mercredi 13 février 2019

Ma sélection de newsletters inspirantes


J'adore faire des petits sondages pour savoir ce que tu aimerais lire sur le blog. J'aime bloguer pour moi, mais j'aime aussi bloguer pour toi (sinon, je me contenterais d'un journal intime). Sur Instagram, on m'a justement demandé de faire un article sur les newsletters inspirantes auxquelles je suis abonnée. Et c'est vrai, que c'est devenu mon petit bonheur. Je suis même assidue à certaines newsletters que j'attends avec impatience dans ma boite mail. C'est mon petit rendez-vous à moi. Comme elles sont bien ciblées (et que je fais souvent un GRAND tri dans celles-ci), je les déguste comme un bon petit gâteau. Dans cet article, je te présente donc mes newsletters inspirantes préférées.


Change ma vie



J'ai découvert cette newsletter en écoutant le podcast de Clothilde. Aujourd'hui je n'écoute plus les podcasts, mais c'est vraiment LA newsletter que j'attends avec impatience dans ma boite mail. Chacun de ses mots résonne en moi quand je la lis. Clothilde a une plume simple, belle, touchante, juste. Elle fait de belles métaphores que l'on comprend tous. Je me souviens d'une de ses newsletters où elle comparait la vie à un jeu Mario Bros, avec le méchant en fin de level (qui représente nos difficultés). Elle n'écrit pas beaucoup de newsletter, la plupart sont pour annoncer la publication d'un nouveau podcast, mais quand elle en écrit une, mon Dieu. En écrivant ceci, je me dis que je devrais me faire un petit dossier pour garder ses lettres bien au chaud quand j'ai un coup de mou.


Matt D'Avela



Cette newsletter-là est en anglais. J'adore les vidéos de Matt (un minimaliste, un vrai, mais qui aborde aussi le développement personnel comme personne). Je le trouve très inspirant. Comme Clothilde, il n'écrit pas beaucoup de newsletter, mais il y a toujours quelque chose de juste chez lui. J'aime assez bien ses valeurs. J'ai commencé à le suivre quand il avait moins de 10k de followers sur Youtube, il a dépassé les 900k entre temps, et pour autant, il est toujours juste dans ses propos, simple et pas prétentieux. Matt est aussi le réalisateur du film Minimalisme que tu retrouves sur Netflix (et que j'ai dû regarder au moins 4 fois). Ok. Matt c'est un peu ma référence. Je suis extra fan de son travail.


Explore !



Explore, c'est la newsletter de Marie (du blog, tribulations de Marie). C'est une newsletter créative et super inspirante. Marie je l'admire beaucoup. Elle avait une vie d'employée et elle a tout quitté pour vivre de sa passion : l'aquarelle. Chaque semaine (le lundi), elle nous donne des astuces pour vivre de sa créativité, se créer des challenges, nous aider en cas de panne d'inspiration,... Et ce qui est bien ce que cela n'est pas lié à l'aquarelle. On peut tester sa créativité dans plein de domaine. Cette newsletter-là, je lui ai créé un petit dossier spécial, dans lequel je viens picorer quand j'ai besoin d'idées, quand je bloque devant une page blanche. Marie propose souvent des exercices : sa newsletter est mieux qu'un bouquin et elle est super utile.


Trucs de blogueuse



On ne présente plus Mia (du blog, Trucs de blogueuse) qui est une super star en matière de SEO et astuces de blogo. Jeune maman, elle avait mis ses activités entre parenthèse mais a repris de plus belle en ce début d'année. J'adore sa newsletter car à chaque fois que je la lis, je souris. Mia à un ton bien à elle. Je la trouve drôle. Sa newsletter c'est avant tout une newsletter instructive, qui m'aide à y voir clair dans mon blog (et me tenir au courant de tout ce qui se passe sur la blogo, d'un point de vue théorique). Et puis recevoir sa newsletter, c'est me rappeler comme bloguer c'est fun. Ça me donne des idées, et l'envie de faire bien à nouveau.


Toütep



Je suis un peu tombée par hasard sur cette newsletter de Toütep. A vrai dire, je le suis sur Facebook, et j'aime ses petites publications motivantes et inspirantes. Du coup je me suis abonnée à sa newsletter. Quand j'ai commencé à écrire mon livre (oui, j'adore glisser subtilement des infos dans mes articles, d'ailleurs je te l'avais brièvement dit dans mon article "La fille aux milles projets"), j'ai eu une belle panne sèche (et j'en ai encore d'ailleurs). Je ne savais plus comment m'y prendre. Et comme par hasard (mais on sait maintenant que le hasard n'existe pas), je reçois la première newsletter de Toütep qui nous invitait à lui expliquer notre blocage. Ce que j'ai fait. Et il m'a répondu. "Commence par 10 minutes" m'-a-t-il dit. Et une heure plus tard j'écrivais toujours. Ses newsletters sont longues à lire, mais elles valent le coup et sont vraiment motivantes. Je recommande donc !


Et toi ? Est-ce que tu lis aussi des newsletters inspirantes ? Quelles sont celles que tu adores lire ? Sache que tu peux également t'abonner à ma newsletter (je te mets le lien ci-dessous), j'y écris parfois des petits mails secrets.

mercredi 30 janvier 2019

Le blog est-il mort ?


Qu’on se le dise, j’ai été la première à déserter mon blog. Ça fait même un moment que je traine dessus sans trop savoir où aller. Puis j’ai découvert Instagram et j’ai trouvé ça d’une facilité déconcertante. On pouvait écrire des micro-notes sous ses photos, faire des stories, et partager avec « sa communauté » de manière instantannée. Le blog, a donc perdu de son attrait. Rédiger un article cela prend du temps, faire des photos, parfaire un peu son SEO, répondre aux commentaires, etc. On peut vite se laisser décourager.





Et puis, je me suis perdue dans l’instantané moi aussi. Je ne vais pas te mentir, longtemps mon but ultime a été d’atteindre le fameux 10k. J’en ai regardé des vidéos, et lu des articles pour comprendre comment augmenter le nombre de mes followers. Pour avoir testé toutes ces techniques je peux te dire qu’elles fonctionnent et c’est assez déconcertant (plus tard, je serai heureuse d’avoir appris tout ça, puisque je suis devenue CM d’une grosse boite dont je gère le compte Instagram, mais, passons). Mais en fin de compte, rien de naturel ne ressortait de tout ça. Il faut se « forcer » à aller sur les autres comptes, commenter, liker, suivre à tout va et au final, Instagram devient super chronophage. 





Quand enfin j’ai acquis un nombre correct (soit 7000 abonnés), à deux doigts de mon but ultime, Instagram a changé son algorithme et est parti à la chasse aux faux comptes. Et on est tous victime de ces fameux faux comptes. Mon nombre d’abonnés a commencé a diminuer petit à petit (pour retomber à 6000). Et l’attrait que je retrouvais dans Instagram (la simplicité) a commencé à disparaître lui aussi. Je n’avais pas envie de donner autant d’effort pour ce fameux but. Je n’avais pas envie de passer des heures sur mon téléphone pour aller à la pêche aux abonnés. J’ai commencé à moins poster aussi. 





Sans compter que je n’ai jamais vraiment été très douée en photo. J’ai commencé à me sentir mal à la vue de tous ces beaux comptes (qui grimpaient en flèche). Je me disais que je n’avais pas assez de talent, que j’étais nulle. Je ne suis jamais arrivée à avoir un feed uniforme plus de quelques mois. Il a fallu commencer à réfléchir à ce que j’allais poster, quand, dans quel ordre. Est-ce que ce sera joli si je poste ça avant ça ? Oui mais j’ai posté une photo en noir et blanc hier, et si j’en reposte une aujourd’hui ça va casser l’uniformité ! Oui enfin... Quelle uniformité ? Je ne suis pas bien loin.





Pas plus tard qu’en septembre, avant la naissance de Miss Ouistitie, je me fixais encore ce fameux objectif. Et à titre d’expérimentation personnelle j’ai encore testé toutes les techniques pour défier l’algorithme de l’enfer. Et ça marche. Ça marche vraiment. Mais le jeu en vaut-il vraiment la chandelle ?





Ces 4 derniers mois, j’ai donc, un peu tout laissé tomber. Pour une noble cause : ma fille. Pendant 4 mois, j’ai vécu dans ma bulle. Sans même savoir ce qu’il se passait dans la vraie vie. Mon homme me tenait au courant des dernières nouvelles et des informations. C’est un sentiment étrange d’être déconnectée à ce point (et pourtant je passais encore bien trop de temps sur Instagram et en stories à raconter ma vie). Puis janvier est arrivé, retourner travailler, me replonger dans tout ça (je suis CM, tu te souviens ?) et lire tout un tas d’articles pour connaître les tendances 2.0 de cette nouvelle année 2019. Il fallait que je m'informe !





Entre temps, j’ai continué à suivre mes inspirations comme Matt D’Avella dont je te parlais dans un de mes derniers articles. Comme je le disais sur Instagram (encore lui) il a dit une phrase dans un de ses podcasts qui a vraiment résonné en moi : « I’m not a blogger, I’m a filmmmaker ». Et je me suis rendue compte, que pour moi, c’était tout l’inverse. Je suis une blogueuse. Et c’est ce que j’ai toujours été. Franchement, je suis nulle en photo, en vidéo. Je suis assez douée pour associer les images entre elles, et faire des moodboards. J’aime le beau et l’esthétique (de par ma formation artistique), mais je suis avant tout, quelqu’un qui écrit. 





Prendre conscience de ça, m’a donné envie de me reconnecter à l’écriture. Mon talent. Tu vois quand je te disais plus haut que je n’avais pas de talent, c’est bien faux, c’est juste que je n’ai jamais vraiment donné toute mon attention à mon « vrai » talent. L’écriture. Et je dis ça sans aucune prétention. Un talent c’est ce que tu arrives à faire en t’y perdant totalement : tu le fais sans voir passer les heures, ça coule de source, c’est facile et ça te fait du bien.





Et comme ça, j’ai recommencé à écrire ici. 





Comme il n’y a pas de hasard, hier, je suis tombée dans mon fil Twitter (que j’ai repris aussi) sur 2 articles très intéressants qui parlaient de l’avenir des blogs (je vais te les mettre en fin d’article). Le constat était celui que j’étais en train de faire : les réseaux sociaux te bouffent une énergie de dingue et rien n’est jamais sûr dessus. Instagram, qui appartient à Facebook, change d’algorithme sans cesse, et on ne sait jamais sur quel pied danser. Ton contenu est montré à seul 10% de tes followers, et puis l’algorithme décide si oui ou non, ça vaut la peine de le montrer au reste du monde, selon un calcul savant. Depuis 2 ans, on voit fleurir sur Youtube des vidéos du type « Comment déjouer l’algorithme d’Instagram ». On te parle de l’engagement, du nombre de mots par commentaires, du nombre de like à l’heure etc. C’est assez effarant (comme je te le disais, je suis devenue super calée sur le sujet, je passe mon temps à lire ce genre d’article... pour le boulot maintenant). Mais, que fait Facebook de tout ce contenu ? Que se passerait-il si demain le géant décidait d’arrêter Instagram ? Où partiraient toutes ces photos ?





Les auteurs de ces 2 articles se rejoignaient sur un point : finalement ton blog t’appartient. Même si Google peut faire des siennes et que le SEO reste un outil assez compliqué à maîtriser à la perfection (là encore, c’est un métier à part), tu peux choisir de faire ce que tu veux sur ton blog. Et si tu as des lecteurs fidèles (ce que j’ai, merci vous, je vous aime), alors c’est strike. On ne parle plus de 10%. C’est du 100%. Penses-tu, si tu as 10 lecteurs fidèles, tes 10 lecteurs ont une vue sur ton contenu. Alors que sur Instagram, seul 1 followers de ces 10 ne le voit. C’est effrayant, non ?





N’oublions pas non plus que Facebook change ses règles de confidentialité tous les 26 du mois. On ne sait jamais bien comment se protéger dessus (je n’ai d’ailleurs toujours pas de vrai profil sur Facebook). On soupçonne même Facebook d’écouter nos conversations pour mieux cibler sa pub... Ah oui... J’oubliais les pubs à foison sur Instagram ! Sur ton blog, tu peux choisir aussi ce que tu veux voir afficher. Accepter ou non tel partenariat etc. C’est toi le boss !





Alors que tout le monde dit que le blog est mort, il s’avère que depuis mon congé maternité j’en lis de plus en plus et aujourd’hui, j’ai envie de produire du contenu à nouveau. Sans copier le feed de la voisine et avec mes propres règles. Sans courses aux abonnés, ni aux vues. De manière naturelle, comme avant. Comme quand je prenais mon clavier parce que j’avais le moral en berne et que ça me faisait juste du bien d’écrire.





En 2019, quand les jeunes marchent pour le climat, et leurs parents achètent en vrac, j’ai le sentiment que nous sommes prêts à revenir à quelque chose de plus naturel. De consommer mieux. Même sur le net.





Alors le blog est-il mort ? Je crois que tel un phœnix, il est en train de renaître de ses cendres.









Pour aller plus loin :





Interview d'Anne Montecer, directrice éditoriale d'Hellocoton





Les réseaux sociaux sont morts, vive les blogs !





le blog est-il mort

jeudi 24 janvier 2019

La fille aux milles projets


Je suis la fille aux milles projets.





J’ai dans mon tiroir un roman, dont j’ai écrit 3 chapitres. Un moodboard fait avec amour et un classeur rempli de fiches personnages.





Une machine à coudre qui prend la poussière, et dont la housse jaunit d'être trop restée devant la fenêtre.





Un Moleskine noir, acheté avec amour, accompagné de ses feutres, toujours emballés.





Le livre d’August Wren, pour
m’encourager à dessiner chaque jour… Griffoné, raturé, gondolé, abandonné.





Un carton avec un mini stock de
Sacoches, que j’avais dessinées, brandées, vendues en partie sur Etsy au côté
d’un pack de logo.





Un podcast avec un jingle travaillé
sur Garage Band et englouti lors du dernier crash de mon Mac.





Des lingettes lavables et des bocaux
en verre gardés soigneusement, pour acheter en vrac. Parce que "vrac is
the new black".





Un compte Pinterest plein d’idées
pour plus tard…





Un blog, souvent désert.





Je suis la fille aux milles projets. Celle qui commence, et qui ne termine pas. Qui se réjouit d’avoir trouvé une idée, qui fait des collages et qui rempli des fiches en se disant : « C’est bon, cette fois ça y est, j’ai l’idée du siècle » puis qui laisse tout tomber 2 minutes après. Faute de temps, de motivation, de courage, de tripes. 





Je suis la fille aux milles projets qui s’emballe à chaque idée. Pleine de passion, d’entrain, d’envie. Qui a les yeux qui pétillent et qui parfois n’en dort pas. Qui raconte et à qui on dit : "Tu iras loin dans la vie".





Je suis la fille aux milles projets, douée pour encourager les autres et leur trouver un plan parfait. Pleine de bons conseils, d’article de blogs à lire et de vidéos YouTube motivantes. 





Je suis la fille aux milles projets, qui se compare et se décourage. Qui traine devant Netflix. 





Consistency. C'est ce mot anglais
qu'on ne traduit pas. Celui qui veut dire d'être régulier. De faire. De tenir
bon. Celui qui me manque quand je commence quelque chose. 





Je suis la fille aux milles projets. Celle qui a peur de l'échec. Qui se terre, se carapate, se défile. Qui attend. Qui regarde. Et qui se dit que ce n'est pas si grave, si "elle ne va pas loin". Parce que c'est où loin ? C'est quoi loin ? C'est quand loin ?





Je suis la fille aux milles projets, dont le plus beau, est celui d'être maman. Celui que je ne pourrai jamais abandonner. Celui qui me donnera peut-être envie de reprendre les autres. Pour pouvoir dire un jour à ma fille : "Regarde ! Regarde tout ce que ta maman a fait."





Je suis la fille aux milles projets. La maman fière de l’être. La rêveuse. L’amoureuse. Je ne suis plus celle que j’étais hier et pas encore celle que je serai demain. Un jour j’ai une idée, et cela me rend heureuse. Le lendemain elle m’abandonne et je la garde pour plus tard. Car les idées voyagent, et je voyage avec elles. Up. And down.





On dit que la vie c’est ce qui se passe quand nous sommes en train de faire des plans. Des projets. Je suis donc la fille aux milles projets. Je suis, la vie.













PS : J'ai volontairement fermé les commentaires de cet article. Je sentais ce billet plus comme une humeur, une inspiration, et je pense publier à nouveau ce genre d'articles de temps à autre, comme je le faisais avant, ou dans la newsletter, sans pour autant vouloir "partager" à ce sujet :) Ceci étant dit, il vous est toujours possible de venir me faire un coucou par mail ou sur Instagram.


mercredi 16 janvier 2019

En 2019 je veux lire plus... #30dayschallenge


Cela fait quelques mois que je suis abonnée à ce que j’appelle “des bonnes newsletters”. Des newsletters inspirantes, que je déguste comme un petit biscuit quand je prends le temps de les lire. Il y a par exemple celle de « Oui change ma vie », celle de Caroline Renwart ou encore celle de Matt D’Avella, mon minimaliste modèle (qui est d’ailleurs le réalisateur du documentaire Minimalism sur Netflix). Dans sa dernière newsletter il parle de faire des challenges de 30 jours. J’avoue que j’ai lu entre les lignes et ce que j’ai compris c’est plutôt que de faire une résolution, essayer des petits challenges pour « vivre mieux » (et qui sait, une nouvelle habitude en sortira). Dans cette idée, Matt D’Avella propose de s’attaquer à des petites choses plus ou moins simples : lire, manger plus de légumes, boire de l’eau, faire du sport, méditer, tenir un journal, … J’ai trouvé cette idée vraiment top et j’ai décidé de m’y coller.





Depuis quelques temps je ne cesse de me dire que je veux lire plus. Surtout parce que ces 4 derniers mois, j’ai plus traîné sur Instagram Netflix que dans mes bouquins. Mais c’est bien joli de dire « je veux lire plus » et ne pas prendre le temps de dégager du temps pour le faire. Donc j’ai décidé de me lancer dans ce petit challenge de 30 jours : 30 jours pour lire plus. Comme c’est toujours mieux de l’annoncer publiquement, comme ça, inconsciemment tu dois rendre des comptes, je me suis dis que le blog serait l’outil parfait pour rendre ces fameux comptes (et par la même occasion, j’aimerais aussi, à nouveau, bloguer plus #dunepierredeuxcoups).





Lire plus, pour moi ça signifie, chaque jour, prendre le temps d’ouvrir un livre et d’en lire au moins 1 chapitre. Soit, une dizaine de pages. Chaque jour, prendre au moins 15 minutes pour lire, plutôt que de scroller sur mon téléphone. Et je te parle de lire un vrai livre, pas un article de blog ! C’est quelque chose de tout à fait réalisable puisque je prends le train, et que, quand ma fille est couchée, plutôt que de traîner sur des écrans, je peux lire un peu.





Et puis, en 2019, j’ai décidé aussi d’arrêter de me mettre la pression pour que tout soit parfait. J’ai compris ces 4 derniers mois qu’on fait bien comme on peut. Non la maison ne doit pas toujours être nickel, non mon article de blog ne doit pas toujours faire 1000 mots, non je ne dois pas publier chaque jour sur Instagram. Je peux nettoyer la douche un soir en rentrant du boulot, et la baignoire le weekend qui suit. Je peux décider de passer le balai rapidement, plutôt que l’aspirateur. Je peux faire des stories ultramoches si ça me chante bien, et le lendemain faire un truc plus chiadé. Je peux écrire un petit article simple comme celui-ci, qui ne me demande pas beaucoup de temps, et qui pourtant me tient à cœur.





… Et je peux lire aussi, juste quelques pages. Chaque jour. Sans pour autant enfiler 1h de lecture et terminer un bouquin. Tu sais, c'est le fameux 1% de ta journée.





Du coup, en 2019, je veux lire plus, et aujourd’hui je me lance dans ce petit challenge de 30 jours.





On fait le bilan le mois prochain ?


mercredi 13 juin 2018

[BILAN] Mon blog, la blogosphère et moi

Il y a quelque temps, avec mes amies Caroline et Mia de Trucs de blogueuse, on s'est posé la question du "pourquoi bloguer". Et bien que pour moi la réponse était évidente, j'avoue que mon rapport au blogging a beaucoup changé ces derniers temps. Depuis cette fameuse coupure internet en septembre dernier en fait. Tu le sais, je ne m'en suis jamais cachée, et je t'ai toujours fait part de mes états d'âme ici. Cependant depuis quelques mois je retrouve une vraie sérénité avec mon blog, mon rôle de blogueuse (ou d'influenceuse, appelle-moi comme tu veux) et j'ai vraiment réussi à lâcher prise par rapport à plein de choses. Cet article me trottait dans la tête depuis quelque temps. Je n'étais pas sûre que ce soit vraiment "relevant" pour toi, mais je pense qu'une partie de moi avait envie de faire le point. Parce que j'ai toujours essayé d'être honnête et transparente avec toi, et que, de mon point de vue, ça a toujours fonctionné.

Bloguer, un hobby avant tout


Quand j'ai commencé à bloguer, il y a 8 ans, je le faisais par "ennui". J'avais besoin de me trouver un truc sur le côté pour occuper mes dimanches. J'ai toujours tenu un journal intime mais là, j'avais besoin d’interactions. Cette époque était facile, sans remise en question. Je bloguais quand ça me chantait, des petits textes, des humeurs, sans ton particulier, en amateur. Je n'essayais pas de me faire remarquer, même si je traînais déjà beaucoup sur la plateforme Hellocoton pour me créer "un cercle". J'aime revenir à mes premiers articles de blog, surtout un des plus lu, et à mon sens le plus bidon que j'ai pu écrire : un article sur Neville Londubat. Ce qui est drôle c'est que je viens de commencer à lire la saga Harry Potter (oui, je n'ai vu que les films). C'est comme un retour aux sources. Peut-être est-ce parce que je suis en train de construire un petit être humain, mais ces derniers mois j'ai vraiment eu ce besoin de "retour aux sources". Revenir en arrière. Me souvenir de qui je suis, et qui j'étais aussi : mes rêves d'enfant VS. mes rêves d'ado.

Ecrire, partager, bloguer.


Le blog a commencé à prendre de l'ampleur. En 2012, j'ai perdu mon travail suite à une faillite. Je me suis retrouvé 6 mois à la maison et j'ai eu ce besoin de partager mes peurs face au Grand Méchant Chômage. Alors que le blog était un hobby, il est devenu une thérapie. A cette époque, j'ai tenu un rythme d'un article par jour. J'ai lancé les Sunday Nail Battle (je pense que j'ai par contre supprimé tout ce contenu entre temps), et mon "cercle" s'est agrandi. Petit blog aux petits textes, a commencé à devenir grand blog. J'ai dépassé les 50.000 visiteurs uniques par mois (c'est d'ailleurs l'unique fois que je te mentionnerais ce chiffre, moi qui n'ai jamais été attachée aux statistiques). Et j'ai commencé à envisager ce blog d'une autre façon. Au chômage, je pensais à cette solution : "Et si un jour, par chance qui sait, je pouvais en vivre ?" Aux grands maux, les grands remèdes, j'ai commencé à m'intéresser au SEO et à toutes ces techniques pour faire d'un petit blog, un grand blog. Sans le savoir, je me suis formée à un métier aujourd'hui très recherché (je suis content creator web et community manager). J'ai eu des partenariats, certains étaient payés (certains le sont encore parfois, mais très rarement) et j'ai reçu beaucoup de choses. Beaucoup. Beaucoup. Beaucoup !

Du trop plein...


Je ne vais pas te raconter toute mon histoire. Si tu me suis ici depuis longtemps, tu connais toutes les étapes et réflexions par lesquelles je suis passée. Mais tout ça, un jour, c'est devenue trop. Je mangeais blog, je dormais blog, je me calais des horaire pour bloguer, je "bossais" sur le blog jusqu'à 22h ou minuit, et tous les dimanches aussi. Je refusais parfois des invitations pour pouvoir venir à bout d'articles, prendre de l'avance, honorer mes partenaires. J'ai passé des vacances scotchées à mon téléphone, avec mon MacBook sur les genoux, à scruter les chiffres, à lancer ma boite. J'allais aux events 3 à 4 fois par semaine. Pour rencontrer des filles pas toujours sympas (oui j'accuse). Et pour rencontrer en fait... Du vent. Parce que tout ça pour moi aujourd'hui, c'est du vent. On n'est pas heureux avec 25 000 palettes, 312 rouges à lèvres, du maquillage à ne plus savoir qu'en faire, des obligations, du temps où on court partout. Et franchement, ne croyez pas que les blogueuses gagnent 10.000 euros par mois. Si je me suis fait au total 2000€ avec tous mes contrats de blogs en 8 ans, c'est beaucoup. Enlève à ça les cotisations, la TVA, les impôts. Non, je n'en ai pas vécu.

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... vers le minimalisme


Et j'ai découvert le minimalisme. Il m'a sauvée des griffes de cette société de consommation. Ma filleule (qui a 11 ans aujourd'hui) a commencé à me suivre sur Instagram il y a quelques années. Et je voyais ses petites copines qui voulaient faire comme les blogueuses beauté et être couvertes de rouge à lèvres. Ces mêmes blogueuses beauté que je suivais qui ont commencé à faire de la chirurgie esthétique, et à se critiquer les unes les autres dans le dos de chacune (mais où donc passer la valeur d'intégrité ?). S'intéresser à toi ? A tes passions ? A ce que tu aimes ? Jamais ! Échanger un numéro de téléphone pour prendre de tes nouvelles ? Non ! Le cercle est un carré ouvert... C'est comme ça que, radicalement, j'ai tout bazardé. Le minimalisme ce n'est pas que s'encombrer de choses, c'est aussi s'encombrer de relations ou d'activités qui ne te font pas du bien. J'ai jeté, trié, donné, vendu. Cela fait un an que je tente de revenir à l'essentiel, tant dans ma vie de blogueuse que dans ma "vraie" vie. Le temps est trop précieux que pour être gaspillé avec des gens qui ne savent pas vraiment qui tu es. Le temps est trop précieux pour le passer à dépoussiérer toutes ces choses dont tu n'as pas vraiment besoin. Le temps est trop précieux pour le passer dans les magasins histoire d'avoir la dernière paire de pompe à la mode.

Le temps mes amis. Le temps. Il est si précieux.


Cette année j'ai redécouvert mon temps. Plus d'obligation, plus de partenariats, plus d'event, plus de goodies à ne plus savoir qu'en faire. Quand je me lève le dimanche matin, je me dis de manière merveilleuse : "Qu'est ce que je vais bien pouvoir faire aujourd'hui". Depuis que j'ai ma maison et mon jardin, je peux rester sur la terrasse à lire un bon livre, flâner, papoter avec mon homme. Parfois, j'ai envie de bloguer (en avril par exemple, j'étais très inspirée), parfois pas (en mai, c'est autre chose). Je refuse presque tous les partenariats, et je n'accepte que ceux qui me font vraiment plaisir. Je me dis que tout le monde doit y trouver son compte. Je ne me force plus avec des deadlines, des listes, des plannings, des séances photos, des... JE DOIS ! J'ai supprimé ma page Facebook, j'oublie d'aller sur Twitter, je n'envoie presque plus de newsletters, je ne fais plus gaffe aux boules vertes de mon outil YOAST. Je suis redevenue une amatrice qui écrit des articles sur Neville Londubat. Mon téléphone est constamment en silencieux, et parfois je ne poste rien sur Instagram pendant plus de 7 jours ! En fait, j'ai arrêté d'être une femme sandwich 2.0. J'ai enfin décidé de m'écouter. Pas les autres, pas la société de consommation, pas internet : moi. Et moi seule. Ce blog est redevenu un hobby. Un ami que j'oublie parfois, et vers lequel je reviens quand j'en ai le temps et l'envie. Une fierté aussi, un outil qui m'a beaucoup appris. Mais plus jamais une obligation.

Mon avis ? Tu devrais essayer... Ca fait un bien fou de se libérer des chaines que l'on se met souvent tout seul.

lundi 23 avril 2018

Don't let anyone eat your sandwich

Cette phrase ne cesse de tourner dans ma tête depuis que je l'ai entendue. "Don't let anyone eat your sandwich". Et je pense même qu'elle agit comme un doudou dès que j'y pense. C'est lors des UBA Trends Day (des conférences marketing dédiées aux entreprises) que je l'ai entendue, sortie tout droit du discours du premier orateur Joseph Jaffe. Comme je ne cesse de me la répéter depuis quelques semaines, je me devais de partager avec toi comment cette phrase, un peu hors du commun, agit comme un pansement dès que je me la répète. Retour sur une histoire un peu cocasse.

UBA Trends Day. 15 mars 2018. 9h30. Joseph Jaffe prend la parole et raconte :
"(...) Un jour, je suis allée donner une conférence en entreprise et j'ai été surpris par une petite note qui pendait sur le frigo des collaborateurs. Celle-ci disait : "Hier, j'ai apporté mon sandwich fait-maison au boulot. Quelle ne fut pas ma surprise de voir qu'à midi, quelqu'un l'avait mangé ! Non mais dans quel monde vit-on ? Ce sandwich, c'est ma femme qui me l'a préparé, si ça se trouve, elle ne s'était même pas lavé les mains avant de le faire. C'était un sandwich emballé dans un aluminium, qui ne venait pas du supermarché. Qui mange ce genre de sandwich à part celui qui l'a préparé ? Non mais qu'est ce qui ne tourne pas rond chez vous ? J'invite tous mes collègues à cracher chaque matin dans leur sandwich, pour que ce voleur de sandwich soit pris à son propre jeu !" J'ai trouvé cette note plutôt amusante, mais ce qu'elle m'a inspirée, c'est qu'il ne faut jamais vous comporter comme une victime, et ne jamais laissez personne manger votre sandwich. (...) "

Joseph conclut son speech par cette fameuse phrase : "DON'T BE A VICTIM. DON'T LET ANYONE EAT YOUR SANDWICH !". Cette phrase que je ne cesse de me répéter dès que je sens mes épaules se baisser, et ma tête se courber.

Bien que cette histoire m'ait fait beaucoup sourire, et outre le fait qu'elle m'ait rappelé un épisode de Friends où Ross tombe en burn out après que quelqu'un ait mangé son sandwich, je l'ai trouvée pleine de sens. Sans doute parce qu'elle était accompagnée d'un contexte : un orateur motivant, un speech inspirant, des phrases toutes droites sorties d'un tableau "quotes" sur Pinterest,... Il n'empêche que depuis ce jour, plein de signes, d'articles, ou de vidéos arrivent à moi pour me rappeler de ne pas être une victime dans la vie. Du moins, ne pas se laisser le temps de l'être. Ne pas agir en tant que telle, ne pas tomber dans cette spirale. Chaque fois que je me la répète, je me souviens que j'ai le choix et surtout que je peux agir tout en gardant en tête une certaine bienveillance.

Finalement, quand on y réfléchit, c'est assez facile de se plaindre. Se plaindre à nous-même, ou chez les autres. On cherche un témoin qui pourra réparer nos petites injustices ou pourra nous dire qu'on a raison. Et c'est la le plus grand désir de l'être humain : avoir raison. Mais, est-ce qu'on se sent vraiment mieux après ? Est-ce que ce n'est pas simplement une fois de plus, notre satané ego qui veut prendre toute la place dans notre vie ? On se plaint même des autres qui se plaignent.

Je pense que pour sortir de ce rôle de victime, éviter de jouer les bourreaux tant avec nous-même, qu'avec les autres, il faut avant tout s'armer de bienveillance. La bienveillance parait être une évidence, et pourtant, ce n'est pas forcément ce qui nous vient à l'esprit comme premier instinct, tant on cherche à se protéger (de quoi d'ailleurs ?). On se parle souvent mal, on s'insulte (quand on se traite gentiment de nouille, oui, on s'insulte), on s'intolère (je suis sûre que ce verbe existe), on se fâche sur nous-même. Commencer par se parler correctement, nous mettre à l'honneur, nous permettra de garder la tête haute. Ensuite, quand nous aurons repris assez de notre pouvoir, on pourra envisager cette bienveillance envers les autres. Eviter de se retrouver dans ce schéma du "ce n'est pas ma faute, c'est la sienne" (même si parfois, on le sait, ce n'est vraiment pas notre faute). Il ne faut pas oublier quelque chose, c'est que chacun doit gérer ses propres poubelles. On a le droit de choisir si on est d'accord avec ce qu'on nous dit (ou avec une situation), ou si à l'inverse, on n'a pas envie de l'accepter (parce qu'elle ne répond pas à nos valeurs). Parfois, un reproche que l'on nous fait n'en dit pas long sur nous-même mais sur la personne qui nous le dit. Tout n'est pas toujours notre reflet, tout n'est pas toujours à prendre au pied de la lettre, tout n'est pas à prendre personnellement et c'est justement en faisant la part des choses, qui nous sortira de ce cercle de victime. Est-ce que dans telle ou telle situation nous sommes en train de sortir nos poubelles, ou celles de quelqu'un d'autres ?

A mon sens, cette phrase "don't be a victim, don't let anyone eat your sandwich" est pleine de puissance. Et comme je le disais dans un de mes derniers articles, nous devons reprendre notre pouvoir. Ce n'est pas facile, c'est vrai, mais être triste, malheureux, être une victime, ce n'est pas facile non plus.

Alors on redresse les épaules, on tient sa tête bien droite, on regarde devant soi, fièrement, et on ne laisse personne manger notre sandwich. On se rappelle qu'on a le droit d'être là, qu'on a le droit d'exister, d'avoir un avis, de l'exprimer. On a le droit de dire que telle situation ne nous convient pas, et la bonne nouvelle, c'est qu'on a aussi la possibilité de la changer. D'une façon ou d'une autre. A notre rythme car tout le monde sait que Rome ne s'est pas fait en un jour. Comme j'aime le dire, un pied devant l'autre.

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mercredi 11 avril 2018

Tout quitter et vivre dans une Tiny House

C'était il y a environ 4 ans que j'ai commencé à voir une coach. A l'époque, j'y allais pour mes soucis au boulot, parce que je me sentais perdue. Quand cette "thérapie" a commencé, c'était comme un jeu de domino. A chaque séance, un pan de ma vie tombait. Et je pense que j'ai eu besoin de détruire tout un tas de murs, pour en reconstruire de nouveaux. Je me souviens, un soir je lui ai dit : "Je veux tout quitter, tout arrêter. Partir vivre sur une île déserte, ne vivre que du minimum, et qu'on me foute la paix". Ce à quoi elle a répondu : "Mais qu'est ce qui t'en empêche ?". A l'époque ce n'était pas possible. J'étais propriétaire de mon appartement, en CDI, et follement amoureuse de mon homme (entre temps, je te rassure, je suis toujours follement amoureuse de lui). Partir était impensable, même si, ce désir me démangeait, au point parfois de me rendre malheureuse.

La solution à ce souci ? Une forme de méditation. Ma coach m'a alors suggéré de m'imaginer chaque jour sur une île déserte. Je rentrais du boulot et je criais à mon homme : "Je pars sur mon île". Chaque soir, je m'imaginais y vivre, y crier, y pleurer, y faire tout ce que j'avais envie de faire. C'était apaisant. C'était mon île. J'ai même créé une board sur Pinterest où je récoltais des images de mon île magique. Ce lieu où je pouvais me retrouver. C'était vraiment puissant. Petit à petit, j'ai commencé à aller mieux. Là où ma vie semblait être un vrai foutoir, j'ai commencé à tout reconstruire. Sur des bases plus solides. J'ai changé de boulot, je n'ai pas changé d'amoureux, mais nous avons déménagé, et nous avons même conçut ensemble la chose la plus magique qui soit : un enfant qui grandit dans mon ventre.

Et puis l'année passée, une épreuve un peu difficile est venu ébranler mes murs. Comme un mini séisme. Ce genre de truc que tu ne prévois pas, qu'on ne te dit pas, qu'on ne s'imagine pas. J'ai tenu mes murs, ils sont restés debout tant bien que mal. C'est à ce moment-là que j'ai commencé à m'intéresser au minimalisme. A faire le tri, désencombrer, vendre, donner, jeter. Cette envie de "tout bazarder" répondait à un besoin, à cette période difficile que je traversais (et que je ne pense pas aborder en profondeur ici). Depuis, dès que j'ai un coup de mou, je reviens au minimalisme. Il est la réponse à plusieurs de mes questions mais surtout il répond à mon besoin de simplicité. Moi qui me prends toujours la tête pour tout.

Plus j'ai avancé plus j'ai eu ce besoin de simplifier ma vie. De tout simplifier. De m'alléger. Ce qui s'est beaucoup ressenti ici sur le blog. Et j'ai poussé mes réflexions minimalistes au plus loin que je pouvais. Jusqu'à m'intéresser à la fameuse Tiny House.

Au début, j'étais juste admirative et vraiment curieuse du mode de vie de ces gens. Je trouvais ça chouette que certaines personnes repensent complètement le concept de "l'American dream". Partant dans un trip totalement opposé. Et puis je suis tombée sur un reportage (j'en ai tellement vu, je ne saurai te dire lequel) d'un gars qui avait quitter son full time job pour travailler à mi-temps comme barman dans un petit café de village. Il a vendu sa maison, pour vivre dans un petit appartement. Il passait ses journées à voir ses amis et à refaire le monde. Une idée s'est alors mise à germer dans mon esprit fertile : "Waw, ça doit vraiment être bien, de tout quitter et de vivre dans une Tiny House".

Quelques mois plus tard, j'achetais ma grande maison (toujours avec mon homme, toujours follement amoureuse de lui). Et puis je suis tombée enceinte. Et nous avons commencé à chercher des crèches. La réalité de la vie nous a vite rattrapés. La maison, l'emprunt, le bébé. Les courses, les factures. S'organiser, se lever tôt, ne pas dormir. Laisser son enfant, petit bébé, à une inconnue. Chaque jour. Chaque. Jour. Prendre le risque de ne pas le voir grandir, ne pas le voir faire ses premiers pas, courser après le temps, après l'argent. Pourquoi déjà je voulais une maison ? Ah oui ! Pour assurer une place confortable à ce futur petit moi. S'assurer qu'il (ou elle) ne manque jamais de rien. Lui offrir ce que parfois je n'ai pas eu. Oui mais pourquoi ? A quel prix ? On dit que le temps c'est de l'argent. Ne vaut-il mieux pas avoir plus de temps ? Pourquoi déjà je dois aller travailler ?

Est-ce que ce ne serait pas mieux de... Tout quitter et vivre dans une Tiny House ?

sam-bloom-341743-unsplash

Cette idée s'est faite de plus en plus forte. Elle me faisait même presque mal : il faut que je me débarrasse de toutes mes affaires. Que je coupe toutes mes dépenses. Que je vive comme une nonne boudhiste (mais amoureuse, pas folle la guêpe). Dans mon discours, je me suis même entendu dire plusieurs fois : "Mais notre société est horrible ! Pourquoi elle nous oblige à faire ça ? Se lever quand on est encore fatigué, aller dormir quand on resterait bien une heure de plus ? Mais pourquoi l'homme a inventé ce système cruel d'aller travailler ? On ne pouvait pas juste rester au temps des cavernes ? Juste vivre dans une grotte. Loin de tout ?" Jusqu'à ce lundi de Pâques un peu calme, où je me décide enfin de prendre le temps de regarder ma liste de "à regarder plus tard sur Youtube", dont ce reportage d'une heure sur la puissance de l'intention. Bien que le message de ce documentaire n'était pas du tout sur le minimalisme, une phrase, un discours, de quelques secondes a attiré mon attention. Un des coachs disait quelque chose comme : "Tout quitter pour partir vivre dans une grotte, se couper de tout et de tout le monde n'est pas la solution." Juste après cette phrase, il a comparé cet acte au suicide, aux problèmes d'alcool, de drogues.

Et BIM.

"Tout quitter et vivre dans une Tiny House, ce n'est pas une solution". C'est une fuite. C'est une solution de facilité. C'est couper un problème. Se couper du monde. Se couper de soi (il disait d'ailleurs quelque chose comme ça aussi). Je me suis mise à penser à tous ces couples qui partent faire le tour du monde avec leur sac à dos, en quête de sens. Et qui reviennent parfois un peu bredouilles. Inadaptés.

Je me suis rendu compte qu'en adoptant le discours de la Tiny House, je me positionnais en rôle de victime. Et dans le fond, quel est mon rôle à moi ? Qu'est ce que je fais moi pour faire changer les choses ? Pour faire cette fameuse différence ? Est-ce qu'en tout quittant pour vivre dans une Tiny House j'aurai un message fort à faire passer ? Non. Puisque l'idée est justement de disparaître... On remplace le rêve de l'American Dream par un autre rêve, plus simple. Mais au final, on continue de se comparer à la vie des autres, sans prendre le temps d'apprécier la vie qu'on a (...et que souvent, on a choisit). On remplace un problème par un autre. Mais tu sais, comme le vieil adage le dit, l'herbe n'est pas plus verte ailleurs. J'aime rajouter, que beaucoup de gens passent du temps à l'entretenir, à la colorer, la couper, la bichonner ou lui mettre un tas de produits chimiques pour la faire pousser. Cette herbe est une illusion...

Je pense que parfois, on doit juste s'asseoir face à soi. S'écouter. Se connecter. Se demander pourquoi on veut partir vivre sur une île déserte ou dans une Tiny House ? Pourquoi on veut cette vie-là en particulier ? Qu'est-ce qu'elle nous apporte de plus que celle que l'on a ? A quel besoin elle répond au juste ? Vivre dans une Tiny House répond à mon besoin de liberté. Mais en fait, je suis déjà libre. Le minimalisme répond à mon besoin de simplicité. Que puis-je alors amener dans mon quotidien pour assouvir mon besoin de liberté et de simplicité ? En fait, avoir le beurre et l'argent du beurre c'est possible.

Ce documentaire m'a fait comprendre qu'il fallait reprendre son pouvoir. Son propre pouvoir, mais le pouvoir de sa vie aussi. Comme le dit David Laroche : "Reprendre son pouvoir, c'est vrai, ce n'est pas facile. Mais être malheureux, ce n'est pas facile non plus. Alors que préfères-tu ?".

Tout quitter et vivre dans une Tiny House ? Plus aussi sûre...

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lundi 5 mars 2018

Faire la différence

Cela fait 10 minutes que je fixe l’écran.
Non ça doit bien faire 2 mois.
En y réfléchissant bien, je crois même que ça fait 2 ans. 2 ans que je tourne et retourne ce blog dans tous les sens. Je veux faire la différence, mais je ne sais pas comment. Je veux être droite, et juste et honnête. Je veux inspirer. Mais je ne fais rien.

En vérité j’attends. J’attends le bon moment. Le bon déclic, l’inspiration. J'attends d'être prête. Tu vois c’est toujours comme ça que j’ai écrit. Par instinct. Par « bons moments ». C’est maintenant parce que je le sens, et parce que j’ai quelque chose à dire. Et toutes les autres fois, je me dis que ce n’est pas si intéressant, que cela ne vaut pas le détour. Pas la peine. Je n'aime pas programmer, car je ne programme pas mes humeurs, ni mes réflexions. Tout ça a toujours été très instinctif.

Et puis je me compare. Ô je me compare. Celle-ci a trop de talents, celle-là dessine trop bien, cette dernière a de belles valeurs. Qui suis-je moi ? J’essaye de trouver mon identité, me démarquer, et en même temps je suis révoltée. Je veux que les choses changent, mais je n’ai pas le courage de le faire. Je suis comme fatiguée. Paralysée.

Un jour on m’a demandé combien de temps prenait un blog. 4h. C’est ce qu’il me fallait pour écrire un article : écrire, prendre des photos, retoucher, relire, SEOter. 3 soirs par semaine, et tous les dimanches. Je me souviens, un jour, mon homme m’a même demandé de me fixer des jours, parce que je bloguais trop, et ne vivais plus ma vie de couple. Je me souviens avoir passé mes vacances à scruter mon ordinateur, pendue à mon smartphone, en espérant que quelque chose décolle. Je me souviens avoir lu des blogs de stratégie, avoir eu des rêves, avoir écrit jusqu’à 22h, et parfois ne plus dormir car les idées fourmillaient. Cela me semble si loin...

Alors aujourd’hui, quand je repense à tout ça, je suis juste découragée. Je n’ai plus envie. Je me dis que ça n’en vaut pas la peine. Combien de temps faut-il pour faire la différence ? Combien d’énergie faut-il dépenser ? D’après-midi à consacrer ? Combien ?

Quand je vois les blogueuses qui ont du succès, que je vois leur compte Instagram qui ressemble à un magazine, des photos parfaites, léchées, travaillées, et des likes à vous en donner le tournis, je ne comprends pas. Le monde est-il si superficiel ? J’ai vu le TEDx de Leslie Couterand la semaine dernière et je ne cesse d’y penser. A-t-on besoin à ce point de s’évader de sa propre vie et de vivre celle des influenceuses par procuration ? Que cherche-t-on dans ces photos et ces histoires parfaites ? Quelles sont nos rêves ? Les nôtres à nous, pas ceux vaguement soufflés par la société ou inspirés d'un blog un peu trop parfait.

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Ça fait 10 minutes que je fixe cet écran. 10 minutes que j’attends. Non. Ça fait 2 mois que j’attends... 2 ans. Que quelque chose change. D'être prête. Que la grande roue tourne.

Il y a cette phrase en anglais que j’adore, et dont je ne trouve l’équivalent en français : « Done is better than perfect ». N’attendons plus pour faire ces choses que l’on veut faire. N'attendons plus pour faire la différence. Attachons-nous au processus, et non au résultat. Je pense qu’elle est là, la solution.

Done is better than perfect.

En selle !

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PS : J'ai repris aussi la newsletter, où je te donne de mes nouvelles loin des yeux de tous, de manière pas ponctuelle du tout.


Si l'envie te dit, c'est à droite qu'il faut s'inscrire.

mardi 12 décembre 2017

Notre âme est une jolie plante

Il y a une métaphore que j'aime beaucoup dans le développement personnel, c'est celle de la plante, du jardin. Plusieurs fois, j'ai lu qu'une relation était comme un jardin qu'il fallait entretenir, avec son lot de mauvaises herbes et de jolies fleurs. Que notre âme était une plante qu'il fallait arroser, soigner, chérir. Récemment, je suis tombée nez à nez avec d'autres jolies métaphores. L'une d'elles concernait les relations amoureuses et disait que l'amour était comme une plante dans notre appartement. Si on oubliait de l'arroser un jour, la plante survivra. Que ce n'était pas d'oublier de l'arroser ponctuellement qui pouvait la tuer, mais d'oublier de l'arroser chaque jour, sur du long terme. Cette métaphore, tirée du spectacle Mars et Venus 2, voulait dire qu'aucun Amour avec un grand A ne pouvait survivre au quotidien s'il n'était pas nourri de plein de petits actes d'amour avec des petits a. J'ai trouvé ça joli.

Dans son roman "Les mots entre mes mains", Guinevere Glasfurd dit que "même s'il gèle la terre à pierre fendre, l'hiver ne peut empêcher la venue du printemps". Une autre métaphore pour dire que la nature a besoin de l'hiver pour se ressourcer sous terre. On croit que tout est mort, mais sous terre se déroule un vrai ballet. Ce qui veut dire que, quoi qu'il arrive le printemps viendra toujours. Où plus populairement qu'après la pluie, vient le beau temps... Qu'un ciel sans nuage cela n'existe pas.

Mais la métaphore qui m'a le plus émue et touchée récemment est celle des racines. Lorsque l'on plante une fleur en pot, on ne vient pas chaque jour retourner sa terre et vérifier ses racines pour voir si elle pousse. Il faut l'arroser avec amour et attendre avec patience son premier bourgeon. Si cette métaphore résonne particulièrement en moi, c'est parce que je pense que j'ai un peu trop tripoté mes racines ces dernières années. J'ai passé beaucoup de temps à retourner la terre pour vérifier que je poussais bien. Que je me dirigeais bien sur le chemin du bonheur. Que je ne me trompais pas et ce, pour être sûre d'être heureuse. Parce qu'être heureux, c'est important. C'est ce qu'on nous dit chaque jour. Il faut être heureux. À tel point que si l'on ne l'est pas, on se culpabilise.

être plus heureux zen epanoui

Et c'est d'ailleurs comme ça que pour moi tout a commencé. Je n'étais pas heureuse. Et puis surtout j'étais fauchée. Alors plutôt que d'aller voir un psy, j'ai commencé à lire des livres de développement personnel. C'était en 2008. Je découvrais "le Secret". Ce livre a littéralement bouleversé ma vie. À cette époque, le développement personnel faisait rage aux Etats-Unis mais était encore timide en Europe. Je me rappelle avoir passé des après-midis au rayon psychologie de la bibliothèque afin de trouver le Savoir. Avec un grand S. Oui. Celui-là. En vérité, je cherchais la paix, dans quelques pages beiges et beaucoup d'encre. Depuis, j'en ai lu des livres. J'en ai écrit des carnets de gratitude, fait des collages de "vision board", été à des séminaires, rencontré des gourous. J'ai essayé toutes les méthodes possibles et inimaginables : réciter des affirmations, me lever à 5h du matin parce que "Miracle Morning", méditer, faire de la marche en pleine conscience,... Et oui, je dois le dire, beaucoup de ces trucs fonctionnent. Beaucoup de ces choses apaisent, remontent le moral, aident à aller de l'avant. Mais ce que j'ai surtout fait, pendant toutes ces années, c'est me triturer les méninges. Me faire des nœuds. Des spaghettis. Laisser mon araignée tisser sa toile. Et je peux te dire qu'il y en a du bazar là-haut. Il est temps de tout dépoussiérer.

Cette année, j'ai découvert le minimalisme. Je ne me considère pas comme une minimaliste, mais j'ai appris tout ce concept de "slow living" et je pense que j'en avais grandement besoin. Chill. Respire. Zen. Vivons lentement. Vivons avec le minimum, entourons-nous de choses et de personnes qui nous font du bien. Peu, mais mieux. Privilégions la qualité, plutôt que la quantité. Posons-nous les questions : "Est-ce que ceci me rend heureux ou est-ce que j'ai besoin de cela". Ce qui en résulte c'est que le minimalisme va bien au-delà de notre maison, de nos collections, de nos objets. Il s'agit aussi de notre esprit. Le désencombrement, ce n'est pas juste se délester de quelques vieux objets qui ne nous servent plus. C'est se délester de vieilles idées, de relations toxiques, de vieux schémas, de toutes ces choses qui ne font pas de nous des personnes plus épanouies.

Le développement personnel m'a énormément aidée. Énormément. Cela m'a ouvert l'esprit. M'a permis de me construire de meilleures habitudes, plus saines. D'être plus douce avec moi-même, mais aussi avec ceux qui m'entourent. Être plus patiente, plus tolérante, plus sage. Mais je pense que je suis arrivée à un stade où j'ai besoin d'agir. De faire. Et surtout, de me laisser faire. Sans tout jauger, juger, réfléchir, mijoter, planifier. Vivre sans vouloir "réussir ma vie". Parce que finalement, qu'est-ce que ça veut dire, réussir sa vie ? Qui décide de tout ça, si ce n'est, nous-même ?

Alors n'oublie pas que comme moi, ton âme est une jolie plante. Tu dois arrêter de retourner sa terre pour voir l'état de ses racines. Prends simplement soin d'elle : arrose-là et puis agis ! C'est important d'agir. N'aie pas peur de l'échec. Car tu sais, même une plante peut-être changée de pot, replantée dans un autre jardin, et pousser à nouveau.

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mardi 5 décembre 2017

Retour dans le passé

J’ai toujours cru qu’il fallait laisser le passé, au passé. Qu’il était mieux de ne pas replonger dedans, de ne pas déterrer de vieux fantômes. Oublier. Fuir, se cacher. C’est un peu mon truc tout ça. Me planquer pour ne pas qu’on me retrouve, pour laisser le passé, là où il est, ne plus y penser, se convaincre. Faire l’autruche. Couper court. Mais parfois, se replonger dans le passé peut être bénéfique. Aussi, ce week-end j’ai sorti mes vieux journaux et mes albums photos. Je suis remontée presque 15 ans en arrière : j’ai regardé avec objectivité qui j’étais vs. qui je suis devenue. Et j’ai appris. Parce que se replonger dans le passé, ce n’est pas que de la nostalgie, c’est aussi, de l’apprentissage.

Tu le sais, j’ai toujours eu tendance à me comparer aux autres : à mes amies, aux blogueuses, à mes collègues, ... D’une certaine façon, à projeter ma vie et la comparer à celle des autres. En oubliant un détail cependant : mon âge. Le temps qui passe. Comme j’ai l’air physiquement beaucoup plus jeune j’oublie que ma vingtaine je l’ai déjà vécue, et j’oublie que ce n’était pas facile. Cette semaine, en me replongeant dans le passé, j’ai lu toute cette souffrance, cette solitude, cette incompréhension et je me suis dit « bon sang que j’en ai fait du chemin ». J’ai toujours cru que j’étais proche de celle que j’étais quand j’avais 25 ans, que c'était hier. Et puis, qu’on se le dise, j’ai toujours l’air d’avoir 25 ans, sauf que j’en ai 33. Et quand je vois le chemin parcouru, je me sens bien loin de là où j’étais. Mes 25 ans ne ressemblent en rien aux 25 ans des filles d’aujourd’hui, et je n’aurai pas pu faire autrement. J’ai avancé, avec les armes que j’avais au moment où je les avais.

En me replongeant dans le passé, j’ai vu que j’avais avancé. J’ai vu que je n’étais plus une jeune femme tourmentée, que j’avais pu prendre mon destin en main, changer de boulot, de carrière, de vie. Que j’avais appris à faire confiance en la vie, à ne plus me retourner, ne plus regretter. A faire confiance en l’amour surtout aussi. A le trouver, le garder, lui pardonner.

En me replongeant dans le passé, je me suis aussi rendue compte que pas une seule fois je n’avais essayé de faire confiance à mon corps. De mes 20 ans à mes 33 ans, j’ai passé mon temps à faire des régimes, à me détester, à me punir, à m’insulter. Pas une fois je n’ai tenté de me dire « je suis plus que ça, plus qu’une femme, plus qu’une peau, plus qu’une coupe de cheveux ou qu’un poids ». Au final, en relisant mes journaux, j’avais de la peine pour celle que j’étais, et de la compassion pour celle que je suis aujourd’hui. Tout ce que j'ai toujours voulu c'était d'être heureuse,  acceptée, et surtout aimée.

Ce retour dans le passé est plein d’enseignement en cette fin d’année. Des enseignements qui m’aideront à commencer 2018 sous un jour peut-être plus serein. Me rappeler de toutes ces batailles que j’ai perdues, mais aussi de toutes celles que j’ai gagnées. Relire tout ça m'a aidé à prendre conscience des victoires de ma vie. Que les gens que j’ai rencontrés, bon ou mauvais, m’ont aidé à avancer, à apprendre, à me trouver, à m’affirmer. Et peut-être que moi aussi, je leur ai appris des choses. Ils resteront toujours gravés dans mon cœur, comme moi peut-être dans le leur.

Si je devais écrire une lettre à mon moi du passé, cette jeune fille triste de 20 ans, je lui dirais simplement que tout ira bien, que son cœur se remettra, qu’elle trouvera l’amour et la confiance en quelqu’un de solide, qui la respectera et l’aimera pour ce qu’elle est. J’ai beaucoup de tendresse pour elle. En la revoyant je me suis dit que même si son cœur était balloté de peine d’amour en peine d’amour, elle a, malgré tout, toujours eu le cran de réaliser ses rêves et de faire ce qui lui plaisait, peu importe ce que les autres disaient. Elle s’est accrochée. Cette tête brûlée me manque un peu et je devrais peut-être en prendre de la graine aujourd'hui.

Quant à mon moi du futur, je veux simplement lui dire de ne plus trop s’en faire. De lâcher prise un peu, en arrêtant de se poser des questions ou de chercher le sens caché des choses. De foncer, d’y aller franco. J’ai envie de lui dire "n’y pense plus". Pose tes livres de remise en question, travaille sur ta créativité et lis des romans. Je veux qu'elle s'évade, qu'elle crée. Je veux lui dire aussi qu’elle doit faire confiance en son corps, en son cœur mais surtout en sa force de caractère. Car quoi que la vie nous réserve, tôt ou tard, rien n’arrive jamais par hasard et on finira toujours par en tirer des apprentissages.

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mardi 14 novembre 2017

Et j'avance.

Je sais qu'on dirait que je n'avance pas. Après tout, mes articles sont parfois emprunt de tristesse. D'une touche de déception. Mais en vérité, ce blog agit comme une vraie thérapie pour moi. Toi, lecteur, face à ton écran, tu ne le vois pas forcément. Il faut dire que je ne partage ce que je veux bien partager. Je crois même que je ne partage pas assez les bons moments ici. Comme une certaine pudeur, parce que je me dis que je ne veux pas te complexer, te rendre jaloux. Et tu sais, même s'il y a 1 an, j’ai montré ma tête pour la première fois, j'ai encore beaucoup de mal à me dévoiler et te dire vraiment qui je suis. Je ne te raconte que ce que je veux bien te raconter. Et je dois te le dire, je prends souvent mon clavier quand j'ai des vagues à l'âme. Le fameux mythe de l'artiste torturé.

Je suis souvent "interviewée" pour des magazines ou pour des travaux d'étudiant, et les questions qui reviennent souvent sont : "Mais comment fais-tu ? Comment fais-tu pour écrire de manière si fluide ? Est-ce que tu programmes ? Est-ce que tu as une ligne éditorial ? Quel est le secret derrière Odile Sacoche ?"

Viens approche. Je vais tout te dire.

Il n'y a pas de secret.

J'écris quand je ressens le besoin d'écrire. Et parfois, oui parfois, on se sent découragé à ma lecture. On se dit que je n'avance pas. Que je fais du surplace. Que je suis une personne déprimante. Moi-même j'ai cette impression parfois. Pourtant, je dois te le dire, j'avance. J'avance vraiment. Même si on ne peut pas le voir, pas le toucher. Même si je ne sais pas le prendre en photo pour te le montrer. Je suis bien plus drôle et enjouée que ce que mes écrits ne le laissent transparaitre. Si, si. Vraiment.

Pendant 10 ans, j'ai été styliste, et j'ai créé pour les autres. Je ne sais pas pour combien de clients différents j'ai travaillé. J'étais une machine à "print". Je dessinais parfois 25 versions d'un même motif. J'entendais des "non change encore" ou "essaye cette couleur-là". Et je pense que dans tout ça, il était juste difficile de savoir ce que moi je voulais. Il m'a fallu plus d'un an et demi pour pouvoir simplement me dire : "Ok, j'aime ce genre de musique". Être un artiste commercial, c'est être comme un acteur. On se met dans la peau du client, de celui qui achète. On répond à ses exigences, à ses demandes. On se met vraiment dans sa tête. On fait ce qu'il lui plaît. Et je dois te dire, que je suis très douée à ce jeu-là. Généralement, quand on me demande de créer un logo, je suis tout de suite dans la cible. Est-ce un don ? Peut-être, celui de l'empathie. Je pense que du coup, avec le blog, c'était un peu pareil, j'essayais de me mettre dans ta tête, au lieu de rester dans la mienne.

dessin odile sacoche sketch

Toujours est-il que cette dernière année, j'ai dû prendre du recul. Apprendre à me redécouvrir. Savoir qui je suis. Entre M. derrière l'écran et Odile Sacoche. Quelles sont mes idées ? Et crois-moi, ce processus peut-être long, très long. Parce que plus rien ne nous guide. Quand tu as passé "ta vie" à créer avec des instructions précises, et que du jour au lendemain, on t'enlève toutes tes chaînes, c'est juste... Étrange. Tu n'oses pas. Tu dois tâter. Tu es timide. Tu te demandes si tu vas y arriver.

Alors même si tu ne le vois pas, j'avance. Plein de belles choses arrivent dans ma vie. Des rencontres, des étapes, des bouleversements. Et sache que même si toi tu crois que tu n'avances pas, je peux t'assurer que tu avances aussi (ce sera d'ailleurs le sujet de ma prochaine newsletter... Si l'envie te dit).

Aujourd'hui je sais par exemple que je déteste la photographie. Je ne suis décidément pas douée pour ça et j'ai arrêté de vouloir m'acharner. À l'inverse, j'aime la vidéo, et j'ai envie de l'expérimenter. Je sais que j'adore dessiner des fleurs, et même que j'aime la technique du crayon. Je sais que je suis une touche-à-tout, et que je ne pourrais pas me définir en un seul art. Je ne suis pas juste une ex-styliste, une ex-infographiste, une community manager, un content creator. Je suis un mix de tout ça. Sans étiquette. Que c'est parfois brouillon. Je sais que j'aime la musique Indie, et le rap parfois aussi. Je ne suis pas la plus grande fan d'Harry Potter, mais j'aime la magie du quotidien. Je peux m'arrêter sur un trottoir pour prendre une photo du ciel à la tombée de la nuit. Parce que c'est beau. Et je sais que cette photo sera ratée, mais ça me va. Ça me fera quand même un souvenir, que je ne garderai que pour moi. Je sais que j'adore faire des captures d'écran de livres. En fait, je sais même que j'adore les livres, je ne peux pas m'en passer, c'est ma drogue. J'aime m'attarder sur les mots, sur les phrases. Réfléchir. J'aime regarder des reportages, et souvent, on m'entend dire : "J'ai vu un reportage et j'ai appris que..." C'est mon encyclopédie à moi. Je sais que je veux devenir une artiste. Peut-être même que je le suis. Créer un truc fou. Une performance. Je sais que je suis fascinée par le travail de Natacha Birds et celui de Stromae, que ça me fait peur parfois. Je sais que j'adore le travail post-production, faire des montages, associer des images, coller virtuellement, retoucher des images, bidouiller. Oh oui, j'aime bidouiller. Je sais que j'aime écrire, et tenir des carnets brouillons et raturés. Je sais que beaucoup ne sont pas d'accord avec ma nouvelle galerie Instagram mais qu'à moi, elle me procure un sentiment de plénitude et que j'en suis si fière ! Je sais que je n'aime pas me montrer et que je ne suis toujours pas à l'aise avec mon image, mais que j'aime raconter. Que j'ai un milliard de trucs à dire, et que je vais devoir trouver ma façon à moi de te les raconter. Je sais que j'aime la nature, mais pas assez pour aller m'y balader parce que j'ai peur des araignées et que je n'aime pas la sensation de la terre mouillée. J'aime la musique. Ô que je l'aime. Et je revis depuis que j'ai pris un abonnement Spotify. Je peux juste rester là à écouter une chanson, en boucle. Encore et encore et encore.

Tu vois. J'avance. Et même si mes certitudes ne sont pas grandes, qu'elles peuvent paraître anodines, je m'y accroche de toutes mes forces. Car j'ai aussi la certitude que je peux encore faire plein de choses en tant qu'Odile Sacoche. Même si je me perds parfois, je retrouve toujours mon chemin. Toujours. Et j'espère, qu'ensemble, on pourra encore faire du chemin. Malgré mes doutes et mes remises en question.

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PS : ...Et pour une fois, les photos de cet article, sont les miennes.



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La honte !

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