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jeudi 22 août 2019

Mon rêve d’immortalité

J’ai découvert le développement personnel en 2008. Je m’en rappelle comme si c’était hier. Deux semaines avant mon 24 eme anniversaire, je venais de me faire larguer. Mon cœur s’était une fois de plus brisé en mille morceaux et je tentais de le ramasser péniblement à même le sol. Envolées toutes les belles promesses et projets de vie. Les jours qui ont suivi, j’ai perdu l’appétit. On me félicitait de perdre du poids et on me demandait comment j'avais fait. Personne ne voyait mon malaise. Pour tous, je n’avais « que » 24 ans, des hommes je pouvais encore en rencontrer des tas. Et puis une collègue s’est détachée du lot. Elle me parla alors du livre « le Secret », best seller outre atlantique. 2 mois plus tard je le prenais dans ma valise pour partir en vacances. De but en blanc, je te le dis, ce livre a changé ma vie. Un nouveau monde s’ouvrait à moi, celui du développement personnel.

Pendant les 8 années qui ont suivi j’ai dévoré tous les livres de « self help » qui me passaient sous la main. Je revenais de la bibliothèque avec des piles de livres de psychologies à lire. 8 années : un nombre incalculable d'affirmations positives, de tableaux de visualisation, de listes et de carnets gribouillés. Le développement personnel m’a aidée à grandir, à comprendre, à apaiser. Mais comme pour tout, il a ses limites et il y avait un petit vide qu’il ne comblait pas. Cette envie de vouloir être exceptionnelle sans jamais y arriver. Je cherchais un tas de réponses, sans les trouver.

Cette limite je l’ai vraiment comprise il y a 3 ans. Je n’en ai encore jamais parlé ici. Sans doute que c’était trop difficile à avouer. Et puis dans le fond je n’ai jamais voulu ressortir victime de mes épreuves. Tu vois, l’être humain essaye de concevoir la vie pour pouvoir tenir son enfant dans ses bras un jour, le chérir, le cajoler. Mais parfois, il y a comme je dis maintenant « des ratés ». Un seul pour ma part, un de trop sans doute. Celui qui m’a fait vendre toutes mes affaires, arrêter tous les partenariats, plonger dans le minimalisme. Puisqu'il n’y avait plus que cela de vrai à mes yeux : l’essentiel. Tout balayer, tout vider, tout jeter. Apaiser la douleur. Avancer. Nue d’un être que je n’avais pas pu connaître...

Jusqu’en septembre 2018. Le merveilleux miracle de la vie. Ma fille. Être maman. L’expérience la plus belle, la plus complète et la plus enrichissante de ma vie. Celle qui m’en apprend chaque jour bien plus sur moi que n’importe quel livre de développement personnel.

Et parallèlement à ça, ces dernières années, l'émergence du développement personnel sur les réseaux sociaux. Plus de coachs autoproclamés, plus de positions de méditation (même pour ceux qui ne la pratique pas), plus de photos léchées, biaisées, à l’opposé même de bon nombre de principe que je lisais. Plus, plus, plus de marketing et beaucoup moins d'authenticité.

Été 2019, j’ai 35 ans. Nous y voici. Je réalise. J’ai 35 ans, je suis maman, ma fille va avoir un an. Au retour de mes vacances je tombe sur une vidéo de Mind Parachutes qui parle du livre de Mark Manson. Je dévore le livre en 3 jours. Tournant les pages comme aspirée par toutes ses vérités. L’art subtil de s’en foutre. Si on m'avait dit... me voilà remettre en cause absolument tout ce que j’ai pu lire jusqu’à présent. Absolument tout. Je n’avais plus eu de livre révélation depuis « le Secret ». Et ce livre de Mark Manson est l’antonyme même du Secret. Je comprends alors que tout ce que j’avais toujours construit et fait dans ma vie était motivé par un seul rêve. Un rêve qu’un milliard d’êtres humains partage. Celui d’être immortel.

C’est en voulant être immortel qu’on construit des choses espérant qu'elles nous survivent par delà notre mort. Pourtant rien n'y fera, tôt ou tard, notre corps physique mourra. C’est inévitable et inconcevable à la fois.

Mon franc tombe. Ce n'était pas une histoire de reconnaissance, ou de réussite. Non. Je ne voulais juste pas être oubliée. Jamais. Et chaque choix, chaque décision, chaque projet, chaque rencontre a été motivé par cette seule et unique peur. La peur de l'oubli.

Aujourd’hui, j’ai un trop plein de ces vanités vendues sur les réseaux sociaux. Un trop plein des vies trop parfaites, des démonstrations de positivisme qui ne tentent qu'à étouffer nos souffrances. J'ai compris que nos souffrances sont spécifiquement ce qui nous fait grandir. Il y a 10 ans, si cet homme ne m’avait pas larguée, si je n’étais pas tombée dans un puit sans fond, jamais je n’aurais avancé. Jamais je ne me serai battue. Jamais. La souffrance m’a aidée, même si je ne le vois que maintenant. Choisis tes batailles, que Mark dit dans son livre.

Je ne suis pas fataliste, triste ou déçue en écrivant ces lignes. Je me sens juste éclairée. Comme touchée par la grâce. Maintenant, tout me semble possible, puisque rien n’était vrai avant. Si je choisi mes batailles, je n’ai pas peur de souffrir pour elles. Mon rêve d'immortalité est désormais tout autre. Et que fait-on quand on n’attend plus de reconnaissance, de réussite, quand on arrête de se convaincre que tout va bien même quand ça va mal ? Quand on comprend que s’en foutre ce n’est pas répondre à la fatalité, mais au contraire, c'est se répondre à soi même qu’il n’y a rien à prouver à personne ? On se laisse vivre tout simplement. Chaque situation, chaque choix, chaque discussion apparaît sous un autre angle. Finalement, on s’en fout, et c’est très bien comme ça. La voilà, la félicité.

Je terminerai avec ce paragraphe du livre de Mark Manson, qui m’a tirée un bon gros paquet de larmes : « Tu es génial. Déjà. Que toi-même ou les autres en ayez conscience ou pas. Et pas parce que tu as lancé une appli pour iPhone, que tu es sorti diplômé un an à l’avance ou que tu as acheté un bateau à la con. Tu l’es parce qu’en pleine confusion, tu continues de privilégier ce qui compte à tes yeux. (...) Comme nous tous, tu es amené à disparaître. Pourquoi ? Parce que tu auras eu la chance de naître, recevant toi aussi le cadeau de la vie. »

Et j'ajouterais, qu’il n’y a vraiment plus que ça qui compte maintenant. La Vie.

dimanche 4 août 2019

J’ai 35 ans

Cette année, nous sommes partis deux semaines en vacances en Vendée avec la petite. Nos premières vacances en famille (coeur coeur). Une connexion 4G digne de ”Outsiplou-les-Bains-de-Pieds”, pas de WiFi, et une bonne résolution : DÉCONNECTER (j’ai d’ailleurs (encore) supprimé Instagram et Twitter de mon téléphone).

Je ne connaissais pas la Vendée. Par contre, j’ai bien connu la Charente Maritime où j’y ai passé toute mon adolescence. La Vendée y ressemble beaucoup, avec ses routes sinueuses et ses larges forêts de pins. L’odeur des arbres, les lézards qui filent devant toi, les petits oiseaux qui n’ont pas peur de venir gratter une miette de pain sur ta terrasse. Tout ça, m’a fait remonter un tas de souvenirs et plein de nostalgie de cette adolescence heureuse (mais parfois malheureuse aussi, comme tous les ados). J’ai ressassé tous les souvenirs, les bruits, les odeurs, les amis (et les amours) rencontrés. Chaque jour je m’y replongeais comme dans un bon vieux roman empreinte parfois de tristesse de ces moments révolus.

Et puis, un matin, le constat : je ne suis plus cette ado. J’en suis très loin. Je suis même plutôt une adulte. Une vraie de vraie : j’ai 35 ans, je suis maman, ma fille va avoir un an. Je n’ai jamais complexé sur mon âge, mais là, je me suis comme ”réveillée”. Mince ! J’ai 35 ans ! Fini de jouer les adolescentes. Une petite voix dans ma tête m’a répétée : ”Ça y est ? Tu percutes ? Tu vas arrêter de chercher sans cesse la reconnaissance ? Arrêter de sombrer dans tes complexes ? Et mon corps ceci, et mon poids cela, et mes abonnés gna gna gna... Tu n’as plus 15 ans !”.

C’est vrai... Je n’ai plus 15 ans.

Puis cette envie aussi. Celle de créer. Et toutes celles que je refoule sans cesse à la porte de ma raison (ou de ma bêtise) : peindre, couper, coller, dessiner, écrire, cuisiner... FAIRE ! Alors qu’est ce que j’attends ? Malgré toutes les bonnes résolutions faites à maintes reprises ?

Ce dont je me suis rendue compte, c’est que je passais bien trop de temps sur les écrans. Loupant les meilleurs moments de la vie. Trop de temps à me préoccuper de ma ”communauté”, des réseaux sociaux, de ma notoriété, de ce que je représente. Et je le sais. Bon sang je le sais. D’ailleurs, combien de fois je ne te l’ai pas déjà rabâché ? Mais cette fois je sens que c’est différent. C’est vraiment différent.

Je suis rentrée bronzée, reposée, requinquée, sans aucune idée, mais avec cette forte intuition : tout couper (non, pas ”supprimer”). J’ai en tête l’exemple de JK Rowling, qui s’impose à moi comme un modèle. Elle n’avait pas internet. Pas d’Instagram, de Facebook, de toutes ces choses. Elle ne s’est jamais laissée déconcentrée par tout ça. Et bon nombre sont les grands écrivains qui ne s’en préoccupent pas non plus...

Depuis le temps que je le sais... Et aujourd’hui j’ai 35 ans. Ma sœur, qui a 5 ans de plus que moi, vit complètement déconnectée de tout ça. Elle n’a ni Facebook, ni Instagram, et encore moins Twitter. L’autre jour, tellement déconnectée, elle nous a demandé : ”Mais c’est quoi en fait ”Balance ton quoi?” d'Angèle ?”. Même si d’instinct nous avons ris de son innocence (à 40 ans), par la suite j’ai ressenti beaucoup d’admiration. Elle était vierge de tout un tas de trucs. Elle mène une existence heureuse, créative, entourée de son mari et de ses enfants. Loin de tout ce qui se passe dans le monde 2.0.

Je te l’ai déjà tellement dit. J’aspire à ça. Alors fini Instagram, fini Twitter. Revenir à l’essentiel : écrire (sur le blog et la newsletter, puis peut-être sur Facebook que j’ai si bien filtré). M’éloigner des sirènes trop tentantes de l’apparence. De la vie parfaite. Du faux. Du paraître.

Oui. C’est ça. Je ne suis pas une influenceuse et je ne veux pas l’être. Je suis une maman. Je suis une artiste (j’ose le dire). Je suis une auteure, une écrivain. Je raconte des histoires. Et je ne veux plus que me concentrer là dessus : rechercher la joie dans la créativité. Rechercher la joie tout court !

J’ai 35 ans et ma fille va déjà avoir un an. Il est temps de tourner des pages. Et vraiment commencer ce nouveau chapitre.

jeudi 23 mai 2019

Je t'aime, moi non plus

Je l'ai encore fait. J'ai laissé mon égo prendre le dessus. A relire tout le contenu que j'ai écrit sur mon blog ces dernières années, il est évident que la source du problème est là. Je laisse mon égo prendre le dessus. Tout le temps.

Mon égo, je l'ai appelé Martha Stewart. Et j'en avais déjà fait un (très bon) article à l'époque. Mon égo, c'est lui qui veut briller en société, qui veut faire du chiffre. Qui veut des explications. Il pense qu'il y a une manière de réussir sa vie, et une manière de la rater.


Oh mais je te rassure, mon égo ne me veut pas que du mal. Il veut me protéger aussi. Il tente par tous les moyens de me faire rester dans ma petite zone de confort. De cette manière on ne tombe pas, on n'est pas déçu, on ne se fait pas mal. L'égo c'est la peur, c'est cette petite voix qui te dit que c'est mieux de ne pas essayer, car il faudra faire des efforts, avoir du courage. Et l'égo, il n'est pas très courageux.


Avec le blog, avec Instagram, c'est souvent mon égo que je laisse parler. On a des discussions très organisationnelles lui et moi : "Alors si tu postes cette photo, et que tu utilises tel hashtag, c'est certain ça fera un carton. Pour le blog, si tu écrits tel article, on te lira. Bon si j'étais toi, je ne dirais pas qui tu es, et je n'essaierai pas autre chose. Déjà que tu m'as fait accepter l'idée de ton livre… Avoue c'était quand même gros… Alors ta nouvelle lubie de collage photo, faudrait pas trop poussé Martha hein."

Et il prend le dessus.

Je suis sûre que tu vois exactement où je veux en venir. Que toi aussi tu as cette petite discussion interne constante avec ton égo. Qu'il t'empêche de réaliser des grands choses parce que lui et toi, vous n'êtes pas tout à fait d'accord avec la définition de "grandes choses". Ton égo il pense que ta vie devrait être comme un reportage de TF1 : se lever tous les matins à 5h et tout plaqué pour aller vivre sur une plage du Brésil. Alors que toi, dans le fond, tout ce que tu veux c'est réussir cette tarte aux pommes qui te rappelle aux bons souvenirs de ton enfance.


Mon égo à moi, il me dit toujours que je dois accomplir des grandes choses sur le web. Que je dois monétiser mon blog, faire du chiffre, devenir une influenceuse, avoir plein d'abonnés. Alors que moi je ne me sens pas à l'aise avec tout ça. Pas à l'aise avec mon image, avec le fait de montrer ma vie en mode TV réalité. Je trouve ça trop facile et pas honnête d'abuser des techniques de digital marketing. Moi j'ai envie d'être une artiste, et pour être une artiste, il faut faire parler son coeur, ses émotions. Se demander : "Qu'est ce que je ressens là maintenant et comment le retranscrire ?"


Ce n'est pas évident de sortir de ce schéma, de faire taire cette petite voix. Pas évident d'arrêter de se comparer. Pourtant, c'est scientifique, ton cerveau se dirigera toujours vers le moindre effort, pour t'économiser de l'énergie pour les choses vitales de la vie. Ayant perdu son instinct primitif de combattre contre des vrais prédateurs (un lion, un mammouth, ou un homme des cavernes enragé), il considère les petits efforts de la vie comme des vrais dangers.


Pourtant tout va bien. Je te l'assure, tout va bien. On peut ouvrir un blog sans devenir une star du web. On peut avoir un compte Instagram sans jouer le jeu de l'algorithme. On peut réellement choisir ce qui nous fait vibrer, sans se complexer de la vie du voisin à qui semble tout réussir.


Du coup, j'ai repris mon clavier et j'ai demandé à mon égo de la fermer cordialement.


Pas mal, non ?





Pour aller plus loin :



mercredi 11 avril 2018

Tout quitter et vivre dans une Tiny House

C'était il y a environ 4 ans que j'ai commencé à voir une coach. A l'époque, j'y allais pour mes soucis au boulot, parce que je me sentais perdue. Quand cette "thérapie" a commencé, c'était comme un jeu de domino. A chaque séance, un pan de ma vie tombait. Et je pense que j'ai eu besoin de détruire tout un tas de murs, pour en reconstruire de nouveaux. Je me souviens, un soir je lui ai dit : "Je veux tout quitter, tout arrêter. Partir vivre sur une île déserte, ne vivre que du minimum, et qu'on me foute la paix". Ce à quoi elle a répondu : "Mais qu'est ce qui t'en empêche ?". A l'époque ce n'était pas possible. J'étais propriétaire de mon appartement, en CDI, et follement amoureuse de mon homme (entre temps, je te rassure, je suis toujours follement amoureuse de lui). Partir était impensable, même si, ce désir me démangeait, au point parfois de me rendre malheureuse.

La solution à ce souci ? Une forme de méditation. Ma coach m'a alors suggéré de m'imaginer chaque jour sur une île déserte. Je rentrais du boulot et je criais à mon homme : "Je pars sur mon île". Chaque soir, je m'imaginais y vivre, y crier, y pleurer, y faire tout ce que j'avais envie de faire. C'était apaisant. C'était mon île. J'ai même créé une board sur Pinterest où je récoltais des images de mon île magique. Ce lieu où je pouvais me retrouver. C'était vraiment puissant. Petit à petit, j'ai commencé à aller mieux. Là où ma vie semblait être un vrai foutoir, j'ai commencé à tout reconstruire. Sur des bases plus solides. J'ai changé de boulot, je n'ai pas changé d'amoureux, mais nous avons déménagé, et nous avons même conçut ensemble la chose la plus magique qui soit : un enfant qui grandit dans mon ventre.

Et puis l'année passée, une épreuve un peu difficile est venu ébranler mes murs. Comme un mini séisme. Ce genre de truc que tu ne prévois pas, qu'on ne te dit pas, qu'on ne s'imagine pas. J'ai tenu mes murs, ils sont restés debout tant bien que mal. C'est à ce moment-là que j'ai commencé à m'intéresser au minimalisme. A faire le tri, désencombrer, vendre, donner, jeter. Cette envie de "tout bazarder" répondait à un besoin, à cette période difficile que je traversais (et que je ne pense pas aborder en profondeur ici). Depuis, dès que j'ai un coup de mou, je reviens au minimalisme. Il est la réponse à plusieurs de mes questions mais surtout il répond à mon besoin de simplicité. Moi qui me prends toujours la tête pour tout.

Plus j'ai avancé plus j'ai eu ce besoin de simplifier ma vie. De tout simplifier. De m'alléger. Ce qui s'est beaucoup ressenti ici sur le blog. Et j'ai poussé mes réflexions minimalistes au plus loin que je pouvais. Jusqu'à m'intéresser à la fameuse Tiny House.

Au début, j'étais juste admirative et vraiment curieuse du mode de vie de ces gens. Je trouvais ça chouette que certaines personnes repensent complètement le concept de "l'American dream". Partant dans un trip totalement opposé. Et puis je suis tombée sur un reportage (j'en ai tellement vu, je ne saurai te dire lequel) d'un gars qui avait quitter son full time job pour travailler à mi-temps comme barman dans un petit café de village. Il a vendu sa maison, pour vivre dans un petit appartement. Il passait ses journées à voir ses amis et à refaire le monde. Une idée s'est alors mise à germer dans mon esprit fertile : "Waw, ça doit vraiment être bien, de tout quitter et de vivre dans une Tiny House".

Quelques mois plus tard, j'achetais ma grande maison (toujours avec mon homme, toujours follement amoureuse de lui). Et puis je suis tombée enceinte. Et nous avons commencé à chercher des crèches. La réalité de la vie nous a vite rattrapés. La maison, l'emprunt, le bébé. Les courses, les factures. S'organiser, se lever tôt, ne pas dormir. Laisser son enfant, petit bébé, à une inconnue. Chaque jour. Chaque. Jour. Prendre le risque de ne pas le voir grandir, ne pas le voir faire ses premiers pas, courser après le temps, après l'argent. Pourquoi déjà je voulais une maison ? Ah oui ! Pour assurer une place confortable à ce futur petit moi. S'assurer qu'il (ou elle) ne manque jamais de rien. Lui offrir ce que parfois je n'ai pas eu. Oui mais pourquoi ? A quel prix ? On dit que le temps c'est de l'argent. Ne vaut-il mieux pas avoir plus de temps ? Pourquoi déjà je dois aller travailler ?

Est-ce que ce ne serait pas mieux de... Tout quitter et vivre dans une Tiny House ?

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Cette idée s'est faite de plus en plus forte. Elle me faisait même presque mal : il faut que je me débarrasse de toutes mes affaires. Que je coupe toutes mes dépenses. Que je vive comme une nonne boudhiste (mais amoureuse, pas folle la guêpe). Dans mon discours, je me suis même entendu dire plusieurs fois : "Mais notre société est horrible ! Pourquoi elle nous oblige à faire ça ? Se lever quand on est encore fatigué, aller dormir quand on resterait bien une heure de plus ? Mais pourquoi l'homme a inventé ce système cruel d'aller travailler ? On ne pouvait pas juste rester au temps des cavernes ? Juste vivre dans une grotte. Loin de tout ?" Jusqu'à ce lundi de Pâques un peu calme, où je me décide enfin de prendre le temps de regarder ma liste de "à regarder plus tard sur Youtube", dont ce reportage d'une heure sur la puissance de l'intention. Bien que le message de ce documentaire n'était pas du tout sur le minimalisme, une phrase, un discours, de quelques secondes a attiré mon attention. Un des coachs disait quelque chose comme : "Tout quitter pour partir vivre dans une grotte, se couper de tout et de tout le monde n'est pas la solution." Juste après cette phrase, il a comparé cet acte au suicide, aux problèmes d'alcool, de drogues.

Et BIM.

"Tout quitter et vivre dans une Tiny House, ce n'est pas une solution". C'est une fuite. C'est une solution de facilité. C'est couper un problème. Se couper du monde. Se couper de soi (il disait d'ailleurs quelque chose comme ça aussi). Je me suis mise à penser à tous ces couples qui partent faire le tour du monde avec leur sac à dos, en quête de sens. Et qui reviennent parfois un peu bredouilles. Inadaptés.

Je me suis rendu compte qu'en adoptant le discours de la Tiny House, je me positionnais en rôle de victime. Et dans le fond, quel est mon rôle à moi ? Qu'est ce que je fais moi pour faire changer les choses ? Pour faire cette fameuse différence ? Est-ce qu'en tout quittant pour vivre dans une Tiny House j'aurai un message fort à faire passer ? Non. Puisque l'idée est justement de disparaître... On remplace le rêve de l'American Dream par un autre rêve, plus simple. Mais au final, on continue de se comparer à la vie des autres, sans prendre le temps d'apprécier la vie qu'on a (...et que souvent, on a choisit). On remplace un problème par un autre. Mais tu sais, comme le vieil adage le dit, l'herbe n'est pas plus verte ailleurs. J'aime rajouter, que beaucoup de gens passent du temps à l'entretenir, à la colorer, la couper, la bichonner ou lui mettre un tas de produits chimiques pour la faire pousser. Cette herbe est une illusion...

Je pense que parfois, on doit juste s'asseoir face à soi. S'écouter. Se connecter. Se demander pourquoi on veut partir vivre sur une île déserte ou dans une Tiny House ? Pourquoi on veut cette vie-là en particulier ? Qu'est-ce qu'elle nous apporte de plus que celle que l'on a ? A quel besoin elle répond au juste ? Vivre dans une Tiny House répond à mon besoin de liberté. Mais en fait, je suis déjà libre. Le minimalisme répond à mon besoin de simplicité. Que puis-je alors amener dans mon quotidien pour assouvir mon besoin de liberté et de simplicité ? En fait, avoir le beurre et l'argent du beurre c'est possible.

Ce documentaire m'a fait comprendre qu'il fallait reprendre son pouvoir. Son propre pouvoir, mais le pouvoir de sa vie aussi. Comme le dit David Laroche : "Reprendre son pouvoir, c'est vrai, ce n'est pas facile. Mais être malheureux, ce n'est pas facile non plus. Alors que préfères-tu ?".

Tout quitter et vivre dans une Tiny House ? Plus aussi sûre...

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lundi 5 mars 2018

Faire la différence

Cela fait 10 minutes que je fixe l’écran.
Non ça doit bien faire 2 mois.
En y réfléchissant bien, je crois même que ça fait 2 ans. 2 ans que je tourne et retourne ce blog dans tous les sens. Je veux faire la différence, mais je ne sais pas comment. Je veux être droite, et juste et honnête. Je veux inspirer. Mais je ne fais rien.

En vérité j’attends. J’attends le bon moment. Le bon déclic, l’inspiration. J'attends d'être prête. Tu vois c’est toujours comme ça que j’ai écrit. Par instinct. Par « bons moments ». C’est maintenant parce que je le sens, et parce que j’ai quelque chose à dire. Et toutes les autres fois, je me dis que ce n’est pas si intéressant, que cela ne vaut pas le détour. Pas la peine. Je n'aime pas programmer, car je ne programme pas mes humeurs, ni mes réflexions. Tout ça a toujours été très instinctif.

Et puis je me compare. Ô je me compare. Celle-ci a trop de talents, celle-là dessine trop bien, cette dernière a de belles valeurs. Qui suis-je moi ? J’essaye de trouver mon identité, me démarquer, et en même temps je suis révoltée. Je veux que les choses changent, mais je n’ai pas le courage de le faire. Je suis comme fatiguée. Paralysée.

Un jour on m’a demandé combien de temps prenait un blog. 4h. C’est ce qu’il me fallait pour écrire un article : écrire, prendre des photos, retoucher, relire, SEOter. 3 soirs par semaine, et tous les dimanches. Je me souviens, un jour, mon homme m’a même demandé de me fixer des jours, parce que je bloguais trop, et ne vivais plus ma vie de couple. Je me souviens avoir passé mes vacances à scruter mon ordinateur, pendue à mon smartphone, en espérant que quelque chose décolle. Je me souviens avoir lu des blogs de stratégie, avoir eu des rêves, avoir écrit jusqu’à 22h, et parfois ne plus dormir car les idées fourmillaient. Cela me semble si loin...

Alors aujourd’hui, quand je repense à tout ça, je suis juste découragée. Je n’ai plus envie. Je me dis que ça n’en vaut pas la peine. Combien de temps faut-il pour faire la différence ? Combien d’énergie faut-il dépenser ? D’après-midi à consacrer ? Combien ?

Quand je vois les blogueuses qui ont du succès, que je vois leur compte Instagram qui ressemble à un magazine, des photos parfaites, léchées, travaillées, et des likes à vous en donner le tournis, je ne comprends pas. Le monde est-il si superficiel ? J’ai vu le TEDx de Leslie Couterand la semaine dernière et je ne cesse d’y penser. A-t-on besoin à ce point de s’évader de sa propre vie et de vivre celle des influenceuses par procuration ? Que cherche-t-on dans ces photos et ces histoires parfaites ? Quelles sont nos rêves ? Les nôtres à nous, pas ceux vaguement soufflés par la société ou inspirés d'un blog un peu trop parfait.

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Ça fait 10 minutes que je fixe cet écran. 10 minutes que j’attends. Non. Ça fait 2 mois que j’attends... 2 ans. Que quelque chose change. D'être prête. Que la grande roue tourne.

Il y a cette phrase en anglais que j’adore, et dont je ne trouve l’équivalent en français : « Done is better than perfect ». N’attendons plus pour faire ces choses que l’on veut faire. N'attendons plus pour faire la différence. Attachons-nous au processus, et non au résultat. Je pense qu’elle est là, la solution.

Done is better than perfect.

En selle !

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PS : J'ai repris aussi la newsletter, où je te donne de mes nouvelles loin des yeux de tous, de manière pas ponctuelle du tout.


Si l'envie te dit, c'est à droite qu'il faut s'inscrire.

mardi 12 décembre 2017

Notre âme est une jolie plante

Il y a une métaphore que j'aime beaucoup dans le développement personnel, c'est celle de la plante, du jardin. Plusieurs fois, j'ai lu qu'une relation était comme un jardin qu'il fallait entretenir, avec son lot de mauvaises herbes et de jolies fleurs. Que notre âme était une plante qu'il fallait arroser, soigner, chérir. Récemment, je suis tombée nez à nez avec d'autres jolies métaphores. L'une d'elles concernait les relations amoureuses et disait que l'amour était comme une plante dans notre appartement. Si on oubliait de l'arroser un jour, la plante survivra. Que ce n'était pas d'oublier de l'arroser ponctuellement qui pouvait la tuer, mais d'oublier de l'arroser chaque jour, sur du long terme. Cette métaphore, tirée du spectacle Mars et Venus 2, voulait dire qu'aucun Amour avec un grand A ne pouvait survivre au quotidien s'il n'était pas nourri de plein de petits actes d'amour avec des petits a. J'ai trouvé ça joli.

Dans son roman "Les mots entre mes mains", Guinevere Glasfurd dit que "même s'il gèle la terre à pierre fendre, l'hiver ne peut empêcher la venue du printemps". Une autre métaphore pour dire que la nature a besoin de l'hiver pour se ressourcer sous terre. On croit que tout est mort, mais sous terre se déroule un vrai ballet. Ce qui veut dire que, quoi qu'il arrive le printemps viendra toujours. Où plus populairement qu'après la pluie, vient le beau temps... Qu'un ciel sans nuage cela n'existe pas.

Mais la métaphore qui m'a le plus émue et touchée récemment est celle des racines. Lorsque l'on plante une fleur en pot, on ne vient pas chaque jour retourner sa terre et vérifier ses racines pour voir si elle pousse. Il faut l'arroser avec amour et attendre avec patience son premier bourgeon. Si cette métaphore résonne particulièrement en moi, c'est parce que je pense que j'ai un peu trop tripoté mes racines ces dernières années. J'ai passé beaucoup de temps à retourner la terre pour vérifier que je poussais bien. Que je me dirigeais bien sur le chemin du bonheur. Que je ne me trompais pas et ce, pour être sûre d'être heureuse. Parce qu'être heureux, c'est important. C'est ce qu'on nous dit chaque jour. Il faut être heureux. À tel point que si l'on ne l'est pas, on se culpabilise.

être plus heureux zen epanoui

Et c'est d'ailleurs comme ça que pour moi tout a commencé. Je n'étais pas heureuse. Et puis surtout j'étais fauchée. Alors plutôt que d'aller voir un psy, j'ai commencé à lire des livres de développement personnel. C'était en 2008. Je découvrais "le Secret". Ce livre a littéralement bouleversé ma vie. À cette époque, le développement personnel faisait rage aux Etats-Unis mais était encore timide en Europe. Je me rappelle avoir passé des après-midis au rayon psychologie de la bibliothèque afin de trouver le Savoir. Avec un grand S. Oui. Celui-là. En vérité, je cherchais la paix, dans quelques pages beiges et beaucoup d'encre. Depuis, j'en ai lu des livres. J'en ai écrit des carnets de gratitude, fait des collages de "vision board", été à des séminaires, rencontré des gourous. J'ai essayé toutes les méthodes possibles et inimaginables : réciter des affirmations, me lever à 5h du matin parce que "Miracle Morning", méditer, faire de la marche en pleine conscience,... Et oui, je dois le dire, beaucoup de ces trucs fonctionnent. Beaucoup de ces choses apaisent, remontent le moral, aident à aller de l'avant. Mais ce que j'ai surtout fait, pendant toutes ces années, c'est me triturer les méninges. Me faire des nœuds. Des spaghettis. Laisser mon araignée tisser sa toile. Et je peux te dire qu'il y en a du bazar là-haut. Il est temps de tout dépoussiérer.

Cette année, j'ai découvert le minimalisme. Je ne me considère pas comme une minimaliste, mais j'ai appris tout ce concept de "slow living" et je pense que j'en avais grandement besoin. Chill. Respire. Zen. Vivons lentement. Vivons avec le minimum, entourons-nous de choses et de personnes qui nous font du bien. Peu, mais mieux. Privilégions la qualité, plutôt que la quantité. Posons-nous les questions : "Est-ce que ceci me rend heureux ou est-ce que j'ai besoin de cela". Ce qui en résulte c'est que le minimalisme va bien au-delà de notre maison, de nos collections, de nos objets. Il s'agit aussi de notre esprit. Le désencombrement, ce n'est pas juste se délester de quelques vieux objets qui ne nous servent plus. C'est se délester de vieilles idées, de relations toxiques, de vieux schémas, de toutes ces choses qui ne font pas de nous des personnes plus épanouies.

Le développement personnel m'a énormément aidée. Énormément. Cela m'a ouvert l'esprit. M'a permis de me construire de meilleures habitudes, plus saines. D'être plus douce avec moi-même, mais aussi avec ceux qui m'entourent. Être plus patiente, plus tolérante, plus sage. Mais je pense que je suis arrivée à un stade où j'ai besoin d'agir. De faire. Et surtout, de me laisser faire. Sans tout jauger, juger, réfléchir, mijoter, planifier. Vivre sans vouloir "réussir ma vie". Parce que finalement, qu'est-ce que ça veut dire, réussir sa vie ? Qui décide de tout ça, si ce n'est, nous-même ?

Alors n'oublie pas que comme moi, ton âme est une jolie plante. Tu dois arrêter de retourner sa terre pour voir l'état de ses racines. Prends simplement soin d'elle : arrose-là et puis agis ! C'est important d'agir. N'aie pas peur de l'échec. Car tu sais, même une plante peut-être changée de pot, replantée dans un autre jardin, et pousser à nouveau.

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mardi 5 décembre 2017

Retour dans le passé

J’ai toujours cru qu’il fallait laisser le passé, au passé. Qu’il était mieux de ne pas replonger dedans, de ne pas déterrer de vieux fantômes. Oublier. Fuir, se cacher. C’est un peu mon truc tout ça. Me planquer pour ne pas qu’on me retrouve, pour laisser le passé, là où il est, ne plus y penser, se convaincre. Faire l’autruche. Couper court. Mais parfois, se replonger dans le passé peut être bénéfique. Aussi, ce week-end j’ai sorti mes vieux journaux et mes albums photos. Je suis remontée presque 15 ans en arrière : j’ai regardé avec objectivité qui j’étais vs. qui je suis devenue. Et j’ai appris. Parce que se replonger dans le passé, ce n’est pas que de la nostalgie, c’est aussi, de l’apprentissage.

Tu le sais, j’ai toujours eu tendance à me comparer aux autres : à mes amies, aux blogueuses, à mes collègues, ... D’une certaine façon, à projeter ma vie et la comparer à celle des autres. En oubliant un détail cependant : mon âge. Le temps qui passe. Comme j’ai l’air physiquement beaucoup plus jeune j’oublie que ma vingtaine je l’ai déjà vécue, et j’oublie que ce n’était pas facile. Cette semaine, en me replongeant dans le passé, j’ai lu toute cette souffrance, cette solitude, cette incompréhension et je me suis dit « bon sang que j’en ai fait du chemin ». J’ai toujours cru que j’étais proche de celle que j’étais quand j’avais 25 ans, que c'était hier. Et puis, qu’on se le dise, j’ai toujours l’air d’avoir 25 ans, sauf que j’en ai 33. Et quand je vois le chemin parcouru, je me sens bien loin de là où j’étais. Mes 25 ans ne ressemblent en rien aux 25 ans des filles d’aujourd’hui, et je n’aurai pas pu faire autrement. J’ai avancé, avec les armes que j’avais au moment où je les avais.

En me replongeant dans le passé, j’ai vu que j’avais avancé. J’ai vu que je n’étais plus une jeune femme tourmentée, que j’avais pu prendre mon destin en main, changer de boulot, de carrière, de vie. Que j’avais appris à faire confiance en la vie, à ne plus me retourner, ne plus regretter. A faire confiance en l’amour surtout aussi. A le trouver, le garder, lui pardonner.

En me replongeant dans le passé, je me suis aussi rendue compte que pas une seule fois je n’avais essayé de faire confiance à mon corps. De mes 20 ans à mes 33 ans, j’ai passé mon temps à faire des régimes, à me détester, à me punir, à m’insulter. Pas une fois je n’ai tenté de me dire « je suis plus que ça, plus qu’une femme, plus qu’une peau, plus qu’une coupe de cheveux ou qu’un poids ». Au final, en relisant mes journaux, j’avais de la peine pour celle que j’étais, et de la compassion pour celle que je suis aujourd’hui. Tout ce que j'ai toujours voulu c'était d'être heureuse,  acceptée, et surtout aimée.

Ce retour dans le passé est plein d’enseignement en cette fin d’année. Des enseignements qui m’aideront à commencer 2018 sous un jour peut-être plus serein. Me rappeler de toutes ces batailles que j’ai perdues, mais aussi de toutes celles que j’ai gagnées. Relire tout ça m'a aidé à prendre conscience des victoires de ma vie. Que les gens que j’ai rencontrés, bon ou mauvais, m’ont aidé à avancer, à apprendre, à me trouver, à m’affirmer. Et peut-être que moi aussi, je leur ai appris des choses. Ils resteront toujours gravés dans mon cœur, comme moi peut-être dans le leur.

Si je devais écrire une lettre à mon moi du passé, cette jeune fille triste de 20 ans, je lui dirais simplement que tout ira bien, que son cœur se remettra, qu’elle trouvera l’amour et la confiance en quelqu’un de solide, qui la respectera et l’aimera pour ce qu’elle est. J’ai beaucoup de tendresse pour elle. En la revoyant je me suis dit que même si son cœur était balloté de peine d’amour en peine d’amour, elle a, malgré tout, toujours eu le cran de réaliser ses rêves et de faire ce qui lui plaisait, peu importe ce que les autres disaient. Elle s’est accrochée. Cette tête brûlée me manque un peu et je devrais peut-être en prendre de la graine aujourd'hui.

Quant à mon moi du futur, je veux simplement lui dire de ne plus trop s’en faire. De lâcher prise un peu, en arrêtant de se poser des questions ou de chercher le sens caché des choses. De foncer, d’y aller franco. J’ai envie de lui dire "n’y pense plus". Pose tes livres de remise en question, travaille sur ta créativité et lis des romans. Je veux qu'elle s'évade, qu'elle crée. Je veux lui dire aussi qu’elle doit faire confiance en son corps, en son cœur mais surtout en sa force de caractère. Car quoi que la vie nous réserve, tôt ou tard, rien n’arrive jamais par hasard et on finira toujours par en tirer des apprentissages.

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dimanche 17 septembre 2017

Meet Martha Stewart

J'étais en train de scroller mon feed Facebook. Tu vois, je ne suis pas complètement désintoxiquée des réseaux sociaux, et Facebook étant le seul réseau que j’ai gardé, ce matin-là, un café à la main je scrollais. C'est comme ça que je suis tombée sur l'article d'une blogueuse que je ne suivais plus qui expliquait comment elle était devenue blogueuse pro. A vrai dire, je ne sais pas pourquoi j'ai cliqué, je ne sais pas pourquoi je l'ai lu, dans le fond, mon "vrai moi" savait que ça me ferait du mal. Mais je l'ai lu. Après tout, je suis un être humain. Et c'est là, que Martha Stewart s'est manifestée dans ma tête.

"Tu vois, elle y est arrivée, et pas toi. Quand je pense qu'elle a ouvert son blog après toi... Peut-être que si tu continues de lire l'article tu sauras comment faire ? Parce que clairement toi, tu ne sais pas comment faire. Franchement tu laisses ton blog à l'abandon depuis des mois... La gêne ! Et puis, faut que je sois honnête avec toi, ce que tu fais ça ne sert à rien. Mais vraiment. C'est complètement inutile. Alors pourquoi tu continues ? De toute façon tu ne seras jamais cette blogueuse, tu n'as pas son talent. Non vraiment. Je dis ça pour ton bien, arrête tout de suite. Tu sais cette liste de toutes les choses que tu avais envie de faire, celle que tu as écrite pendant les vacances ? Ne les fais pas. Ça ne sert à rien, tu n'arriveras pas au bout, tu n'auras pas le temps et en plus tu n'arriveras pas à le faire comme tu le veux et le résultat sera moche. Écoute moi, ne te fais pas du mal pour rien. Arrête de rêver et continuer de te plonger dans Outlander, cette série te fais vraiment du bien. Vraiment, ne t'y remets pas, un blog de plus dans l'Univers, cela n'apporte rien à personne, depuis le temps, tu es complètement dépassée..."

J'ai fermé le clapet de ma tablette. Je me suis mise à réfléchir. J'avais de la peine. Je me suis dit : "Elle a raison, c'est mieux que j'arrête. Il me reste 2 jours de congé, je ne vais pas les dépenser à remettre le blog sur pied, parce que de toute façon, dans 1 semaine j'en aurais déjà marre".

C'est à ce moment-là, qu'une autre minuscule petite voix s'est manifestée. "Non" a-t-elle dit.

Non.

"Non, ne te lance pas encore dans ce schéma. Non, n'écoute pas Martha Stewart. Non, ne la laisse pas gagner. Vas te refroidir les idées (je me suis lavé les cheveux), et prends ton clavier. Tu peux le faire, et tu le feras pour toi ! Ne la laisse pas gagner !"

Et comme ça, j'ai pris mon clavier pour te parler de Martha Stewart.

Martha qui ?


Selon Melissa Ambrosini, dans son dernier livre "Mastering Your Mean Girl", nous avons toute cette voix dans notre tête. Et je te sens acquiescer de la tête. Je dirais même que lorsque Martha Stewart s'est mise à me parler, tu t'es dit que toi aussi tu l'entendais. Martha Stewart, c'est notre Mean Girl, autrement dit, notre méchante fille. C'est notre égo. Et notre égo, crois-moi, ne nous veut pas que du bien.

L'égo, il veut prendre toute la place. Il veut tirer la couverture pour lui. Il veut gagner, briller, être reconnu. Il veut être la star. Il veut que tout soit parfait, et pour que tout soit parfait, il se compare. Il regarde le jardin d'à côté qui est magnifique, et pour éviter de souffrir (parce que, ça peut être difficile d'entretenir son propre jardin), il te dit d'emblée que ce se ne sera pas possible d'avoir le même. L'égo, c'est ce boulet à ton pied qui t'empêche de faire des choses. L'égo, c'est celui qui te dira que c'est mieux de rester dans ton canapé plutôt que de tenter de faire quelque chose. Parce que, si ce que tu fais n'est pas "parfait", selon lui, cela ne vaut pas la peine. L'égo se nourrit de peur. Il t'empêche clairement de vivre la vie que tu veux. Moi, cette Mean Girl, cet égo, j'ai décidé de l'appeler Martha Stewart, symbole de la femme parfaite. Parce que Martha, elle mène tout de front.

Un égo trop protecteur


En fait, notre égo ne nous veut pas que du mal. Du moins, pas complètement. Ce qu'il veut finalement c'est nous protéger des dangers, de la souffrance. Sans lui, et sans ce brin de "conscience", on traverserait la route sans regarder et on se ferait direct écraser par une voiture. Sans lui, et sans cette petite peur toujours un peu présente, on passerait notre main sur une flamme et on se brûlerait. Dans la théorie, l'égo nous veut du bien. Il veut nous empêcher de souffrir. De nous faire mal. Voir de mourir. Sauf que cet égo a tendance à tout mélanger et que c'est un sale petit trouillard. Il confond "danger de mort" et prise de risque. Il se nourrit des critiques que tu reçois, celles qui ne viennent pas du coeur, celles qui sont faites pour te faire mal et il les réutilise contre toi. Il t'enferme dans une sorte de cercle vicieux au beau milieu de "la vallée de la peur".

Après avoir lu le livre de Melissa Ambrosini cet été, je me suis rendue compte à quel point Martha Stewart pouvait prendre le dessus et m’empêcher complètement de faire des choses. Elle m'empêche simplement d'essayer. Quand j'ai ouvert ce blog, je ne le faisais que pour "me sentir mieux". Pour "tuer mes dimanches ennuyeux". J'avais juste besoin de parler, de partager. D'écrire. De sortir tous ces (res)sentiments que j'avais en moi. Lorsque Martha s'est rendu compte qu'elle pouvait en tirer un peu de gloire, elle a pris les devant. Elle s'est dit qu'elle pouvait briller de mille feux, devenir une star, être aimée, adulée, chérie. Peut-être même signer des autographes en rue. Quand elle a réalisé que ce n'était pas comme ça que ça marchait, elle m'a simplement mis en tête que tout était de ma faute et que si je n'avais pas été une grosse nulle depuis le début, cela ne serait pas arrivé... Je me suis donc nourrie de ses critiques, et des critiques des autres. Me disant que cela ne valait tout simplement plus la peine d'essayer. Je me suis construit une jolie petite maison dorée dans "la vallée de la peur". Si je ne fais rien, je ne serai pas critiquée ni par les autres, ni par Martha, et tout ira pour le mieux. Ainsi, Martha dormait en paix, et mon "vrai moi" à l'intérieur se nourrissait de vieux pain rassit.

Faire les choses pour soi-même


Mais petit à petit, j'ai découvert le secret de Martha et j'ai appris à la reconnaître. J'ai compris que quand elle se manifestait, il ne fallait pas entrer dans un rapport de force avec elle et ne pas tenter de l'évincer. De toute façon elle aura le dernier mot. Il fallait plutôt "l'entendre" (et non l'écouter) et se demander d'où venaient toutes ces critiques. D'où sort-elle tout ça cette foutue Martha ? Quand j'ai commencé à dresser la liste de toutes ces choses que j'avais envie de faire (j'y reviendrai), j'ai ressenti une vraie joie. Je sentais les étoiles dans mes yeux, je me sentais vivante. Je me disais que j'avais plein de choses géniales à faire, ou à dire. Je me voyais déjà faire telle ou telle chose. Je retrouvais le sourire. En réalité, c'était mon "vrai moi" qui échafaudait un plan d'évasion. La solution pour passer en travers des mailles du filet de Martha, c'était de me reconnecter à cette joie.

Dans son livre, Melissa Ambrosini explique que nous avons toujours le choix. Il s'agit de choisir entre la peur et l'amour. Et lorsque Martha parle, se demander si son discours vient de l'amour ou s'il vient de la peur. Il en va de même pour une critique. Lorsque quelqu'un te dit quelque chose, demande-toi si cette personne le fait par amour (pour te faire avancer) ou par peur (pour te saper le moral).

Ce n'est pas un chemin facile. Il y a des jours où Martha prendra le dessus, mais je pense que la première étape c'est déjà de la reconnaitre. Se rendre compte que cette critique interne, ce n'est pas vraiment nous. Ne nous résumons pas à cette voix qui nous flagelle. Ne prenons pas racine dans "la vallée de la peur", et tenons nous à notre plan d'évasion. Reprenons notre liste et attaquons-nous au premier point en faisant un petit pas pour l'atteindre. Il existe une contrée magnifique, flamboyante, lumineuse, pleine d'idées, de projets et de réalisations. En route ! Tu as toutes les ressources nécessaires pour y arriver. Le chemin pour y arriver est simple : cette contrée se trouve juste fond de ton coeur. Et je te promets, qu'il y fait bon vivre !

 

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jeudi 11 février 2016

Sommes-nous tous des moutons ?

L'autre jour j'ai eu une conversation plutôt intéressante avec ma collègue : je lui parlais de mon compte Instagram et je lui faisais part de mon envie de m'améliorer. Je lui disais un peu désespérée que je ne savais pas comment m'y prendre car j'avais l'impression que tous les comptes Instagram étaient les mêmes, et que tout avait déjà été pris. J'ai donc commencé à lui montrer les comptes que je suivais et je lui dis : "Tu vois, c'est trop beau ces photos blanches, et roses, et poudrées et douces, j'aime tellement, mais je ne vois que ça alors comment me différencier ?" Ce à quoi elle me dit : "Ce n'est pas vrai, il n'y a pas que ça". J'ai maintenu que si moi je ne voyais que ça et elle m'a répondu quelque chose de très pertinent. Elle me dit : "Tu ne vois que ça parce que c'est ton univers. Moi ce n'est pas ça que je vois. Je traine beaucoup sur Tumblr et je ne vois que des photos en noir et blanc, ou des photos de guitare. Parce que j'aime ça, parce que c'est mon univers. Donc d'une certaine façon, je cherche les images correspondantes à mon univers". Et je m'en suis allée souriante en pensant à ma loi de l'attraction : on attire à soi ce à quoi on aspire.

Depuis, j'ai beaucoup réfléchis à cette conversation car je trouvais ce discours très rassurant et déculpabilisant. Je vais t'avouer quelque chose, je déteste la polémique. D'ailleurs, si tu me suis un peu tu sauras qu'ici je fais toujours bien attention à ce que je dis. Jamais je pense n'avoir écrit d'article pour faire le buzz, et pourtant j'ai le sentiment que les articles du genre sont à la mode. On débat, on ajoute son grain de sel et on débat encore. Ça me dérange. Et tu sais pourquoi ? Car j'ai un jour lu un livre sur le référencement qui disait qu'une technique facile pour gagner des vues étaient de faire un article controverse...

Tu vas me dire que je te perds. Quel rapport entre la conversation de ma collègue, les moutons et le fait de débattre ? Avant de te dire exactement où je veux en venir, je voudrais te parler encore d'autre chose. Quand j'ai ouvert le blog il y a 4 ans, je ne cessais de voir fleurir des articles sur les magazines. Les blogs sont-ils légitimes ? Les magazines sont-ils devenus des torchons tous identiques ? Les journalistes des vendus ? Les blogueurs les rédacteurs de demain ? Est-ce que les magazines ne sont pas devenus des vitrines nous poussant à la consommation ? Et j'en passe. Je n'ai jamais pris part à ce débat parce que depuis toujours j'aime aller me chercher ma petite dose de Biba. C'est léger, c'est joli, il ne m'en faut pas plus. Ça me détend, ça coûte 2 balles, et basta, je referme les images. En plus de ça, après, je les utilise pour du collage (mais ça c'est une autre histoire). Bref, je prends ce que j'ai envie de prendre. Parfois un magazine me fait acheter quelque chose, parfois mon libre arbitre joue et me dit que c'est de la camelotte. J'ai toujours vu les magazines pour ce qu'ils étaient : un moment de détente, un outil de loisir.

Tu commences à voir où je veux en venir ? Les blogs. Depuis quelques mois je ne cesse de voir fleurir des articles de blogueuses sur les autres blogueuses. Un vrai phénomène de buzz mode. On crie à l'uniformité, à la comparaison, à la copie. Je crois lire les mêmes discours qu'à l'époque de la révolte anti-magazine. À se demander si ce n'est pas un complot.

Les arguments utilisés dans ces articles m'ont fait repenser à cette conversation que j'ai eue avec ma collègue. À sa vision que j'avais trouvée juste et rassurante. J'attire à moi ce que j'aime, ce que je vois. Or ma passion, mon domaine de prédilection, c'est le web et les blogs. Je dirais même que ce sont les blogs féminins. Et qu'est ce que j'aime ? Les blogs beauté, lifestyle, pure, rose et poudré.

Ce que j'essaye de te dire, et de répondre à cette vague d'article qui crie au scandale comme quoi nous sommes tous des moutons, c'est que peut-être nous attirons à nous ce que nous aimons ? Finalement nous venons toutes du même univers, la même tranche d'âge et donc nous aimons un peu toutes la même chose. Est-ce que c'est mal ? Je ne crois pas. Dans 10 ans, nous aurons évolué et donc nos goûts aussi. Et nous aurons à nouveau des contenus similaires car notre génération aura grandi. Je parie que bientôt nous allons toutes bloguer "maternité" parce que c'est normal ! Nous avons ouvert nos blogs dans la vingtaine, et la vie fait qu'un jour nous serons peut-être maman et que nos centres d’intérêt vont évoluer. Du rose on passera aux langes et on vantera les mérites de Pampers. Je vais te dire quelque chose, je suis issue d'une famille de quatre filles. De nous quatre, je suis la seule à aimer cet univers, la seule qui traine sur la blogosphère. Aucune de mes deux meilleures amies ne partagent cet univers rose et girly. Mon entourage découvre avec moi les blogs (parce que je leur en parle) et à leurs yeux je suis une "originale". Pourtant ici, à en croire ce que je lis, je ne serais qu'une " copie" de ma voisine. Étrange non ?

Copier son voisin c'est mal

Toutes ces histoires me poussent à la réflexion. Et si ma collègue avait raison ? Et si nous ne nous copions pas les unes les autres mais que nous nous attirions les unes les autres ? Parce que nous partageons toutes les mêmes passions, les mêmes centres d'intérêt ? La mode a toujours existé, mais ce que je sais aussi c'est que, ce que l'on retient de la mode des années 2000 c'est la multiplication des "tribus". Nous faisons partie de la tribu des photos blanches et des rouge à lèvres MAC. Ma collègue fait partie de la tribu des Doc Martens et de Nirvana. Chaque tribu a son univers, ses codes, et chaque membre de la tribu apporte une pierre à l'édifice. Est-ce qu'elle l'uniformise ? Je pense plutôt qu'elle la façonne, la confirme. Ce n'est pas mal de vouloir être comme tout le monde. Comme ce n'est pas mal de vouloir être différent (ce qui est mal c'est de copier et de plagier mais ça c'est un autre débat).

Si j'avais fait partie de l'univers des gamers, j'aurais attiré à moi la sphère de Mario Bros et de World of Warcraft. J'aurais regardé les vidéos de Squeezie ou de Wartek. Sur ces sphères là j'aurai trouvé 35.000 fois la même revue sur le même dernier jeu vidéo à la mode. J'aurais peut-être affiché mes titres en couleur criarde et en me filmant dans le noir avec mes écouteurs de marque X sur les oreilles. Tu vois, chaque univers à ses codes, ses leaders, ses suiveurs. Tout comme la blogosphère féminine à les siens. Un jour une nana va arriver tel le messie qu'on attendait toutes, en indiquant que le orange est hyper tendance et nous allons tous la suivre. Parce que oui, parfois, ça arrive que certains soient des marginaux qui bousculent tout et réinventent les codes. Je dis bien réinventer les codes. Et non pas les inventer. Car on s'inspire toujours de quelque chose. Oui. Toujours. Mais soyons honnêtes, ceux qui sont fiers de leurs différences au point de tout réinventer ne sont pas nombreux. Il en faut du courage pour oser être différent.

Alors sommes-nous tous des moutons ? Peut-être bien. Est-ce si mal ? Peut-être pas. Ne dit-on pas que nous sommes plus forts ensemble ? Que plus on est de fou plus on rit ? Cessons donc de montrer du doigt. Oui c'est vrai, nous vivons dans une société de consommation. Oui nous sommes victimes des marques, nous achetons, pas toujours bien. Mais notre mission devrait simplement d'être bien dans ses baskets, pas de chercher sans arrêt le coupable à nos perversions (la société, les blogs, les magazines, les marques, les partenaires, les blogueuses "stars", et j'en passe). Ce que je vois moi, ce sont des blogs féminins qui analysent d'autres blogs féminins. Qui a raison, qui a tort, est-ce vraiment si important ? Quand on arrive au bout d'un sujet, pourquoi ne pas agir et tenter de devenir ce leader qui instaure du orange ?

Je continuerai toujours d'acheter des magazines et d'écrire sur mon blog. Je sais que je vais évoluer, mes goûts vont changer, mais je serais toujours fière d'être de la tribu des blogueuses. Fière de mon contenu. Fière de ce que je vois, de ce que j'apprends. Fière de me sentir inspirée par vos talents. Fière d'interpréter, d'apporter ma pierre à l'édifice, de faire partie d'un univers. Je serais peut-être un jour leader, ou je resterais peut-être toujours suiveuse. Mais je serais fière d'être moi. C'est je crois, le plus important.

De simples moutons ? Pas sûre. Et si nous étions toutes la pièce d'un puzzle géant ? Et que l'image finale serait un joli carnet rose, agrémenté d'un café et d'un bouquet de fleur ? Ne pouvons-nous pas simplement être fière de cela ?

♥ ♥ ♥

jeudi 21 janvier 2016

Qui es-tu et pourquoi tu blogues ?

Qui es-tu et pourquoi tu blogues ? Ce sont des questions que je me pose souvent. Très souvent. Voir trop souvent. Surtout en fin d'année, en hiver, quand il fait froid et que les jours sont courts. Bien que j'ai conscience que l'hibernation est importante, elle permet aux plantes d'ancrer leurs racines bien profondes et de créer leurs bourgeons, il n'empêche qu'on sait tous que ces moments sont propices à la réflexion. Peut-être que justement nous sommes aussi en train de bourgeonner. De préparer le printemps, planter les graines de nos nouveaux projets. Construire, construire, construire. J'avais un jour lu comme on a souvent tendance à se plaindre de l'hiver, hors on ne se rend pas compte comme il est important. Justement parce qu'il permet de se préparer, de se poser, de réfléchir. Qu'en hiver, tout un monde vit sous terre, mais qu'on ne le voit pas. J'ai toujours trouvé cette pensée très rassurante. Parce que je ressens toujours le besoin de bien préparer mes racines moi aussi. Que ce moment est important, ainsi que la réflexion qui l'accompagne.


En ce moment je me demande beaucoup qui je suis. Pour être sûr de bien être moi. Et pas une pâle copie de quelqu'un d'autre, un cliché, ou une caricature. Je ne dirais pas que je me cherche, non, je veux m'affirmer. Par exemple, avec cette histoire de photo, j'ai vraiment envie de proposer quelque chose de joli, mais j'ai surtout envie de proposer quelque chose qui me ressemble. Pas de copier bêtement ce que j'aime, ce qui m'inspire. Je n'ai pas envie de me démarquer, mais être confiante en ce que je propose. Te faire découvrir mon univers. Et justement, cette question revient sans cesse : quel est mon univers ? Qui suis-je dans le fond ? Qu'est ce qui me fait vibrer  ?


En écrivant mon article l'autre jour sur "sois qui tu es", je me suis rendue compte que certaines d'entre vous avaient aussi beaucoup de mal avec cette question. Qui es-tu ? Et d'ailleurs comment savoir ? Pour ma part, dans ces moments-là, j'essaie toujours de revenir en arrière. Loin. Loin dans l'enfance. Je pense qu'à cette époque nous étions vraiment nous-mêmes. Sans tous ces problèmes de société, de consommation, de facture, de responsabilité. On s'occupait de nous, de nos devoirs. Notre maman préparait nos vêtements, notre boite à tartine. À part jouer et s'exprimer, on n'avait qu'à être. Et j'aime à me rappeler ces moments là. Qui je voulais être quand j'étais petite ? Une grande personne sûre d'elle. Une femme d'affaire. Une personne affirmée. Une princesse aussi. Et très vite, à 7 ans, j'ai commencé à exprimer un goût prononcé pour l'écriture et le dessin. Ces 2 passions m'ont guidée toute ma vie. À 15 ans, j'ai découvert l'informatique, et le tout ensemble, ça a fait des chocapics. J'aime chipoter, créer, dessiner, écrire. J'aime passer des heures sur un écran à découvrir un tas de trucs. Je suis fascinée par le fait que des mots mis bout à bout font des phrases. Et que quelques clics peuvent construire un joli dessin. Au final je me définis comme créatrice graphique... Et blogueuse.


Mais pourquoi blogueuse alors ? Pourquoi diable veut-on ouvrir un blog ? Pour partager. Je pense sincèrement que c'est la base. On a un trop plein de pensées, d'idées et on ressent ce besoin de le dire à quelqu'un. Pour se sentir écoutée, lue et puis pour interagir. Nous sommes des êtres sociables avant tout.


Si je me pose aujourd'hui toutes ces questions, c'est parce que comme je te le disais, je ressens le besoin de choisir la bonne route. De ne pas copier, de ne pas trop m'inspirer. Poser de bonnes bases et avancer dans la bonne direction. Qui je suis ? Je suis une personne à fleur de peau, sensible, drôle et carré. Mais je suis aussi une créative qui doute beaucoup. Qui lis beaucoup, qui aime partager. J'ai si souvent tendance à pousser les autres en avant, pour qu'ils réussissent que j'en oublie de faire pareil pour moi. Pourquoi je blogue ? Parce que je veux conseiller, partager, te faire passer du bon temps. Moi j'aime lire des livres, des blogs, j'aime surfer sur de jolis univers, voir de belles photos, et c'est tout ça que je voudrais pouvoir proposer. Pourquoi toute cette remise en question ? Parce que je voudrais pouvoir m'affirmer dans ce que je fais. Être sûr de ce que je fais. Je voudrais être sûre du contenu que je propose, sans plus jamais manquer d'idée. Les grandes que j'admire ne semble jamais avoir à faire à toutes ces remise en cause. Elles font tout simplement. Elles ne se demandent pas qui elles sont, pourquoi elles le font. Elles savent. C'est tout.


Et moi aussi je veux savoir. Je veux être sûre. Je veux que tu saches qui je suis, comme une évidence. Que tu puisses te dire : "Odile Sacoche c'est..."


Je pense qu'il est important de prendre le temps de s'arrêter et se poser ces 2 questions. Dans le fond, qui es-tu et pourquoi tu blogues ? Revenir à l'essentiel, pour simplement aller de l'avant.


♥ ♥ ♥

lundi 22 juin 2015

Ne plus se comparer, pour être plus heureux

Dans la vie, il y a deux blogueuses que j'admire d'amour : Eleonore Bridge, que je suis depuis plus longtemps que la création de mon propre blog, et Natacha Birds dont le talent m'émerveille. Il y a quelques temps je me suis mise à imaginer comme leur vie pouvait être magique et incroyable. Je me suis mise à rêver de pouvoir un jour être comme l'une d'elles : une blogueuse talentueuse et reconnue. Et de rêves en magie, j'ai commencé à sentir un malaise en moi. J'ai commencé à me dire que je n'y arriverai jamais, que je n'avais ni l'audace d'Eleonore, ni la douceur bienveillante de Natacha. Je me suis dit "à quoi bon", que la place était prise, que je n'étais pas comme elles et que mes efforts ne serviraient à rien. Et comme ça, je me suis complexée.


Dans un même temps, j'ai commencé à regarder d'autres blogs, à me dire qu'une telle n'avait pas publié autant d'articles que moi, que l'autre n'avait pas réussi à mettre son site à jour, que celle ci n'avait pas eu de commentaire sur son dernier article. Et j'ai crû un moment que cela me faisait me sentir mieux, mais il n'en était rien. Car nous comparer aux autres, dans un sens comme dans l'autre, ne nous mène nulle part. La comparaison, nous fait tout simplement du mal...

mercredi 21 janvier 2015

Trouver un sens à sa vie.... Ou... Pas !

Est-ce qu'il t'est déjà arrivé de prévoir une journée shopping et de rentrer bredouille ? Tu sais ces moments où tu te prévois un budget de folie en te disant que tu vas craquer ton slip, mais qu'une fois sur place, tu ne ressens aucun coup de cœur, et ce, pour absolument rien. Ce jour tant attendu, et l'inspiration qui ne vient juste pas. Trop petit, trop large. Pas la bonne couleur. Tu regardes les vêtements (où les produits de beauté) et tu te dis que finalement tu n'en avais pas tant besoin. Que cette palette dont tu rêvais depuis des lustres ne te fais plus si envie que ça, qu'elle n'est pas aussi jolie que dans tes souvenirs ou qu'elle est trop cher. Rien n'attire vraiment ton attention. Tu rentres chez toi un peu frustrée. Toi qui, pour une fois, avais économisé chaque centime pour une journée d'orgie.

Tu vois un peu la sensation ? Et bien c'est un peu ce que j'ai ressenti (et que je ressens encore parfois) ces derniers temps pour le blog. J'ai très envie de bloguer. Je vois plein d'articles et plein de blogueuses qui m'inspirent, mais une fois que je me mets devant mon clavier, je me dis "Boarf, non". Trop petit, trop grand, pas la bonne police. Je regarde mon blog et je me dis que finalement, ce n'est pas vraiment ce dont j'avais envie. Je me compare, certes à tort, mais je me dis que tant qu'à faire quelque chose, autant bien le faire. Je me dis que celle-ci a bien mieux swatché la dite-palette et qu'un tweet pour montrer son article fera bien mieux l'affaire que de le rédiger moi même. Qu'une autre fait de plus jolies photos et que ça ne vaut pas vraiment la peine de tenter de faire mieux. Ou que si c'est juste pour bloguer comme ça de chez soi, sans apporter quoi que ce soit ni à la blogo, ni à ma carrière, ça ne vaut pas le coup. J'allume donc mon pc, et après avoir découvert tout un tas d'autres trucs mieux que ce que je pouvais bien penser faire, je continue de surfer, et je ne fais rien.

Flemmardise ? C'est ce que j'ai cru jusqu'ici. C'est ce que je racontais autour de moi. "Boarf ça me prend trop de temps. La dernière fois j'ai mis 4h pour rédiger et photographier mon article. Ça n'en vaut pas la peine. Et puis bon, je n'apporte rien d'intéressant. Il y a déjà eu 18.000 articles là dessus et c'est suffisant.". Et cetera, et cetera...

En vérité, tout ceci ne sont que des excuses. Des excuses pour ne pas tenter de réussir puisque quelqu'un le fera sûrement mieux ou puisque le créneau est déjà pris. Des excuses pour ne pas essayer. Et puis si on essaye pas hein, on ne risque pas de se planter. Des excuses parce qu'on veut absolument trouver un sens à tout ce que l'on fait. Et tu sais quoi ? Du sens, il n'y en a pas forcément. C'est ce que je disais l'autre jour sur l'article de Chibi. Quand on prend un livre et qu'on commence à le lire (du moins, pour ma part), on se demande juste ce qu'il va se passer. On cherche l'intrigue. On ne commence pas à se demander pourquoi on lit, pourquoi ce livre et pas un autre, ce que l'auteur a bien pu vouloir dire à telle phrase. Si on va réussir à aller jusqu'au bout et dans combien de temps on aura fini de lire notre livre. Si notre voisin a été plus rapide à la lecture de son livre et s'il a compris absolument chaque mot. On ne se demande pas s'il va en faire un article et si celui ci sera mieux que le nôtre. Non. On lit, on savoure l'histoire et puis c'est tout.

Ces derniers temps, j'ai eu tendance à trop vouloir décortiquer le moindre de mes faits et gestes. Et ça m'a juste fatiguée. Fatiguée de ne pas trouver le sens à tout ça. "Mais pourquoi je fais ça ? Pourquoi je blogue ? Pourquoi j'achète ça ? Et pourquoi je fais ce métier, pourquoi je traîne avec telles personnes, pourquoi je n'aime plus boire mon café le matin ? Quel est le sens de ma vie ?..." Oui... De la vraie torture !

Je n'ai absolument aucune de ces réponses mais comme le disait si bien Valérie Lemercier dans le film "l'Amour dure 3 ans" : "Mais-qu'est-ce-qu'on-s'en-fout-de-ta-vie!". Et je pense que la seule réponse dont j'ai besoin aujourd'hui c'est celle là. ON S'EN FOUT. Parfois, il faut juste faire parce que ça nous fait du bien. Peu importe le temps que ça prend, peu importe le moment, peu importe ce que le voisin a pondu, ou la performance derrière. Il faut retrouver le plaisir, sans penser au fait que cela pourrait ou non nous changer notre vie. Sans penser aux conséquences. Ne pas avoir peur ni de l'échec, ni de la réussite. Et surtout se dire que si nous n'avons pas trouvé de sens à notre vie, ce n'est pas grave (certains philosophes sont morts sans l'avoir jamais trouvé et ils y ont pourtant consacré toute leur vie). Quand on aura intégrer tout ça, peut être alors qu'à ce moment là, on pourra enfin comprendre tout le sens de l'expression "lâcher prise".



Juste ici, à 1min06 jusque 1min15... C'est cadeau !

♥ ♥ 

mardi 30 décembre 2014

All you need is Love !

Mon homme me dit que j'ai une araignée au plafond. Une ancienne collègue, elle, me dit que je fais des nœuds. Des nœuds ou des toiles, pour moi c'est du pareil au même. Dans ma tête ça carbure. Tout le temps. Jour et nuit. Sans jamais s'arrêter. Je tisses des idées, des questions, des phrases. Des articles parfois aussi. Des lettres que je n'envoie pas, des conversations que je devrais avoir, ou des choses que je suis censée dire. Ma tête c'est une usine. Chaque période à son sujet favoris. Comme si l'araignée disait "aller les gars, cette fois-ci on tisse des mots compliqués". Et puis comme mon usine est plutôt rentable, en un laps de temps considérable, j'ai un sac de pensées plutôt bien fournis.

Ces dernières semaines, mon araignée a décidé de faire bosser l'usine sur la consommation. La société, l'internet. La culture que nous partageons. Trop c'est trop qu'elle me dit. Trop de produits, trop de beauté, trop de fringues. Trop de choses à nettoyer, vider, jeter. Elle me dit que je dois penser à tout ça. Elle me relance des questions. Pourquoi écris-tu ci ? Pourquoi postes-tu ça ? Pourquoi achètes-tu ceci ? Que cherches-tu ? Qu'attends-tu ?


Elle me dit que j'attends trop de reconnaissance. Que je cherche la gloire, que c'est mal. Elle me dit que je cherche le bonheur dans des choses extérieures à moi même: un peu de maquillage, quelques bons films, de la pâtisserie... Que de cette façon, je ne serai jamais satisfaite. 

Oh elle ne m'accuse pas vraiment. C'est comme ça, ça fait partie de notre culture. On fait des listes, on demande. On reçoit à Noël et on juge bon de revendre sur eBay si ça ne nous plait pas. Ou pire, de se faire rembourser. On se réconforte avec un carré de chocolat, une photo bien postée sur Instagram et quelques likes dessus. On attend des émotions car nos émotions nous font vivre. Et ces émotions viennent de tous ces plaisirs que l'on se procure : une bonne bouffe, le juste statut Twitter, un mascara ou un nouveau jeans. On n'y peut rien, c'est comme ça. On vit comme ça. Ça fait 30 ans que je vis comme ça.

Mais mon araignée me dit aussi qu'il est possible de changer. Sans devoir tout jeter à la poubelle. Qu'il y a du bon. Qu'il ne sert à rien de combattre ses désirs, car tenter de les supprimer serait mener une guerre contre soi même. Que dans une guerre, personne n'est vraiment gagnant. Ce n'est pas le désir qui fait naître l'émotion. Du moins, pas la bonne. Et au lieu de vouloir supprimer ses envies à tous prix  (à coup de régime ou de no buy) il faut ajouter quelque chose. Rien ne se perd, tout se transforme.

Ce qu'il faut ajouter, c'est l'Amour. Comme toujours, cela semble la réponse simple à beaucoup de questions. Pas de grand secret. Pas de grandes démarches. Il suffit de s'aimer. D'aimer. Tout ce qui bouge, tout ce qui vit, tout ce qu'on voit. Et plus on aimera, moins on désirera. "Simple, simple.... Pas si simple moi je trouve ! " Disons que c'est l'histoire du verre à moitié vide ou à moitié plein...

Je me suis alors souvenue qu'un jour, à la rigolade, je disais à mon père que j'allais partir vendre des paréos sur une île déserte. Vivre loin de cette société de consommation, vivre d'amour et d'eau fraîche. A quoi bon travailler ? A quoi bon gagner des sous pour des plaisirs vains ? Et même si parfois ce rêve me caresse doucement le visage, il m'a répondu quelque chose de très censé. "Tu ne pourrais pas, disait-il. Tu as grandis ici. Tu jouis de tout ceci. Tu en profites."

Je ne sais pas si je ne pourrais pas me passer de cette société, de ma soif d'articles beauté sur les autres blogs, des images, des achats, de la tentation des magazines, de Youtube. Personne ne peut savoir pour moi ce que je peux ou ne peux pas faire (même si c'est de bon conseil), mais ce qui est sûr c'est que je voudrais arrêter de subir ce cercle vaniteux. Arrêter le combat du désir versus émotion. Chercher en moi ce qui me fera du bien, et non pas à l'extérieur de moi. Trouver la paix une bonne fois pour toute avec celle que je suis.

L'Amour étant la réponse à la question, c'est vers ce chemin que j'irai. M'en remplir jusqu'à plus soif. Tomber amoureuse de moi même. Des autres. De la vie. Les Beatles le disaient en chantant, il suffit de s'en rappeler et de le fredonner à son tour :

All you need is Love... Love is all you need !


Bon réveillon 2014
et belle année 2015 !

♥ ♥ 

mercredi 5 novembre 2014

Dis moi qui tu es...et je te dirai qui je suis !

Quand j'étais petite, je veux dire, vraiment petite genre quand j'étais enfant, je n'avais pas beaucoup d'amis. J'étais considéré comme la râleuse. La boulette aussi. Vu comme ça, c'est drôle une boulette râleuse, mais ça ne l'était pas vraiment. Vers 11 ans, j'ai eu la chance de voir Madame Puberté frapper à ma porte avec des cadeaux dont je me serais bien passée à l'époque: de nouvelles formes et un paquet d'Always assorti. De mon souvenir, j'ai mal vécut la transition. J'étais mal dans ce nouveau corps et je voulais rester une enfant. Puis l'été de mes 12 ans est arrivé, plein de copains, de petits copains et une nouvelle école. J'ai vu ça comme un nouveau départ. D'ailleurs, pendant un moment je suis devenue "la nouvelle", comme un vent de fraîcheur. La bête curieuse, celle qu'on ne connait pas. Mes nouvelles formes et moi on était plutôt du genre avant gardiste. Ca plaisait au garçon, ça jalousait les filles. Enfin... Jusqu'au jour où mes copines de classe sont devenues comme moi, et que je n'ai bientôt plus eu de grand intérêt. Toutes les bonnes choses ont une fin qu'ils disaient... Et je suis alors redevenue la râleuse, dans mon coin.

Quelques années plus tard, alors que je sortais avec ma grande sœur (je l'admire aujourd'hui d'avoir pu à cette époque ramener sa petite sœur de 5 ans sa cadette sans en avoir honte) j'ai remarqué un truc dingue. Ma sœur, celle là même qui me cassait les pieds à la maison, était adorée de tous. Elle avait un nombre incalculable d'amis. Quand elle arrivait les gens avaient l'air plutôt heureux. Alors j'ai commencé à l'observer. A me demander comment elle arrivait à se faire tant d'amis et moi pas. Après des mois d'observation en mode petite chimiste de laboratoire, j'avais trouvé sa recette magique : le rire. Ma sœur riait, à tout va, de tout, de elle, surtout d'elle. Elle balançait sa jolie tête blonde et riait simplement aux éclats. Fort. Chaleureusement, contagieusement. Je me suis dit que si je voulais me faire des amis moi aussi, je devais apprendre à rire.

Parallèlement à ça, je me suis vite rendue compte que les gens aimaient qu'on s'intéresse à eux et j'ai commencé à mettre au point une technique de 3 questions de base pour engager une conversation : comment t'appelles-tu, quel âge as-tu, que fais tu dans la vie. A tous les coups ça marchaient et on partait pour des heures de discussions. Le rire, les questions et moi on s'est mis à cartonner. Je me suis prise à mon propre jeux parce que ce que les gens me disaient me fascinait réellement. Je voulais tout savoir d'eux. S'ils avaient des frères et sœurs, quels étaient leurs hobbies, ce qu'ils adoraient manger. Ce n'était pas de la curiosité malsaine mais une réelle envie de tout savoir sur eux. J'ai commencé à adorer avoir de nouveaux amis. J'en voulais toujours plus. Ça me donnait un sentiment d'euphorie, celui d'être comme ma sœur : d'entrer dans une pièce et de voir les gens le sourire aux lèvres.

Seulement je ne sais pas comment mais la machine a commencé à rouiller. Ça a commencé un jour comme ça, mine de rien. Une fois. Deux fois. Et depuis quelques années, j'ai plus de difficulté à mettre le costume du clown-journaliste. Non pas qu'il ne me plaisait pas, mais parce que je me suis rendue compte qu'une fois que toutes mes questions étaient posées, aucune ne venait en retour. Que finalement, j'animais la galerie avec mes blagues lourdes et mes calembours mais qu'une fois finie, on ne désirait pas savoir ce qui se cachait sous ma perruque. Alors que je connaissais absolument tout de la vie des gens, eux, ne connaissaient absolument rien de la mienne. Et j'ai commencé à me dire que moi aussi je voulais mon interview.

Aussi, un soir, de retour d'une de ces soirées où je n'avais pas su jouer mon rôle de clown-journaliste comme il le fallait, et que j'avais failli mourir d'ennui, je me suis mise à me poser tout un tas de questions. Pourquoi ma technique ne fonctionnait plus ? Et surtout, pourquoi elle ne me plaisait plus ? Pourquoi j'avais besoin moi aussi, comme mes spectateurs d'être au centre de l'attention ? Et qu'est ce que je cherchais à combler ?

Ce dont je me suis rendue compte c'est que pas mal de personnes attendaient de moi ce qu'ils connaissaient de moi. Comme une sorte de confort. Et que d'une certaine façon je me suis enfermée dans ce rôle de petite comique qui questionne la galerie. Pire même, lorsque j'ai simplement décidé d'observer, sans me manifester, on me percevait comme plus froide, plus distante. Lorsque je me mettais à attendre qu'on viennent m'aborder, on ne m'abordait jamais. Autre problème, à tant vouloir faire marrer les copains, ils se sont mis à se marrer de moi. Je passais tellement de temps à pratiquer l'auto-dérision et la flagellation humoristique pour me faire remarquer, qu'à un moment les gens se sont dit qu'ils pouvaient y aller gaiement eux aussi. Et là où tu pensais ne pas avoir de limite, tu te rends compte que tu en as... 

Même si aujourd'hui je reste encore un peu perplexe face à mes interrogations je pense avant tout, que dans la vie on a tous envie d'avoir son moment de gloire. Qu'il est humain de faire la parade pour avoir sa minute d'attention. Mais comme pour tout, il faut savoir arrêter, laisser sa place à l'autre. L'écouter réellement, sans chercher à faire le pitre, sans chercher à tout connaitre de lui. Il n'y a pas de tactique et un jour, il suffit juste d'être en paix avec soi même. Car au final, nous n'avons rien à prouver à personne. Pas même à nous même. 


♥ ♥ ♥

jeudi 24 avril 2014

L'Art de la Simplicité *

Je réfléchis beaucoup à cet article que j'ai écris sur la consommation. Pas seulement sur ce que j'ai pu écrire, mais sur ce que j'ai pu lire au travers de tes commentaires qui étaient très vrais. Puis, après une autre visite chez ma coach, je me suis rendue compte de quelque chose après qu'elle m'ai posé quelques questions sur ma façon d'être. Elle m'a dit "Mais,... Te fais-tu plaisir ? ". Là dessus, ma première réponse réflexe a été de dire "mais oui, bien sûre ! ". "Comment ? " m'a-t-elle demandée.... Et là je suis tombée dans le panneau. Je lui ai dit que j'achetais des trucs et que je flânais dans les magasins. J'ai vu son oeil se lever en me regardant de façon dubitative. Te faire plaisir, m'a-t-elle répétée, toi, avec toi même, que fais tu pour toi, au delà de t'acheter des trucs ? 

Je ne vais pas te parler de la réponse que je lui ai donné, parce que tu comprends, j'ai aussi mon jardin secret. Mais il y a un truc que j'ai compris ce soir là, et après avoir repensé à mon article / tes commentaires, c'est que j'ai confondu se faire plaisir, avec consommation. Que oui, d'une certaine façon, je cherche un certain réconfort dans ce que j'achète. Et comme j'achète pas mal de camelotte, ce réconfort ne vient jamais. Je ne me sens pas assouvie. Je m'achète des brols à 2€, sous prétexte que c'est 2€, puis je les entasse, sans jamais les toucher. Je les accumule, ils se cassent ou je les oublie. Je pensais vivre dans l'abondance mais je me rends compte, que je vis dans le gaspillage.

Le jour de l'article, une lectrice sur Hellocoton m'a parlé d'un blog en anglais, qui retrace le parcours d'une jeune fille qui veut devenir plus, en utilisant moins (Be more with less). Jusqu'à présent, ce sont des démarches qui ne m'ont jamais vraiment intéressées, parce que ce qui se cache derrière part souvent d'un constat écolo. Constat qui me dérange un peu car il est souvent vécut comme une "religion" poussé à l'extrême et qu'en plus il  est aussi souvent associé à une certaine mentalité "bohème"... Comme je ne suis pas du genre bohème... Enfin bref. Ce que j'ai compris à travers ce blog, ce n'est pas tant bien la question de l'écologie, de sauver notre planète, mais plutôt la notion de gaspillage, du réel besoin. Ce soir là je me souviens, ayant ma salle de bain dans mon salon pour cause de travaux, j'ai ouvert les boites et je me suis dit "Oh mon Dieu, mais ai-je vraiment besoin de tout ça ? ". Des produits accumulés depuis plus d'un an et jamais ouvert, 3 types de protection solaire, des crèmes ouvertes et plus utilisées parce qu'elles ne me convenaient pas. J'ai eu comme un déclic, j'ai tout pris, tout jeté (rassures toi en général je donne, mais là, voilà, c'était mon côté impulsif qui parlait).

Sur ses réflexions, lors de ma journée à Paris, je me suis achetée le livre de Dominique Loreau "l'Art de la simplicité ", recommandé lui aussi par une lectrice. J'ai lu une bonne partie dans le train en rentrant, et ce que j'y ai lu sonnait juste. Combien de tiroirs pleins à craquer de choses que je n'utilise pas, de choses que je garde "parce qu'on sait jamais" ? L'autre jour, en riant avec ma collègue je me suis rendue compte que je gardais même les packagings de mes cosmétiques préférés. Je garde les sacs en plastique, les emballages, les tupperwares. Mon appart est un vrai musée. Une ode au "je ne jette rien, on sait jamais", m'attachant finalement, à des choses qui ne comptent pas.

Aujourd'hui, je n'ai qu'une envie. M'alléger. Faire le tri. Jeter. Comme si j'avais besoin d'une vie nouvelle, de démarrer à zéro. Et non pas pour accumuler d'avantage mais pour acheter réfléchis. Hier, je me suis rendue compte que mon sac acheté il y a 1 mois à peine, une affaire H&M à 15€, était déjà cassé. Je me suis dit que cela m'apprendrait à acheter de la camelote. Pareil pour ma paire de botte à 25€ qui ne sont que du plastique et déjà foutue après 1 mois et demi de "portage", parce que je n'ai pas pris le temps de regarder que la qualité était au rendez vous. 

Au delà de ça, je me suis rendue compte de la fierté que je pouvais éprouver lorsque je m'achetais une chose qui valait vraiment la peine. Tu aurais du voir ma tête quand je me suis offert ma Naked 3. C'était un sacré prix, mais le jeu en valait tellement la chandelle. Et chaque fois que je la regarde, ou que je l'utilise, je l'associe à une merveilleuse journée à Londres, à une sorte de Graal. 

Sur ces constats, je me suis dit 3 choses. La première, c'est que je voulais et devais, acheter mieux. Ce n'est pas la quantité qui compte, mais bien la qualité. La deuxième, c'est que je ne pouvais plus m'acheter de cosmétiques (et de brols) avant 2 mois et demi, soit, pour mes 30 ans. Histoire de profiter de ce que j'ai déjà et de les utiliser quotidiennement. Et enfin, qu'un tri s'imposait : livres, cd, vieilles bougies, placards,... De l'air ! Du vent ! Du balai !

Dominique Loreau dans son livre parle de l'état du zen dans les habitations japonaises au style épuré. Jusqu'ici je n'avais jamais compris cette mode si contemporaine, si sévère, austère, blanche et vide. Mais je comprends désormais que pour les japonais, la vie du foyer réside dans les personnes qui y sont, lorsqu'ils y sont. La vie, c'est le gens. Ce n'est pas les bibelots qui prennent la poussière. Le calme, c'est le rangement. La paix, c'est l'ordre. La maison n'a pas besoin de vivre et de grouiller d'objets lorsque nous n'y sommes pas, nous ne vivons pas dans un catalogue Ikea ! 

J'ai demandé à ma coach ce que je devais faire pour vider mon esprit et retrouver la paix intérieur. Je comprends désormais que je le trouverai en prenant soin de moi, en me prenant du temps mais aussi en rangeant mon intérieur comme mon extérieur. Et surtout en arrêtant de penser qu'une chose, ou une activité payante, me permettra de trouver la sérénité. Je dois faire de mon âme, mon foyer : calme et épuré.



♥ ♥ 

* titre emprunté au livre "l'Art de la simplicité " de Dominique Loreau

Crédit photo : via Pinterest

La honte !

Dans mon dernier blogpost qui remonte à bien loin… Oui, parce qu'entre-temps, je me suis souvenue que j'avais un blog et que ça me f...